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Balise - solidarité

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mercredi 3 juin 2009

yann Arthus Bertrand sur écran géant à Bordeaux

Le dernier film de Yann Arthus Bertrand Home sera diffusé gratuitement sur écran géant  le 05 juin place des Quinconces à 22 heures.

"Cela fait 15 ans que je porte en moi ce film. Ce que j'ai vu et appris en survolant la Terre m'a transformé. Aujourd'hui tout ce que j'ai reçu, je veux le partager. Ce film devra être à la fois magnifique et intelligent, mais surtout il sera résolument constructif. Un exemple parmi d'autres : ce qui est important ce ne sont pas les 50% de forêt qui ont disparu mais les 50% qui restent. Ce qui est important c'est qu'aujourd'hui nous sommes 6 milliards d'intelligences pour agir. Par la qualité des images et de ses réflexions, ce film devra faire comprendre qu'on a TOUS une responsabilité et que nous pouvons tous agir à notre échelle. Comme le dit mon ami Albert Jacquard "conscient que demain existera et que je peux agir sur lui est le propre de l'Homme". Yann Arthus-Bertrand

 

mardi 2 juin 2009

Autoportait d'une écolo en panique

Le développement durable m'a prise en otage, j'y consacre le temps de mes vies. L'Asie, elle, m'avait conquise dès l'âge de raison quand encore collée à la peau douce de ma maman, nous espérions un nouvel épisode de shogun ! Mes madeleines de Proust à moi !

La TV, dans ma vie d'enfant avait sa juste place, celle d'un regard bouleversant sur les autres cultures.

Tout dans mon Asie, le raffinement de leurs mets comme de leurs jardins, la poésie de leur beauté, cette notion de "moi universel" le Samsara...me transportaient dans une joie conquérante autant que contemplative.

Je me suis envolée, il y a quelques petits jours vers ces terres fantasmées. Des heures de ciel, à empiler mes années d'imaginaire flamboyant. Des heures à polluer notre ciel, comme ma vie méticuleuse aurait mis quatre ans à le faire....tous sont formels.

Ecolo en panique donc, débarque....

Ils sont majestueux vivant en parfaite harmonie avec dame nature . Il n'y a pas dans ce pays de "homeless" quand on perd son job, on rejoint le membre de sa famille qui continue à cultiver la terre...il en reste toujours un ...astucieux instinct de survie.

Ils vivent à 80% de tourisme, reconnaissent que la mondialisation a éradiqué du moins, ici, l'extrême pauvreté : les complexes hôteliers ont amené avec eux, l'eau potable et le travail.

Mais j'ai mal de voir que le Mac do et autre carrefour inondent leur artère principale. Le bois est taillé sans relâche et sculpté, non pas pour eux, mais pour nous, les capricieux, qui voulons le monde dans notre salon, en colons indécrottables que nous sommes restés !!!! A mesure que le pays s'organise pour recevoir le vieux continent, les mêmes erreurs sont commises : l'eau potable pour les toilettes, les déchets amoncelés, la voiture et les scooters : point de bus, plus de vélo

Reste le bon sens, le besoin de spiritualité supérieur à celui de possession.

Les deux photos sont symboliques de ma panique d'écolo.

A gauche, Dreamland, la meilleure plage de surfeur!!!!!

A droite Ubud, arrière pays majestueux, sanctuaire de nature originelle.

 

Je rentrerai le coeur gros, car les échanges fusionnels avec notre guide furent autant de témoignages que c'est de l'autre culture que l'on grandit évidemment, mais consciente que ma présence ici, et selon ce modèle est une machinerie folle assassine...à laquelle, je prête une constante duplicité...

Copenhague, je t'espére !

jeudi 28 mai 2009

La lutte contre la pauvreté n'est elle pas un enjeu fondamental ?

Certains considèrent encore que la pauvreté et le développement durable sont deux sujets distincts. Je crois tout le contraire !

La pauvreté est un fléau absolu. Entre 2002 et 2006 le nombre de pauvres (personne vivant avec moins de 880 euros par mois) est passé dans notre pays, de 7 à 8 millions d'individus.

En 2 ans, le nombre de ceux qui un jour ont fait appel aux banques alimentaires a augmenté de 8%. 37% des maires de France placent les personnes âgées parmi celles qui sont le plus atteintes par la pauvreté, alors qu'ils n'étaient que 18% à le faire en 2001.

Les inscriptions pour les Restau du coeur ont été en hausse de 5 à 10% pour la saison 2008-2009...On pourrait citer des tonnes de chiffres encore, tous plus clairs les uns que les autres.

Le développement durable nous oblige à comprendre comment nous nous sommes autorisés à salir notre planète. Mais le développement durable doit être l'occasion aussi et surtout, de nous questionner sur le nombre de personnes si pauvres qui enfle chaque année.

Tout le monde doit prendre le train de la révolution écologique : les très pauvres, pour qu'ils le soient moins; la "classe moyenne" qui ne doit pas le devenir, les riches qui doivent comprendre qu'on ne veut pas seulement une planète durable mais une planète bonne à vivre pour tous.

Mais, je m'inquiète tout d'un coup... Quel grand homme ou femme politique parle de cet enjeu : la pauvreté à résorber ???

"Il manque quelqu'un, quelque part. Je me retourne, tout le monde est là..."

Source Le Figaro - Yves de Kerdrel

mercredi 27 mai 2009

Logements sociaux verts : c'est possible

Les nouveaux quartiers verts qui poussent partout en France ne sont-ils accessibles que par des Bobos ? Cela peut être un risque...

Mais la règlementation thermique pour le bâti existant s'impose aux bailleurs sociaux et pour les nouvelles constructions, tout le monde y met de la bonne volonté ! !

Coup de projecteur par exemple sur François Marty, dirigeant de l'entreprise Scierie et palettes du littoral (SPL) et des chantiers de l'insertion de l'association Chênelet, basés dans le pas-de-calais.

Ces écoconstructions ont été primées par ASHOKA association qui promeut l'entrepreunariat social.

Consultez tous ces sites, vous verrez c'est très bien fait.

lundi 25 mai 2009

Le regard noir braqué sur l'élu

J'arrive en retard.

20 personnes autour d'une table ovale immense.

Le sujet : le lieu qui abrite cette table immense, un lieu réquisitionné qui appartient à une administration.

Réquisitionner par trois hommes qui ont refusé la rue, qui ont investi un espace couvert vide.

Ils l'ont peint, aménagé de manière sommaire mais chaleureuse.

Trois hommes connus et appréciés  des commerçants et associations environnantes.

Trois hommes dont le courage transperce nos yeux, ce matin là.

 

Autour d'eux ,des personnages tous mobilisés contre l'exclusion parce qu'ils l'ont connu, vécu, subi et qu'ils ont brisé toutes les règles qui voulaient le leur imposer pour toujours.

Corinne, Patrick, Pierre.... autour d'un café, qui nous parlent de ce qu'ils font dans ce lieu courageux : ils accueillent des gens perdus, avant qu'ils ne se perdent davantage et qu'ils ne puissent plus jamais se retrouver.

Ils disent qu'ils anticipent les mots de leurs visiteurs fatigués parce qu'ils ont vécu un jour  les mêmes peurs assourdissantes.

Bref ce lieu pris d'assaut illégalement accueille trois messieurs qui se seraient retrouvés dans la rue à même le sol ou dans des lieux d'accueil impossibles pour eux et puis cet immeuble est devenu un endroit d'écoute, de réconfort....

 

Entre dans la salle un grand garçon, la chevelure épaisse noire comme ses yeux, ses paupières....noire aussi la peau qui entoure le regard...

Il prendra la parole très vite parlant de son histoire : il est à la rue ne veut pas partager son errance avec d'autres errants dans des centres pour errants

Ce lieu résout cette impossible équation.

Plus tard, il s'énervera de voir qu'on évoque le simple droit de lui retirer les siens en le privant de cette alcôve douce... enfin!

Il parle du risque de sa mort sans ce lieu, nous lui parlons de propriété et de  droits, de justice, d'expulsions

 

Bref décalage violent, inaudible, ingérable dans l'instant.

 

Il s'était calé entre deux jeunes couples presque à la dérive : une très petite maman à qui on a du retirer les enfants qui veut garder le droit de se maquiller,  d'être une femme dans la rue aussi et peut être surtout dans la rue !

Et puis un couple avec un monsieur aux joues creusées qui dit que l'alcool l'appelle pour oublier la rue

 

Je suis au milieu de ces vies de combat, nous sommes trois dans la salle à ne l'avoir jamais vécu cette satanée vie.

Et trois qui représentent aussi tous les citoyens pour lesquels la propriété est un droit fondamental inviolable.

 

Je suis contre la réquisition d'office des bâtiments, mais je suis pour les conventions d'occupation précaire sous conditions partagées et respectées, quand les projets sont solides comme l'est celui là.

 

Nous étions trois à le penser et à le traduire devant ceux qui ont le pouvoir de faire se rencontrer le besoin de l'homme au regard noir et le respect des droits de ceux qui n'ont pas besoin de regarder la rue qui brûle.

jeudi 14 mai 2009

L'élu, les plus démunis et monsieur B

Clôturer cette série d'articles (l'élu et les plus démunis) par cette rencontre fulgurante. Vous parler de ce petit monsieur dont le regard a eu un impact abyssal.

 Je suis dans cette pension de famille si particulière.

Monsieur B est un de ces pensionnaires qui a occupé la rue 15 ans et qui a eu la force de la quitter autant que de la vivre, sans qu'elle ne l'étouffe.

Il sort de nulle part tandis que l'on me montre la pièce à vivre : le corps est lourd, les bras collés au buste comme tous ceux qui vivent sous camisole chimique. La nuque est raide, le visage trahit le froid des os de tous les hivers traversés.

Monsieur B me tend la main et me salue avec intérêt, me manifestant une reconnaissance curieuse. Nos sourrires incarnent l'inégalité cruelle de nos vies. Il a perdu ses dents, son sourrire reflète son parcours.

Nous échangeons quelques syllabes puis très vite j'irai voir son projet. Il travaille le bois pour faire un composteur dans le jardin vivrier de la pension.

L'histoire de monsieur B est celle d'un homme qui se retrouve pris sur le fait d'un vol alimentaire, mis en prison, victime de la violence tribale que l'on impose aux fragiles parfois. Il ressortira sans confier son calvaire puis perdra contact avec sa femme et ses enfants.

Ce fragment de vie qui explique la rue, monsieur B n'en a parlé que depuis qu'il travaille le bois pour les pousses de tomates du jardin.

Les accompagnateurs sociaux trouvent que ses progrès sont fulgurants. Il se livre, se projette peut-être même qu'une rencontre avec l'un de ses fils est possible...

C'est en vivant ces moments que je sais pourquoi  j'ai voulu être élue.... pour contribuer à ma place (toute petite! ) mais à côté des travailleurs sociaux à la politique sociale de la ville. Je veux trouver des solutions pour que d'autres n'aient pas à vivre l'histoire de monsieur B ou s'ils l'ont déjà vécue, je veux qu'il puissent eux aussi travailler le bois pour des petites pousses....

vendredi 8 mai 2009

Vidéo : développement durable et handicap - Joel Solari

Joel Solari, conseiller municipal en charge des politiques en faveur des personnes en situation de handicap nous donne sa version du développement durable.


Développement durable et handicap

jeudi 7 mai 2009

L'élu, les plus démunis et le directeur d'une de ces associations

Au téléphone il m'a demandé tout de suite "Vous avez du temps ? " et comme je lui répondais oui, il me dit du tac au tac qu'il m'organisait une visite de 13h à 18h.

Crédit photo : Thierry Pétriacq

L'homme s'occupe des plus démunis depuis toujours. Il me lance sans détours 3 vérités, qui depuis, résonnent :

- Plus vous créerez de l'offre, plus vous aurez de demande.

- Une bonne politique ne peut naître que de la qualité de sa traduction sociale.

- Il est absolument indispensable que l'envie de celui ou de celle dont vous vous occupez existe, se formalise, grandisse.

Le ton est direct. Aucune complainte, aucune réclamation, rien du registre de l'expert associatif donneur de leçons.

Nous échangeons à bâtons rompus d'un lieu à un autre avec un retour débriefing entre chaque destination dans une fourgonnette dont le coffre est un trésor de vie.

Toujours dans le calme avec un ton pédagogique : sobriété des mots, clarté du raisonnement, précision de l'expertise.

Je découvre deux maisons relais : sorte de pension de familles accueillant des personnes dont la rue fut leur maison pendant une dizaine d'années. Ils ne pouvaient plus le grand foyer d'accueil, ils sont usés jusqu'à la corde mais assez forts pour vivre seuls dans une sorte de mini studio.

Il y a des parties communes. L'endroit accueillant semble idyllique. Mais le directeur parle très vite de décompensation : après la rue, cette stabilité, ces murs, ce silence, la nourriture à portée de bouche, le jardin à portée de culture, tout cela est angoissant.

Il sont 17 pensionnaires. Il insiste pour dire que c'est expérimental, plus tard il dira que dans certains cas, 17 c'est beaucoup trop.

On visitera une autre pension, près de la gare où l'on fait de l'auto-réhabilitation, un centre où l'on vit 100 jours pour réaliser un projet, un CHRS.

Un mot sur ce centre d'hébergement d'urgence. Remplie d'émotion jusqu'aux tréfonds des yeux et du coeur, je rentre dans cet énième lieu d'accueil. Nous y croisons un homme titubant en chaussons, il est 17h00. Le directeur le salue, il les connaît tous. "Comment ça va, monsieur ?"

"Comme un papa dans 3 semaines". Je suis scotchée dans le couloir, bouche ouverte, atterrée tant de la nouvelle que de mon comportement pavlovien à cette annonce.

Bien sûr que les situations sont violentes, choquantes, mais cet homme a de l'émotion derrière cette addiction. Il a eu envie d'être père et s'y prépare à sa façon probablement.

La directrice du lieu, une jeune femme de 40 ans, m'explique leur travail avec ce couple atypique : parler de ce projet d'enfant, de la nécessité de sevrer après l'accouchement le bébé, puis de tenter de créer un lien mère enfant dans un hôpital spécialisé, commencer à débattre de la capacité ou non de s'en occuper, bref nourrir des débats, ne pas imposer, permettre d'accueillir la possibilité de se séparer...Je pars l'esprit ravagé, le ventre étranglé. 

Dernière histoire avant de regagner la fourgonette chaleureuse comme un sas de décompression, celle de cette sublime femme de l'est, sourde de trop de toxicomanie enceinte d'un homme dont on se sait s'il l'aime. Son récent passé de femme de joie ne se voit pas sur ce visage magnifique. Elle veut cet enfant et le directeur de l'association de me souffler comme s'il avait deviné mon évidente pensée catholique que je taisais pourtant : "Et pourquoi elle n'y arriverait pas ?"

Ce directeur me montre que ces hommes et ces femmes que l'on croit abandonés ne le sont pas, que son job et celui de centaines de travailleurs sociaux c'est de nourrir leur envie de projet, leur permettre sans jugement de trouver un rythme, une douceur dans le chaos, le fil d'ariane celui que nous croyons, nous, ne pas avoir lâché et auquel nous avons eu la chance inouïe dès la naissance d'être reliés.

lundi 4 mai 2009

L'élu, les plus démunis et le préfet

Nous l'attendons aux portes de l'hôtel de ville. D'un cortège de voitures blindées, noires étincelantes, le voilà qui arrive.

L'homme de l'Etat, en charge du chantier prioritaire des sans abris et mal logés. Le "super" préfet détaché de Matignon s'avance d'un pas décidé.

J'ai travaillé une bonne partie de la nuit à potasser les rapports : je suis curieuse d'entendre ses mots d'accroche, sa posture, le ton qu'il y mettra...

L'homme est atypique : aucun rictus quand je lui dis que je suis conseillère déléguée (ce n'est pas un adjoint qui l'accueille), un mine plutôt réjouie quand il apprend que le logement n'est pas un de mes domaines d'expertise professionnelle mais un des thèmes d'action publique qui a accéléré mon envie de m'engager.

Plus tard dans la journée, il me dira qu'il est docteur en biologie moléculaire et que cet atypisme (tous les autres préfets ont fait l'ENA) a modelé sa carrière. Très calme, il a l'oeil vif de ceux qui cotoîent les cours du pouvoir depuis longtemps.

Réunion de travail d'abord : il parle certes d'argent et de procédure mais surtout d'hommes et de femmes... La situation sociale est tendue, les effets de la crise se font sentir dans la rue qui accueille de nouveaux égarés : des jeunes retraités, des travailleurs pauvres. L'état des lieux qu'il adresse ne conteste aucune de nos impressions sur les nouveaux flux de la rue.

On échange sur les projets de la ville : là un accueil pour les jeunes en déshérence, là l'humanisation du foyer Leydet celui vers lequel on vous dirige quand le ciel vous est tombé sur la tête, là une pension de famille pour ceux qui connaissent la rue d'aussi loin qu'ils s'en souviennent... On parle d'unité mobile psychiatrique qui fait défaut sur notre territoire, de bagagerie pour que les SDF n'aient pas cette impression sans cesse renouvelée de n'avoir aucun bien puisqu'il n'existe rien pour laisser ces bagages en sécurité...On parle des chiens aussi, qui ne savent vivre chaque seconde qu'aux pieds de leurs maîtres...

Le préfet rythme ses interventions des mêmes mots : sobriété, détermination, fluidité, gouvernance, adaptabilité...

Il ne s'agit pas de faire des lieux 4 étoiles mais de se demander si nous, nous aimerions y passer un moment de notre vie. Nous devons nous entendre (CG, CAF, DDASS, mairie, préfecture...), croiser nos informations, nous devons nous adapter aux situations humaines inextricables.

Et puis nous devons être déterminés et pédagogues : les gens de la rue doivent vivre dans la cité quoiqu'en pense la population inquiète. L'élu doit être pédagogue et dire pourquoi nous construisons ici et là des lieux d'accueil et surtout que c'est bien chacun d'entre nous, par le regard que nous poserons sur eux que leur "estime de soi" peut renaître et se traduire en projets de vie...

Le préfet s'appelle Alain Régnier, il circule partout en France et visite tous les lieux d'accueil s'assurant qu'il est clair pour tous que la rue n'est ni une alternative possible, ni acceptable. Et pourtant, il nous pose cette question : " Faut-il sortir quelqu'un de la rue alors même qu'il vous a dit qu'il ne le souhaitait pas ? Et à partir de quand cette atteinte à la liberté d'aller et venir peut-elle s'imposer ?" 

jeudi 30 avril 2009

Bientôt un carrot-mob à Bordeaux ???

Y en a marre d'entendre des grands discours sur le développement durable.

Des actions concrètes citoyennes, c'est ça qu'on veut !!!!

Coup de projecteur sur les carrot mob.

A dupliquer partout .

http://blog.phyrezo.org/2009/02/carrot-mob-activisme-positif.html

mercredi 29 avril 2009

Etienne Rigal redonne à l'homme et à la solidarité les places qu'ils ne devraient jamais perdre

Je vous ai parlé d'Etienne Rigal, ce petit juge de Province qui s'est mis en tête de soutenir les consommateurs surendettés à se défendre contre des grands groupes.....et qui a réussi à faire changer la loi.

Sa vie  est racontée dans le dernier roman : D'autres vies que la mienne d'Emmanuel Carrère.

 

Je vous livre aujourd'hui une vidéo de cet homme ordinaire qui fait de grandes choses. Derrière le juge courageux, il y a un homme à la destinée riche d'enseignements. http://www.videos.lalibre.be/video/iLyROoafJCXf.html

 

Je crois profondément que le développement durable, c'est avant tout une solidarité entre les vivants qu'ils nous faut réamorcer, c'est chaque individu qui retrouve son pouvoir et son envie de décision...sa capacité à faire et à donner.

 

Etienne Rigal est un homme dont l'histoire et les mots qu'il choisit pour la raconter avec calme et douceur me touchent et me rappellent ce vers quoi nous devons tendre.

 

lundi 27 avril 2009

L'élu et les plus démunis

J'ai la responsabilité d'animer le groupe logement du projet social de la ville de Bordeaux.

Nous serons une quinzaine (administrations, associations, bailleurs) à travailler sur un sujet vital " de l'hébergement d'urgence au logement stable". Parce qu'une ville où il fait bon vivre c'est une ville qui sait s'occuper des plus démunis...

Ne plus condamner à la rue, offrir des solutions adaptées à tous ceux qui veulent sortir de la rue, renforcer la lutte contre l'habitat indigne....ce sont des priorités absolues qui donnent tout leur sens à la cohésion sociale et au rêve d'une métropole durable !

Le logement c'est l'intimité de l'homme, son prolongement...ce qui fait qu'il est debout, qu'il construit des projets, qu'il peut capter des rayons de joie et des bouffées d'espoir.

3,9 milliards d'euros sont affectés dans notre pays à ce chantier prioritaire (2008- 2012) pour les personnes sans abri ou mal logés. 3 millions et demi de français souffrent de mal logement.

Pour comprendre ces enjeux, cette complexité humaine, cette souffrance si profonde, je vais à la rencontre depuis quelques semaines de professionnels et des hommes et des femmes dont ils s'occupent. Je voudrais dans mes prochains articles vous parler des rencontres qui m'auront le plus marquées.

Mais tout de suite je veux vous dire, que ceux qui flirtent avec l'isolement et l'exclusion méritent bien mieux que notre compassion et exigent que l'on sorte de cette tendance technocratique catastrophique : ne parler des plus précarisés qu'avec des chiffres à l'appui, qu'au mois de décembre et considérer qu'il s'agit avant tout de les protéger de la mort. SDF, psychotiques, enfants abandonnés, libérés de prison, alcooliques, toxicos....tous ceux dont Michel Foucault parle si bien dans son "surveiller et punir", tous ceux que l'on croise avec douleur et pour lesquels on s'est convaincu que plus rien n'est possible.

Mon prochain article sera consacré à un super préfet missionné sur ces enjeux qui nous a rendu visite à Bordeaux cette semaine, à un directeur d'association protestante dont c'est la vie, et à un certain Monsieur Biz dont c'est le quotidien.

dimanche 26 avril 2009

Les clés pour agir durablement

Nous venons de découvrir une nouvelle collection de livres qui donne à chacun les clés du développement durable et de l'écologie ... Elle s'appelle Les albums - Terre durable chez Glénat

A lire donc, www.glenatlivres.com

mercredi 22 avril 2009

Acteurs locaux : habitat et humanisme

Depuis plus de 20 ans l'association Habitat et humanisme reconnue d'utilité publique, met à la disposition de ceux qui en ont le plus besoin des logements à faibles loyers situés dans des "quartiers équilibrés"et accompagne les personnes mal logées.

Pour financer son action en complément des dons, cette structure développe des produits d'épargne solidaire.

Le principe est très simple : placer son argent en toute sécurité et partager tout ou partie des bénéfices pour financer l'action de l'association en faveur des mal logés.

Renseignez vous sur le site.

samedi 18 avril 2009

Elu : lève toi et marche derrière eux

Ma journée fut riche et symbolique. L'élu local participe à une réussite collective, il ne doit jamais l'oublier.
Homme qui marche - Giacometti
 
J'ai été reçue par l'association "habitat et humanisme" : le nom évoque merveilleusement l'esprit. Des bénévoles trouvent des solutions à des familles qui vivent des difficultés dont l'insurmontabilité pourrait les conduire au pire. Ils les écoutent, leur trouvent un logement, leur offrent l'accés à une épicerie solidaire. Cet accompagnement dure en moyenne dix huit mois, ces accidentés de la vie reprennent ensuite leur autonomie et le cours de leur vie. Ils n'auront pas glissé dans l'abandon d'eux même, auront été sauvés in extremis .
 
Deux des bénévoles me reçoivent sur une petite table dans un local qui ne se voit pas, sans ostentation : dans mon champ de vision les aliments de l'épicerie solidaire, une machine à café qui tourne à plein...je devine que ma place est celle de dizaines de personnes qui posent leur sac d'emmerdes en buvant un petit café devant les deux sourires vertigineux qu'arborent ces bénévoles.
Ils ne me parlent surtout pas d'eux mais de ces hommes et de ces femmes qu'ils reçoivent. Il n'y a dans le discours  ni compassion ni tricherie d'aucune sorte. J'ai devant moi des hommes responsables qui agissent en mettant à disposition des plus démunis leur expertise.  Ils sont rationnels, déterminés, sains, solides. Ils me parlent de ce que la ville pourrait faire pour eux ... ce qui me semble assez peu au regard des montagnes qu'ils déplacent avec une (apparente) facilité déconcertante.
Je repars regonflée, avec ma fiche de route, la certirtude que cette association comme des centaines d'autres est la preuve que l'engagement cityoyen n'est pas une "boutade", qu'il maille nos villes et nos campagnes partout. L'élu se doit d'accompagner ces structures en marchant dans leur pas et en corrigeant les âffres des dérives technocratiques.
 
Plus tard dans cette nouvelle vie qui ne s'arrête plus de me surprendre, je me retrouve à présider une commission de sécurité dans un nouveau bar/poker qu'un jeune couple vient de louer et exploite depuis quelques semaines à peine dans  une rue difficile. La salle sent l'odeur du punch et du tabac froid, les yeux du jeune couple sont fatigués et ne cachent pas leur peur du cortège à priori répressif que nous formons. Nous allons évaluer la dangerosité du site, sa conformité aux règles de sécurité ....comme souvent des travaux sont à prévoir, comme trop souvent ce bail a été repris sans que l'on informe ces jeunes des conclusions de la précédente commission de sécurité ...qui n'a rien dit ? le notaire ? le propriétaire ?ou qui n'a pas bien compris?
Bref je dois leur dire qu'après des mois de travaux et malgré tout leur courage il faudra fermer la salle du bas... que l'incendie pourrait prendre... tuer des gens ..qu'ils en seraient responsables. Je le leur dit, avec un pincement.
 
En sortant, j'échange avec les fonctionnaires : il manque une loi qui imposerait au propriétaire de donner les conclusions de la dernière commission de sécurité ...le public ne devrait  pas être accueilli dès lors que les prescriptions n'auraient pas été respéctées.
 
L'élu pourrait là encore marcher derrière eux et porter cette question devant l'assemblée nationale ...c'est probablement un combat plus long et plus hasardeux mais c'est un combat noble. Il reste à saisir qui de droit.
 
La journée fut riche. L'elu doit écouter, entendre, accompagner les forces vives. Il y en a partout. Sans elle, l'élu ne pourrait pas grand chose.
Reste que je dois rapppler cette petite dame à la voix frêle qui m'a écrit dans un français incertain pour une demande de logement ...ils n'ont pas d'emplois, pas de ressources, un titre de séjour limité .
Ce sera l'urgence absolue de la journée.

lundi 6 avril 2009

L'élu, le choix et le renoncement

Mieux vivre ensemble tel est l'enjeu principal du développement durable et l'objectif auquel doit contribuer tout élu.

 

 

Est-il acceptable que des gens soient mal logés ou pas logés du tout dans notre pays? NON, bien sûr.Et pourtant, selon un rapport  de la fondation Abbé Pierre, trois millions et demi de français souffrent de mal logement. 

Est-il souhaitable que dans nos villes, on continue à construire des logements dans des cités dortoirs dont les habitants auraient le même faible niveau de vie? NON, bien sûr.

En France, les discours sur la nécessaire mixité sociale (les pauvres avec les riches), fonctionnelle (dormir, se rencontrer, se cultiver, se reposer, être heureux dans son quartier) se multiplient. Et c'est tant mieux. 

SAUF QUE...

Ces deux objectifs complémentaires sur le fond peuvent s'opposer dans leur mise en oeuvre pratique. 

Loger tout le monde et en priorité les personnes en grandes difficultés, c'est un des objectifs de la loi DALO. L'abaissement du niveau de ressources donnant droit à un logement social contribuera à loger les plus démunis.

Beaucoup considèrent que ce n'est pas assez et qu'il faut réquisitionner tout immeuble vacant : "quand nous serons trop nombreux à avoir faim, c'est avec des pieds de biche que nous irons trouver nos lits!!!!"  

Loger les gens en se disant que l'indispensable mélange des cultures, des histoires, des revenus, des âges est la seule garantie de l'amélioration du lien social...On le revendique dans tous les nouveaux projets d'urbanisme conscients des situations dramatiques dans lesquelles des centaines de familles ont été plongées dans des quartiers ou cette réflexion de base n'avait pas été conduite. Beaucoup considèrent que ça ne va pas assez vite. Beaucoup d'autres pensent aussi que ce n'est pas souhaitable " Comment ça.dans le quartier on va construire du logement social, mais pourquoi? c'est obligatoire ???" 

Le vrai problème structurel : c'est que pendant des années, on n'a pas construit assez...assez pour faire face à une demande accrue de logements (plus de divorce, plus de garde alternée, plus de personnes âgées...)

Et en attendant que l'on rattrape ce retard dans un contexte de crise....des hommes et des femmes dorment dehors. 

L'élu doit se positionner, faire des choix, vouloir loger à tout prix tout ceux qui en ont besoin et renoncer pendant un temps à la mixité sociale salvatrice...ou faire le choix de la mixité  et retarder le temps du logement pour tous ...

Faire un choix entre l'urgence et la projection d'une ville "bonne à vivre "pour tous.

Faire le choix entre sa révolte et sa conscience de l'intérêt collectif global à long terme....

Bref renoncer un peu et temporairement ....mais renoncer quand même.   

L'élu doit toujours trouver l'impossible équilibre entre les urgences individuelles à court terme  et les intérêts collectifs à long terme et sans cesse parler de ces décisions et de leur inévitable contradiction.

jeudi 2 avril 2009

Il faut clôner Etienne Rigal

En France en 2009, 8 débiteurs de surendettement sur 10 ont des revenus inférieurs ou égaux au SMIC et dans 88 % des cas, ce surendettement résulte d'un accident de la vie.

Etienne Rigal est juge spécialiste de la consommation (et le héros du dernier livre d'Emmanuel Carrère D'autres vies que la mienne).

Il a décidé de bousculer la tradition judiciaire en osant défendre les droits des mauvais payeurs, en dénonçant les publicités des organismes de crédit.

Il a exercé pleinement son droit à relever un injustice dont la victime ne s'est pas plainte. Une vraie petite révolution.

Etienne Rigal est aujourd'hui vice-président du TGI de Lyon. Cet homme a choisi de défendre les plus faibles des menaces et des souffrances de l'hyper consommation.

Chapeau bas monsieur !

mercredi 1 avril 2009

Exigeons et reconstruisons l'intelligence collective

Aujourd'hui j'ai eu accès aux écrits de 3 intellectuels français qui ont choisi de s'exprimer sur la crise.

Cette crise qui nous terrorise tous. Laquelle au fait ? La crise écologique ? La crise financière ? La crise sociétale ? Les 3 en même temps ? Relire pour mémo, un précédent article sur l'hyper dette.  

Alain Minc dans son dernier ouvrage 10 jours qui ébranleront le monde, écrit 10 prophéties sous forme de métaphores, chacune illustrant un enjeu crucial de l'avenir. Selon lui, les jeunes mâles blancs se révolteront, Gazprom pourrait lancer une OPA sur Total...

Jacques Attali, parle lui aussi, de l'avenir dans La crise et après? Il y explique le mystère de cette crise.Les moyens pour la résoudre et pour éviter qu'elle ne dégénère en catastrophe politique mondiale.

Et puis, André Glusckmann dans un article du Figaro prétend que la crise sera notre heure de vérité. "La crise manifeste des pulsions millénaires et millénaristes mal éteintes, elle révèle des synergies sous-estimées pendant des décennies, elle découvre des fractures non consolidées depuis un ou deux siècles."

Ces intellectuels apportent des éclairages passionnants mais isolés. Ce qu'il nous faudrait, je crois, ce serait le croisement de leurs intelligences, de leurs convictions et de leurs pistes d'actions communes.

Face à la crise, on a besoin d'un front d'intelligence commun, d'une association de paroles et d'idées.

Y'en a marre de toutes ces intelligences qui marquent les esprits par leurs analyses brillantes mais beaucoup trop égocentrées !

mercredi 25 mars 2009

Acteurs locaux du développement durable

Il y a partout en France des initiatives durables qu'il faut saluer, et dont nous voulons nous faire l'écho pour que leurs effets se diffusent partout.

Nous vous avons présenté la semaine dernière le programme de l'université nomade d'Aquitaine, place cette semaine à la présentation de la MNE par un de ses administrateurs.


Maison de la nature et de l'environnement

samedi 21 mars 2009

L'e-magination au pouvoir !

Faire du troc, louer son vélo ou participer à des achats groupés, le web nous permet d'augmenter notre pouvoir d'achat en agissant écolo !

Je loue tout :
www.zilok.fr

www.consoloc.com
www.je-loue-tout.fr
L'organisme prélève de 5 à 10 % sur le prix de la location.


J'achète à plusieurs :
www.discounteam.com
www.commandes-groupees.fr
www.togather.biz
www.myfab.com

Je troque :
www.france-troc.com
www.trockers.net
www.solidaire.org
www.gametroc.com
www.cinetroc.com
Vous aurez peut être à payer un abonnement.

Je profite de la voiture d'un autre ou je fais profiter à un autre de ma voiture :
www.allostop.net
www.covoiturage.fr
www.easycovoiturage.com

Et puis, servons nous des bons plans des grippe-sous ! !
www.coachprix.com
www.radins.com
www.lesradins.com


Sources : Femina www.femina.fr

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