Que fait on de vos voix ? Acte II - article paru en avril 2010 

Le rideau se lève, les acteurs ont changé de costume.
Deuxième séance du Conseil régional. Autour du Président, l'aréopage est installé.


Aujourd'hui, les affectations des conseillers s'officialisent mais pas seulement...il y a le ton, l'atmosphère qui se dégage de cette nouvelle meute profondément renouvelée : 84 conseillers pour plus de trois millions d'Aquitains.

Le Président entame son troisième mandat et imprime évidemment sa marque de fabrique : il n'y a pour ainsi dire pas de protocole.
Le sens de son intervention est un appel à la pondération et à l'union " 90% des décisions sont prises à l'unanimité" et 50 % des Aquitains n'ont pas estimé utile de nous choisir. 
Décision est prise que l'absentéisme répété des élus sera sanctionné.

Ce premier petit débat est prétexte à marquer son territoire. De part et d'autre les paons font la roue...les amoureux du verbe, les instinctifs, les vrais politiques. Viendra très vite le temps des experts de dossiers ( les mêmes dans certains cas !) : ceux là défendront leur territoire et vos intérêts différemment mais toujours en se mettant en scène. 
Il n'y a pas le choix. Pour se faire entendre, il faut être percutant.

Il me semble que cette assemblée regorge de conseillers pressés de débattre et sûrement d'en découdre. Nous verrons bien et en particulier dans ma commission comme dans mon groupe inter-assemblées dédiées au développement durable et à l’aménagement du territoire.

On s'apprête à se quitter quand notre collègue, le plus célèbre syndicaliste aquitain lit un discours imprévu mais tellement prévisible finalement. Il défend ses convictions. Il énumère le nom d'entreprises de la région en situation difficile, rappelant en comptable minutieux, ce qu'à fait la région, ce que n'aurait pas fait le gouvernement.

La réaction de l'opposition, donc de mon groupe est immédiate et très vive autour d'une idée simple " de tels débats méritent qu'on les prépare ..."`

S'ensuivent des tirades où l'on ressasse autour de la fameuse réforme des collectivités locales. Vanité et vacuité ne sont ils pas des dangers qui guettent chaque élu ?

C'est évident : dans cette assemblée, le gouvernement sera défendu chaque fois qu'il subira une attaque ! et il en subira. 
l'Aquitaine sera malheureusement prise en otage par des positions nationales idéologiques « clivantes ». Ce n’est pourtant pas, mais dîtes moi si je me trompe, votre commande !. Ce n'est en tout cas pas du tout, je vous le dis, mon intention !

Cette aventure est nouvelle : cette nouveauté s'additionne à toutes les autres, c'est presque une autre vie pour moi.
Le lendemain des élections, j'ai retrouvé les miens saturés de cette campagne épuisante, le chemin d'un travail que j'aime profondément, le fil de mes dossiers municipaux en me concentrant sur celui qui anime mon énergie : le logement des plus démunis.

Depuis je ne cesse de restructurer mon temps concentrée sur trois exigences : loyauté, liberté et audace.
alexandra siarri