Lundi 8 février, régionale 2010 en Aquitaine, dans un Petit Basque.
Ils sont 10 et pour la plupart ne se connaissent pas. Le thème de l'échange avec Xavier Darcos : le développement durable et le logement, le fameux "habiter autrement".
Qui en France envisage une seule seconde de construire, réhabiliter, aménager sans vouloir être exemplaire en terme d'écologie ? Plus personne.
En revanche, l'interprétation et la traduction que font les décideurs de cette exemplarité sont diverses et les différences sont vertigineuses.
Autour de la table, des architectes, des bailleurs, des associations, des promoteurs, des décideurs dans les filières de construction.
Très vite on évoque les écoquartiers, la difficulté à les faire émerger, leur surcoût, leurs caractéristiques. Très vite l'auditoire se rassure : on parle tous le même langage OUF l'écoquartier ne se définit pas uniquement par l'organisation de son autonomie énergétique ou par son accessibilité en modes de transports doux...non, non ! !
Il se définit également par la mixité fonctionnelle et sociale qu'il engendre. Construire un écoquartier oblige à entendre les futurs habitants, les associations... se soucier de la vie qu'ils veulent et non plus imposer un modèle de vie standardisé, aspetisé, désincarné...Rendre la vie choisie possible et non plus construire des rêves à partir de vie subie.
Un homme parle de cette association qu'il préside et de leur expérience reproductible à l'envie : des jeunes adultes handicapés ne pouvant ni bouger ni parler ont voulu vivre en ville et plus en centre spécialisé... Ils s'en sont donné les moyens en mutualisant dans des appartements classiques une pièce à vivre et leurs services médicalisés...
Plusieurs architectes parlent des coopératives d'accession, de cette nouvelle donne... Les citoyens choisissent leur vie, achètent le terrain ensemble, participent à la conception du projet... Pour ceux que ça intéresse, j'ai déjà beaucoup écrit sur le sujet.
Je crois profondément en la justesse de ces nouvelles solutions qui garantissent plus de solidarité et qui répondent aux défis de la lutte contre l'étalement urbain d'une part et l'isolement d'autre part.
Il nous faut densifier les villes et villages, construire en hauteur, mutualiser les pièces à vivre, les pièces de convivialité, partager autant que possible pour apaiser les solitudes, rendre possible le maintien à domicile...
On parle bien sûr de panneaux photovoltaïques trop souvent considérés comme la solution miracle exclusive. Dans la salle, on préfère les panneaux solaires et toutes les solutions économes en énergies. On dit que la norme peut s'avérer dangeureuse.. que les solutions d'aujourd'hui ne sont que le retour du bon sens d'hier...
On parle du bois utilisé essentiellement en Aquitaine dans 3 filières dont celle de la papèterie... pourtant il y a un marché énorme pour la construction et pour le bois de chauffage. Nous parlons de cette belle société EO2.
Le débat est intense, convivial, républicain. Le débat dissipe définitivement la peur de la récupération politique ou au contraire du désaveu de l'autre candidat s'il était réélu.
Bref, un débat normal, celui que nous devions avoir d'urgence mais à découvert et bien plus nombreux.
Il est temps de faire un Grenelle régional de l'environnement, d'échanger avec les associations et les professionnels de l'aménagement de nos territoires pour limiter l'émission des gaz à effet de serre, pour densifier nos coeurs de villes et nos villages, pour penser aujourd'hui à ces 650 000 Aquitains qui auront plus de 60 ans demain matin... et auxquels on ne pense pas assez.
L'écologie pose question, fait débat....évidemment les panneaux photovoltaiques sont une des mille réponses possibles .....mais une réponse seulement, technique, environnementale....surtout pas exclusive.