L'élu comme chaque homme et femme se construit à partir de ses origines charnelles et symboliques, de son quotidien émotif et formel. Il se nourrit des autres. S'il n'est pas curieux de l'autre, affamé d'échanges, il ne peut pas comprendre.

"Gouverner, c'est prévoir", anticiper en comprenant les enjeux globaux.
Trois méthodes, selon moi, s'offrent à l'élu local ...pour appréhender ces enjeux :
- le temps, l'expérience, sa propre sagesse : mais ils sont rares ceux qui peuvent s'en prévaloir, rares ceux qui ont résisté à l'envie d'être élu pour que perdure le sentiment d'influence et de privilèges.
- l'exceptionnelle intelligence, celle qui raccourcit les temps de compréhension en un éclair....mais elle s'accommode là aussi rarement aux réalités du terrain....les temps se décalent... celui de la prospective et celui du quotidien.
- la formation permanente, la lecture, l'information lettrée parallèlement à celle du vivant.
Un mot sur cette troisième voie, à laquelle je suis très attachée.
Elle est accessible à tous, tandis que les deux premières sont réservées de fait.
Un mot et un exemple symptomatique : le développement durable, cet enjeu fondamental qui nous invite à raisonner autrement, à envisager très sérieusement une révolution sociétale, à bousculer nos consciences ...
C'est tellement énorme comme défi : comment se priver de l'éclairage des journalistes, des philosophes, des chercheurs ? ? ?
Je suis convaincue que l'élu local ne doit jamais se priver d'écouter ceux qui consacrent leur vie à l'étude, à la réflexion, à l'analyse. Avancer avec pragmatisme, mais toujours avec les yeux grands ouverts sur les autres et les oreilles vibrionnantes aux murmures de ceux qui prennent le temps de la pensée.... la leur et celle de ceux qu'ils analysent.
Kempf, Serres, Gordon, Maalouf, Ellul, Orsena, Attali....et tant d'autres sont une aide précieuse pour moi en ce moment pour avancer.