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mercredi 10 février 2010

Le panneau photovoltaïque ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt

Lundi 8 février, régionale 2010 en Aquitaine, dans un Petit Basque.

Ils sont 10 et pour la plupart ne se connaissent pas. Le thème de l'échange avec Xavier Darcos : le développement durable et le logement, le fameux "habiter autrement".

Qui en France envisage une seule seconde de construire, réhabiliter, aménager sans vouloir être exemplaire en terme d'écologie ? Plus personne.

En revanche, l'interprétation et la traduction que font les décideurs de cette exemplarité sont diverses et les différences sont vertigineuses.

Autour de la table, des architectes, des bailleurs, des associations, des promoteurs, des décideurs dans les filières de construction.

Très vite on évoque les écoquartiers, la difficulté à les faire émerger, leur surcoût, leurs caractéristiques. Très vite l'auditoire se rassure : on parle tous le même langage OUF l'écoquartier ne se définit pas uniquement par l'organisation de son autonomie énergétique ou par son accessibilité en modes de transports doux...non, non ! !

Il se définit également par la mixité fonctionnelle et sociale qu'il engendre. Construire un écoquartier oblige à entendre les futurs habitants, les associations... se soucier de la vie qu'ils veulent et non plus imposer un modèle de vie standardisé, aspetisé, désincarné...Rendre la vie choisie possible et non plus construire des rêves à partir de vie subie.

Un homme parle de cette association qu'il préside et de leur expérience reproductible à l'envie : des jeunes adultes handicapés ne pouvant ni bouger ni parler ont voulu vivre en ville et plus en centre spécialisé... Ils s'en sont donné les moyens en mutualisant dans des appartements classiques une pièce à vivre et leurs services médicalisés...

Plusieurs architectes parlent des coopératives d'accession, de cette nouvelle donne... Les citoyens choisissent leur vie, achètent le terrain ensemble, participent à la conception du projet... Pour ceux que ça intéresse, j'ai déjà beaucoup écrit sur le sujet.  

Je crois profondément en la justesse de ces nouvelles solutions qui garantissent plus de solidarité et qui répondent aux défis de la lutte contre l'étalement urbain d'une part et l'isolement d'autre part.

Il nous faut densifier les villes et villages, construire en hauteur, mutualiser les pièces à vivre, les pièces de convivialité, partager autant que possible pour apaiser les solitudes, rendre possible le maintien à domicile...

On parle bien sûr de panneaux photovoltaïques trop souvent considérés comme la solution miracle exclusive. Dans la salle, on préfère les panneaux solaires et toutes les solutions économes en énergies. On dit que la norme peut s'avérer dangeureuse.. que les solutions d'aujourd'hui ne sont que le retour du bon sens d'hier...

On parle du bois utilisé essentiellement en Aquitaine dans 3 filières dont celle de la papèterie... pourtant il y a un marché énorme pour la construction et pour le bois de chauffage. Nous parlons de cette belle société EO2.

Le débat est intense, convivial, républicain. Le débat dissipe définitivement la peur de la récupération politique ou au contraire du désaveu de l'autre candidat s'il était réélu.

Bref, un débat normal, celui que nous devions avoir d'urgence mais à découvert et bien plus nombreux.

Il est temps de faire un Grenelle régional de l'environnement, d'échanger avec les associations et les professionnels de l'aménagement de nos territoires pour limiter l'émission des gaz à effet de serre, pour densifier nos coeurs de villes et nos  villages, pour penser aujourd'hui à ces 650 000 Aquitains qui auront plus de 60 ans demain matin... et auxquels on ne pense pas assez.  

L'écologie pose question, fait débat....évidemment les panneaux photovoltaiques sont une des mille réponses possibles .....mais une réponse seulement, technique, environnementale....surtout pas exclusive.

dimanche 8 novembre 2009

Les Solidarités dans le développement durable : Débat ouvert à Bordeaux

6 novembre, Bordeaux sous une pluie tenace.

Pourtant, des centaines de personnes ont convergé vers les quais au Hangar 14 pour parler des solidarités.

Cinq espaces d’évidence vitale, accueillent le tout à chacun : logement, lien social, précarité, enfance/famille, vieillissement. Cinq univers partagés, qui depuis des mois sont ouverts aux débats libres. Un débat avec les citoyens au cœur des quartiers, avec les fonctionnaires quel que soit leur poste, avec les partenaires de la ville.

La place des pères dans l’éducation, les nouvelles formes d’habiter dans les écoquartiers,  notre regard sur l‘allongement de la durée de la vie, la culture pour lutter contre la précarité….

Autant de sujets pour débattre, libérer la parole. Il ne s’agit pas  de se laisser aller à un discours hégémonique faussement compatissant. NON, il s’agit d’écouter et surtout  d’entendre tout ce qui se délite, s’abîme, oppresse et tout ce qui se construit, s’innove et se crée dans notre ville.

17H, Corine Lepage, Alain Juppé, P Saglio et J L  Sanchez concluent la journée en ouvrant le spectre des questionnements comme des possibles. Leurs mots tambourinent encore aux portes de mes émotions et exaltent mon engagement pour notre cité.

A Juppé rappelle quelques définitions oubliées, celle de l’économie « gestion des ressources rares » détournée au profit de la démesure, celle de la nation de Renan  autour de l’idée d’un « plébiscite de chaque instant ».  Les mots que je retiens : « Retrouvons le bonheur de vivre ensemble »

C Lepage nous confirme nos craintes : le développement durable est vu depuis l’Europe sous l’angle quasi exclusif de l’environnement . Elle nous exhorte doucement à nous nourrir de ce qu’il y a de plus moderne ( croissance verte) et de plus traditionnel ( le rapport originel à la terre et à l’humanité ) partout dans le monde. Elle dit encore « Associons les plus modestes à la construction de notre nouvelle société »

Ces politiques là débattent…débattant ils choisissent de facto, d’assumer que les solidarités ont une part incontestable dans le DD.

P Saglio président d’ATD quart monde ( « que tous accèdent aux droits de tous ») martèle trois idées : multiplions  le nombre de bénévoles engagés dans la citoyenneté, Mettons tout en œuvre pour éradiquer la très grande pauvreté , retrouvons l’envie de l’autre…. . « Nous ne survivrons que dans la fraternité !!! »

JL Sanchez, délégué général de l’observatoire national de l’action sociale décentralisée se révolte que la France soit considérée à l’étranger, riche de droits mais pauvre de liens,…. la France doit assumer sa responsabilité universelle pour nous projeter dans le monde de l’espérance .  « La crise doit offrir l’opportunité de  tous nous repositionner par rapport au lien social »

Prenez vos plumes et ou tapez sur les touches de votre clavier, venez rejoindre ceux qui nous interpellent dans les réunions de quartiers,….venez nous bousculer avec vos idées, vos colères, vos projets……Faisons vivre notre projet social ensemble.


Solidarités Bordeaux - Alexandra Siarri

jeudi 29 octobre 2009

Les rencontres providentielles de l'élu

Je suis en retard, près de ce clocher en travaux. Je ne sais pas encore que ce rendez-vous est providentiel.

Je l'avais rencontré à Cap Assos, le rendez-vous annuel des associations bordelaises. Je déambulais dans les allées avec notre "précieux petit roux", chacun s'épatant de la diversité des possibles associatifs et de l'intensité des regards bénévoles.
Je le rencontre à l'issue de notre déambulation, dans les hasards des foules qui s'agglutinent. Il aide "les amis de la rue" avec d'autres, dans la "maison de Marie".

Aujourd'hui, je m'aprête à visiter ses amis. Je ne sais pas encore qu'une partie de moi ne les quittera probablement plus.
C'est une maison immense, avec une dizaine de chambres. La porte s'ouvre et la vie de partage vous innonde. A gauche, on s'affaire à la cuisine des grandes tablées, et là tout de suite, la table nappée avec de grands carreaux, ce qui suscite en moi la douce souvenance des tartines beurrées de "Ma mie Denise".
On me tend des mains que je prends. On m'accueille telle que je suis, une nouvelle personne avec laquelle partager un moment.
Elle se lève ... Je crois bien qu'elle a des habits de soeur sans la coiffe... mais son sourire profond m'a happée. Transportée dans son bureau, dans la réalité humaine extrême qu'elle accompagne.

Ils ont vécu 15, 20, 40 ans de rue. Elle, et celles de sa trempe majestueuse les ont connus en allant dans des lieux inconnus de nos regards javellisés...
Elle porte des phrases simples sur ses amis de la rue qu'elle reçoit : "Certains arrivants ont oublié ce que veulent dire aujourd'hui et demain, ne peuvent plus être debout" ..." Il faut dormir ici, pour les serrer fort, quand le manque d'alcool fait crier leur chair, il faut vivre avec eux pour surmonter les crises comme on le fait dans les familles".

Derrière les mots du quotidien l'inébranlable foi en l'homme "la mairie prête ce lieu, nous travaillons avec les MDSI du Conseil Général, mais cette strucutre ne fonctionne avec aucune subvention pour ne pas en dépendre et risquer de ne plus recevoir ces vies violées par manque d'argent public".

Tout ce qui se mange, s'utilise, se regarde, rassure, repose et construit a été donné, récupéré, trié. Chaque chose à vivre est rescapée de la société de consommation.

Et puis, avec la foi en l'homme, la foi des résultats...
Tous les amis, quand c'est leur moment, franchissent des étapes de mieux être. Il fait le pain, apprend le français, fait de la céramique... Chacun rend aux autres en même temps qu'il réapprend à recevoir comme une inter-fécondation.

Je reprends mon vélo trop grand. Ils m'ont accompagné jusqu'au perron et couvé des yeux quand j'ai repris la route.
Je veux faire de la politique pour faciliter des projets comme celui là.
La politique doit retrouver ses lettres de noblesse et ne plus se laisser malmener par des impostures égocentriques.

lundi 21 septembre 2009

De la difficulté d'être soi en politique

- Être écolo sans être vert.

- Faire de la politique sans avoir défini son plan de carrière.

- Être élue au logement en restant affamée de tous les autres sujets de nos vies.

- Travailler avec A Juppé (UMP) en tant qu'élue, et avec V Feltesse (PS) en tant que fonctionnaire.

C'est la voie étroite que j'ai choisie d'emprunter et de revendiquer.


Je n'ai jamais beaucoup aimé tout ce qui relève du corporatisme, des réseaux fermés, du militantisme définitif car ils portent en eux les germes de la consanguinité. Rester entre soi, convaincus de détenir la vérité, endort la réflexion, génère des "arrangements entre amis", exclut trop souvent le débat.

J'anime pour le compte de la Communauté Urbaine de Bordeaux les "juniors du développement durable". Depuis 10 ans, tous les élus à l'unanimité soutiennent ce programme unique en France et Vincent Feltesse lui a donné une nouvelle dynamique. L'éducation au DD est un chantier énorme.

Je suis élue au logement, à l'écohabitat, à l'énergie à la ville de Bordeaux et j'attache une importance capitale au logement pour tous et notamment à celui des plus démunis d'entre nous. Il n'y a pas assez de logements sociaux et très sociaux  dans notre ville. Nous travaillons pour que ça change. Je suis pour que le squat André Meunier devienne un lieu alternatif  ( et complémentaire) d'accueil des hommes et des femmes de la rue.

A Juppé me confie une nouvelle mission pour que la politique de DD de la ville s' exprime plus facilement, plus rapidement, plus simplement encore dans la vie des bordelais. Je suis contre l'écofascisme . Je suis pour des écoquartiers qui permettent d'organiser la préservation de nos ressources et l'intégration de tous. Je ne pense pas qu'il faille pousser les citoyens à copier à l'identique les bonnes pratiques de leurs voisins. Je crois à l'impérieuse responsabilité des collectivités à : 

- mettre en service des équipements pour que les citoyens adoptent des comportements vertueux ( tramway, pistes cyclables, bâtiments publics basse consommation....)

- accompagner le plus grand nombre à trouver les modalités de leur propre révolution écologique , éveiller les esprits critiques face à nos modes de consommer, de nous déplacer, de vivre ensemble, partout diffuser demander organiser des formations....

- mener des actions symboliques et cohérentes ( plus de sacs plastiques sur nos marchés, des dimanches sans voitures le plus souvent possible, des annuaires distribués seulement à ceux qui le demandent, plus aucuns grands magasins allumés la nuit....)

Je ne veux par réfléchir en termes de stratégie personnelle, de mise en scène, de logique territoriale, d'audience.

Je veux être libre et audacieuse pour être utile. Je veux faire de la politique qui sert, qui combat les idées toutes faites, qui partage des doutes, qui rencontre des espoirs et des désespoirs.

Ce petit article de quelques lignes, très égo centré me permet de répondre à tous ceux "contempteurs, thuriféraires et agresseurs" qui depuis deux ans m'invitent à plus de discipline au service de leur cohésion, me soupçonne  d'être "non respectueuse" de mon statut ou de mon engagement et à définir plus clairement mon projet politique personnel.

Ce qui m'intéresse, c'est de participer avec beaucoup d'autres à la création d'une nouvelle société humaniste et républicaine et d'y participer aussi vite et aussi loin que je le pourrais....

En ce moment ce qui me taraude c'est cette notion dont parle de plus en plus par exemple bettina Laville : l'usage remplacerait la propriété...et pourquoi pas?????