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Balise - démocratie

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mardi 16 mars 2010

Malgré tout allez voter !

Votre verdict est parfaitement clair. Sa sévérité est à la hauteur de la surdité politico-médiatique.

La moitié d’entre vous a abandonné son droit le plus précieux : celui de voter donc de participer à la construction collective de son avenir.

Les professionnels de quelque parti que ce soit, partagent deux analyses et s’en répartissent le ton paternaliste, dogmatique ou suffisant :
« Les régions sont une collectivité très jeune… et la vie politique est sinusoïdale t’obligeant à vivre des hauts et des bas ! »


Depuis 28 ans, vous êtes appelés à voter pour les conseillers régionaux, pour ceux qui délibèrent sur les formations, le développement économique, l’aménagement du territoire, les infrastructures…..bref pour ceux qui peuvent apaiser vos angoisses : emploi, sécurité alimentaire, santé, défi écologique…

28 ans, c’est le tiers d’une vie. Depuis 28 ans, le taux d’abstention ne cesse d’augmenter et avec lui, la crédibilité du politique de se déliter »


« L’embrouillamini orchestré est l’aliment essentiel de l’abstention ! ». On nous rabâche que voter à gauche pour les régions revient à sanctionner le Président et son gouvernement. Mais dîtes moi, n’avons nous pas dans notre pays une longue tradition républicaine ? Nous ne sommes pas un état fédéral, l’opposition Régions/Etat est inaudible pour beaucoup, repoussante pour 50% d’entre vous.

L’enjeu régional a été balayé, l’enjeu écologique sacrifié.

Tandis que j’écris ce nouvel épisode de mon carnet de campagne, Europe écologie et le PS négocient les projets et les places…dans une logique de front anti droite. Les négociations doivent être difficiles tant les projets étaient différents. La gouvernance le sera évidemment aussi !

Ce dimanche d’attente fut terrible : les personnalités se révèlent tandis qu’une pluie de chiffres s’abat au rythme frénétique des textos et sonneries de téléphone survoltés.
Je retiens l’élégance de Xavier qui dans la tourmente n’a cessé d’être un homme à l’écoute des fragilités voisines.

Je retiens aussi celle de mon voisin de gauche qui sur mon premier plateau

télévisé n’a pas pu s’empêcher de me faire la leçon de l’humilité ni su résister à la tentation facile de me faire passer pour « une petite marionnette de l’UMP ». Pauvre de lui !

L’abstention est à la hauteur de la machine à désespoir que l’aveuglement et la surdité idéologiques fabriquent depuis quelques années déjà.

A l’heure ou dans les salons, on conclut des unions fragiles et ou à l’abri des regards de part et d’autre on se laisse aller à son amertume, je veux plus que jamais faire de la politique, vous redonner l’envie de croire en elle.

L’abstention est un réservoir de voix qui veulent en entendre de nouvelles.

Mais nous ne devons jamais oublier que le droit de vote est avant tout une chance et une responsabilité.

lundi 15 mars 2010

Il faut aller voter aux élections régionales !

Alexandra Siarri nous dit pourquoi il est important d'aller voter aux élections régionales en Aquitaine.

mardi 26 janvier 2010

Portraits de femmes en politique à l'occasion des Régionales 2010

J'ai rencontré Sonia Moumen, il y a quelques mois, puis nos chemins se sont croisés de nouveau un peu avant Noël. Sonia m'a parlé de son projet de "Carnet de campagne". Après avoir hésitée une seconde, j'ai dit oui à son idée qui vous permettra je l'espère de mieux me connaître ou de me reconnaître sous la plume de quelqu'un d'autre que moi.

www.carnetdebordeaux.fr - le blog de Sonia Moumen

Pourquoi des femmes choisissent-elles de s’engager en politique ? Comment vivent-elles leur engagement ? Comment font-t-elles campagne ?
A l’occasion des élections régionales 2010, j’ai choisi de « suivre » des candidates de quelques-unes des listes.
Durant deux à trois mois, elles ont accepté de participer à la série Carnet de campagne : portrait, suivi durant la préparation et le déroulement de la campagne, bilan quelques semaines après les résultats et les prises de fonction éventuelles…
Premier portrait avec Alexandra Siarri, numéro 2 sur la liste UMP menée par Xavier Darcos. Suivra celui de Marie Bové, tête de liste Gironde pour Europe écologie emmenée par Monique de Marco…

"Elle aime parler de ses origines modestes et agricoles en terre charentaise, mais surtout de l’omniprésence de la famille, de sa famille, dans son parcours. De son enfance, elle dit qu’elle a été « remplie d’amour ». Elle parle volontiers de son père, directeur d’une maison familiale rurale, où les cours étaient dispensés en alternance à des jeunes sortis du parcours scolaire classique. Elle évoque aussi sa mère - enseignante de français et secrétaire dans cette même maison familiale -, son frère aîné, ses grands-parents et une kyrielle d’oncles et de tantes, de cousins et de cousines. La famille est nombreuse et surtout très engagée en politique. Son père, Marc Courjaud est conseiller général en Charente ; les autres membres de la tribu, conseillers municipaux pour la plupart : « c’est une totale marque de fabrique. J’ai compris un peu tardivement que tout le monde n’était pas comme ça. En même temps, personne n’est encarté. On ne comprend d’ailleurs pas bien le concept »."

Pour lire la suite du portrait http://www.carnetdebordeaux.fr/2010/01/21/portrait-de-campagne-alexandra-siarri/

vendredi 22 janvier 2010

Je suis numéro 2.....

Je suis en campagne. Mes sens sont en alerte permanents. Plus une seconde de ma vie  n’échappe à ce chiffre !

Mon carnet d’adresses va finir par se rebeller tant je le sollicite…tant je le remplis aussi en m’obligeant à étouffer ma timidité et à apaiser mes doutes.

Je rencontre des dizaines de nouvelles personnes chaque jour et le spectre de mes intérêts à la vie collective  est définitivement illimité.

Je sais déjà que je serai orpheline de ces temps si particuliers de débats républicains. Ces 100 jours seront un point d’orgue exaltant et cruel….je le sais.

N°2 exige d’accepter de recevoir l’amitié ou de subir le désaveu  d’inconnus qui ne chercheront à savoir qui vous êtes que dans un second temps et  si l’occasion se présente.

N°2 impose d’aller de l’avant, partout, pour vous faire reconnaître …en tout cas connaître. La plupart des mots échangés et des visages écoutés sont exigeants. Ceux qui m’apprennent candidate me questionnent et nous immergent toujours, dans un face à face concret.

Je retrouve dans ces échanges, les raisons profonds de mon engagement politique : chacune de mes rencontres a une idée de son territoire, de sa région, des directions vers lesquelles tendre, des  dangers qui la menacent. Mais tous soupçonnent le candidat de s’adonner à un exercice de style mixant le marketing, la « bien pensance » et l’approximation.

Je suis numéro 2 pour les élections régionales.

Etonnamment ces élections là sont boudées parce qu’incomprises…. Et pourtant  les conseillers régionaux ont une immense responsabilité : aménagement du territoire, transports, formation, emploi, développement économique, santé, culture…. Ils décident de la structure de nos vies et surtout ils sont garants de l’avenir …leurs décisions s’imposent sur tout le territoire donc sur celui de nos communes et de nos départements. La région est l’interlocutrice naturelle de l’Europe : plus personne n’ignore que notre destin est européen aussi.

Pensez à ce débat tout simple, des poubelles qui débordent  dans notre Bordeaux patrimoine mondial de l’Unesco …la question n’est pas de savoir qui de la Cub ou de la mairie ramassera plus souvent ou différemment nos déchets. La réponse est tout simplement  à la région qui doit donner les moyens aux entreprises de passer le cap de la révolution écologique en produisant moins de déchets, en concevant donc autrement …peut être des services plutôt que des produits en tout cas des produits  « décarbonnés »…..

Soyez conscients qu’à l’heure ou l’on nous dit que 600 000 emplois verts seront crées, rien ne sera possible si les formations ne permettent pas d’appendre ces nouveaux métiers, si les chercheurs ne travaillent pas de concert avec le monde de l’entreprise….

Je suis numéro 2 sur la liste UMP derrière Xavier Darcos ministre. Je mesure l’immense responsabilité qui m’a été donnée et la confiance aussi ! Rendez vous compte c’est une brèche citoyenne éminemment vertueuse : non encartée, élue depuis à peine deux ans je peux accéder à une élection de cette nature et frotter mes idées à un homme qui gère les affaires de notre pays. Comment peut on voir cette opportunité autrement que comme le symbole d’un système politique qui s’adapte au bruit de la rue qui gronde ???

Je suis en place et bien décidée à faire entendre la voix de l’écologie et de la solidarité dans ces élections régionales, à contribuer à ma mesure et en toute humilité à ces défis du nouveau monde qui s’imposent à nous.

Je suis en place, je suis aussi à ma place comme beaucoup pourraient l’être s’ils décidaient de redonner leur confiance au combat de la noble  politique.

Etre en campagne, c’est se donner les moyens de sa liberté de parole et participer  j’en suis certaine, à la quête collective de « fraternités productives ».

 

jeudi 24 décembre 2009

par delà les clivages politiques

Depuis 2007, les Verts n'ont plus le monopole de la défense du développement durable.

L'écologie est-elle nécessairement, comme l'affirment les Verts, de gauche ? En en faisant l'un des thèmes majeurs de la présidentielle de 2007, Nicolas Hulot a fait exploser la planète écolo. Aujourd'hui tous les partis politiques revendiquent leur part d'écologie. À droite, comme à gauche.

Les Verts eux-mêmes évoluent. En leur sein, les tenants de l'«écologie populaire» ne sont plus majoritaires. Les élections européennes de juin dernier, à travers le rassemblement Europe Écologie, ont fait éclore une nouvelle génération d'écologistes, pour la plupart issus du monde associatif ou de la société ci­vile. De nouveaux visages, loin, très loin du cliché des anciens écolos mi-babas, mi-gauchistes, sont apparus. Il s'agit de la juge Eva Joly, de l'ancien dirigeant de Greenpeace, Yannick Jadot, ou encore de l'ancien bras droit de Nicolas Hulot, Jean-Paul Besset.

Ne pas parasiter la campagne

Pour les élections régionales, les Verts ont décidé de poursuivre leur ouverture. La moitié de leurs candidats devraient être des non-Verts. Certes, cela ne se fait pas sans quelques grincements de dents au sein du parti écologiste. Mais pour l'heure, les militants ont décidé de taire «provisoirement» leurs querelles.

Samedi dernier, dans une brasserie parisienne, les frères Cohn-Bendit, ­Daniel et Gabriel, ont officiellement enterré la hache de guerre avec la direction du parti, qu'ils jugent «parfois sectaire», jusqu'aux élections régionales. Objectif : ne pas parasiter la campagne par des débats «de cuisine interne». «Mais, dès le 23 mars, au lendemain des élections, nous ressortirons les couteaux», prévient Gabriel Cohn-Bendit, qui préside l'association des Amis d'Europe Écologie.

Parmi les points de clivages, qui opposent les frères Cohn-Bendit à la direction du parti, figure la question des alliances. «Dany», par exemple, est partisan de dialoguer avec le MoDem. Député de ­Loire-Atlantique, François de Rugy est sur la même ligne. Cet été, il s'est rendu à l'université d'été du parti de François Bayrou. «Gaby», lui, va encore plus loin et brise un vieux tabou chez les Verts. «Il faut arrêter de stigmatiser les gens qui ne sont pas de gauche. Il y a des gens très bien au centre, voire à droite, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, avec qui on peut discuter», dit-il. Secrétaire général de l'association, Alexandre Faro estime encore qu'il «faut arrêter de toujours parler d'ouverture à gauche». «Moi, j'ai plus à échanger avec Jean-Louis Borloo ou Chantal Jouanno qu'avec Benoît Hamon ou Arnaud Montebourg qui n'ont rien compris à l'écologie», dit-il.

Une démarche mise en pratique, il y a une dizaine de jours, à l'occasion d'une réunion «transpartis» sur les enjeux du sommet de Copenhague, qui s'est tenue dans une salle de l'Assemblée nationale. Organisé par le député de Paris Yves Cochet, ce forum a réuni autour de la même table Daniel Cohn-Bendit, François ­Bayrou, Michel Rocard, et deux parlementaires de l'UMP et du Nouveau ­Centre. Seule la direction du PS avait boycotté cette réunion.

Mais après avoir courtisé la direction des Verts, Nicolas Sarkozy et l'UMP dénoncent aujourd'hui l'idéologie de la «décroissance» des Verts. Ils mettent en avant le Grenelle de l'environnement et les efforts déployés par Borloo et Sarkozy pour la réussite du sommet de Copen­hague pour séduire l'électorat écolo.

Pour autant, à la différence des Grünen allemands , les Verts français ne sont pas encore assez mûrs pour envisager des alliances locales ou des coalitions avec la droite. Au-delà de ce début de dialogue avec elle et le centre, leur partenaire naturel reste pour l'heure le PS. Un partenaire qu'ils entendent néanmoins défier au premier tour dans chacune des 22 régions en mars. Et à qui ils rêvent de ravir au moins trois régions, dont l'Ile-de-France.

De son côté, l'Alliance écologiste indépendante (AEI), qui a obtenu près de 4 % des voix aux européennes de juin, n'a pas fait ce choix de l'ancrage à gauche. Lors d'une conférence de presse, la semaine dernière, l'un de ses dirigeants, Jean-Marc Governatori, n'a pas exclu que des accords puissent se faire dans certaines régions avec la droite : «Nous n'avons pas d'a priori sur le second tour.»

Source : Rodolphe Geisler - Le Figaro - 01/12/2009 |

lundi 21 décembre 2009

Gaz à effet de rêves - Serge Orru à Bordeaux

Le 07 décembre dernier, à l'Entrepôt Lainé nous avons écouté, interrogé, débattu avec Serge Orru. Il nous a livré ce texte en préambule à cet échange...

"Nous voici pris entre le fossile et le marteau ...
Le marteau du péril climatique qui menace l'humanité et les énergies fossiles que nous dévorons comme des gloutons. Resterons-nous sourds comme des enclumes ?
L'addition de notre addiction au carbone sera bien lourde à payer pour les générations futures .
Nos fumées sont devenues les armes de destruction massive de notre environnement naturel ,immédiat et lointain .
De la lutte des classes à la lutte des glaces , la justice climatique s'hybridera t'elle à la justice sociale ?
Le sommet de Copenhague ne sera t 'il qu'une sirène de détresse pour les passagers de la terre ?
Ou sûrement , le formidable processus d'une gouvernance mondiale car les gaz à effet de serre (GES) n'ont pas de frontière et l'érosion accélérée de la biodiversité sur terre et dans les océans nécessite des règles internationales à respecter et à faire respecter sans délai .
Pour rappel en 2050 , nous ne devrons émettre que deux tonnes de CO2 par habitant pour éviter de dépasser de plus de deux degrés la température moyenne terrestre .
Aujourd'hui , un français émet 8 tonnes de CO2 . Un allemand : 9 tonnes . Un américain du Nord : 21 tonnes . Un chinois : plus de 4 tonnes . Un indien : 1 tonne .En 2008 , nous avons envoyé près de 10 milliards de tonnes de carbone . Un record mondial d'inconscience !
Laissons s'époumonner les négateurs qui font leur fiel sur le GIEC , prix Nobel de la Paix .
Mettons toutes nos énergies et soyons enthousiastes pour inventer une nouvelle ère légère .
"Pour inventer le futur , il faut le créer maintenant "
Évaluons l'énergie , les moyens et tous les talents investis et utilisés pour édifier notre actuelle société dîte du progrès qui s'avère insoutenable pour nos enfants et petits enfants .
Alors , imaginons que nous puissions mettre immédiatement toute l'inventivité , l'intelligence collective et la générosité humaine dans la réalisation d'une société planétaire qui respectera l'empreinte écologique , l'empreinte des droits humains et l'empreinte sociale où l'équité et le respect de la biodiversité seront enfin l'étalon-or .
C'est possible , ici et maintenant !
C'est l'effet des gaz à effet de rêves ...
Décidons le à Copenhague et dans nos vies !
Et faisons-le savoir aux dirigeants du monde !
À propos , avez-vous signé l'Ultimatum Climatique ?
Nous remettons les 500000 premières signatures au président Sarkozy ce 10 décembre .
Mais , que diantre , il nous faut continuer jusqu'au 18 décembre à faire le buzz à oreilles .
L'ultimatum climatique est l'affaire de chacunE !!!

Serge Orru 06/12/09 - Retrouvez Serge Orru sur le Réseau Planète Attitude

jeudi 10 décembre 2009

Qu'il est doux ce bruit là pour Terra Eco

J'ajoute aujourd'hui, une nouvelle corde à mon arc ! Terra Eco m'a fait l'immense joie de me demander d'écrire pour eux, ce que j'ai accepté sans aucune hésitation. Voici donc un extrait du 1er article publié cette semaine...

Qu'il est doux ce bruit là !

"Aubervilliers est aujourd’hui plongé sous une pluie glacée. Je m’engouffre dans une salle immense et exclusivement militante. Sur ce fauteuil trop rouge, j’attends qu’on m’appelle, que soit validé mon statut inattendu de candidate aux prochaines élections. Ma présence dans ce lieu théâtral est exceptionnelle. Mais elle est le fruit d’une avide curiosité. Je ne connais pas le programme du jour, je viens docilement me prêter au jeu de ce parcours initiatique."

Pour lire la suite sur Terra Eco.

lundi 7 décembre 2009

L'élu doit avant tout arbitrer

La salle est comble.

Les premiers rangs sont prisés : ils sont opposants. La gestuelle est guerrière.

Bordeaux Bastide : le quartier que je ne faisais que traverser étudiante, en m’étonnant chaque dimanche, du nombre de feux….verts, après ce grand virage de la côte des quatre pavillons, tellement vertigineux quand on y voyait la grande roue foraine.

Depuis et avec le tramway, la Bastide est un quartier de la ville ou l’on choisit enfin d’aller, en y entendant leur musique particulière, un certain avant gardisme, puisant au fond de l’histoire bordelaise une étincelle rugissante.

Etre Bastidien, c’est être plus que Bordelais.

Ce soir, nous sommes face à une centaine d’entre eux qui exigeront qu’on leur réponde sur le champ. Les questions sont précises, les arrières pensées tout autant, mais elles sont vécues, débattues et tout simplement conquérantes.

Le ton est donné, il est haut en couleurs.

Surtout ne nous y trompons pas : c’est exaltant pour un élu de savoir qu’on peut débattre dans la contradiction et l’émotion.

Les débats sont multiples et urgents ….les bras se sont tendus vaillamment en moyenne 15 minutes pour les soumettre. Tous partagent la conviction de défendre leurs intérêts que nous élus et fonctionnaires de la ville ne prendrions pas suffisamment en compte voir pour certains que nous délaisserions intentionnellement . Aucun en revanche ne s’étonnera jamais que les questions appellent à quelques minutes d’intervalle des réponses publiques littéralement contradictoires. C’est notre job ….nous avons été élus pour entendre ces contradictions , les dépasser, les solutionner dans l’intérêt général. C’est plus que notre job, c’est notre responsabilité, l’essence même de notre engagement.

Quelques exemples de ce casse tête démocratique :

Cette citoyenne déplore le manque d’équipements sportifs de proximité …elle est appuyée par ceux qui trouvent anormales les 45 minutes de transport des petits bastidiens pour aller à Bordeaux Lac s’adonner aux mouvements salvateurs du corps . Plus tard, dans cette salle applaudie des mêmes mains, une femme dira que le regroupement des jeunes au « city stade » ( équipement sportif de très grande proximité !!!) la tracasse !!!!

Cette dame déplore la mise en place d’un périmètre visant à contrôler l’urbanisme pour qu’aucune construction ne balafre l’ensemble de vie …ce périmètre dévalue mais plus tard on regrette avec révolte que des mesures conservatoires quasi identiques n’aient pas été prises assez tôt pour éviter qu’on ne construise en hauteur et ou sans âme…..tout en insistant bien sûr sur le manque de logements sociaux qui passe aussi pourtant, qui peut le nier ? par de la construction en hauteur.

Enfin un homme finit par prendre la parole …sauf que lui s’agite vraiment ….marchant dans un va et vient inquiétant…il parle de la mosquée …il ne la veut pas….sa sensibilité politique affleure, sa colère titanesque et froide aussi.

Une dame ayant levé la main sans discontinuer, au fond de la salle parlera elle de ces familles de l’est qui squattent sans ressources alors qu’en plus d’être nos frères humains ils sont nos amis européens. Une autre déjà avait évoqué les gens du voyage dont l’espace de vie est trop restreint. Ils n’ont pas confronté leurs points de vue diamétralement opposés…non, non ils se sont adressés exclusivement au maire de la ville.

Le maire a répondu à tout, n’esquivant aucune question, assumant leur ton et l’esprit qui les conditionne, mettant en exergue les contradictions des réponses attendues voir exigées. Le maire est au centre du groupe que nous formons …ce groupe qui a été choisi sur un programme pour mettre en œuvre une politique pendant 6 ans, ce groupe qui doit entendre, arbitrer et assumer.

Je suis là tapie , voyant le temps qui passe trop vite dans une ambiance profondément libre et passionnée. Nous parlons du vivre ensemble tout simplement, de l’attachement à son territoire à son identité, à l’humanisme qui les fait vivre.

Evidemment le développement durable qui nous chuchote l’exigence d’inventer un monde différent prend toute sa place dans ce conseil de quartier : construire ensemble, en dépassant ses intérêts et angoisses propres pour préparer l’avenir compromis de nos individualismes dangereux ……. Le développement durable ce soir là occupait toute sa place mais à aucun moment il n’a pas pu être exprimé comme tel.

L’élu devait arbitrer l’urgence du quotidien à l’échelle d’un mandat … point de place pour l’urgence écolo prospective révolutionnaire.

dimanche 8 novembre 2009

Les Solidarités dans le développement durable : Débat ouvert à Bordeaux

6 novembre, Bordeaux sous une pluie tenace.

Pourtant, des centaines de personnes ont convergé vers les quais au Hangar 14 pour parler des solidarités.

Cinq espaces d’évidence vitale, accueillent le tout à chacun : logement, lien social, précarité, enfance/famille, vieillissement. Cinq univers partagés, qui depuis des mois sont ouverts aux débats libres. Un débat avec les citoyens au cœur des quartiers, avec les fonctionnaires quel que soit leur poste, avec les partenaires de la ville.

La place des pères dans l’éducation, les nouvelles formes d’habiter dans les écoquartiers,  notre regard sur l‘allongement de la durée de la vie, la culture pour lutter contre la précarité….

Autant de sujets pour débattre, libérer la parole. Il ne s’agit pas  de se laisser aller à un discours hégémonique faussement compatissant. NON, il s’agit d’écouter et surtout  d’entendre tout ce qui se délite, s’abîme, oppresse et tout ce qui se construit, s’innove et se crée dans notre ville.

17H, Corine Lepage, Alain Juppé, P Saglio et J L  Sanchez concluent la journée en ouvrant le spectre des questionnements comme des possibles. Leurs mots tambourinent encore aux portes de mes émotions et exaltent mon engagement pour notre cité.

A Juppé rappelle quelques définitions oubliées, celle de l’économie « gestion des ressources rares » détournée au profit de la démesure, celle de la nation de Renan  autour de l’idée d’un « plébiscite de chaque instant ».  Les mots que je retiens : « Retrouvons le bonheur de vivre ensemble »

C Lepage nous confirme nos craintes : le développement durable est vu depuis l’Europe sous l’angle quasi exclusif de l’environnement . Elle nous exhorte doucement à nous nourrir de ce qu’il y a de plus moderne ( croissance verte) et de plus traditionnel ( le rapport originel à la terre et à l’humanité ) partout dans le monde. Elle dit encore « Associons les plus modestes à la construction de notre nouvelle société »

Ces politiques là débattent…débattant ils choisissent de facto, d’assumer que les solidarités ont une part incontestable dans le DD.

P Saglio président d’ATD quart monde ( « que tous accèdent aux droits de tous ») martèle trois idées : multiplions  le nombre de bénévoles engagés dans la citoyenneté, Mettons tout en œuvre pour éradiquer la très grande pauvreté , retrouvons l’envie de l’autre…. . « Nous ne survivrons que dans la fraternité !!! »

JL Sanchez, délégué général de l’observatoire national de l’action sociale décentralisée se révolte que la France soit considérée à l’étranger, riche de droits mais pauvre de liens,…. la France doit assumer sa responsabilité universelle pour nous projeter dans le monde de l’espérance .  « La crise doit offrir l’opportunité de  tous nous repositionner par rapport au lien social »

Prenez vos plumes et ou tapez sur les touches de votre clavier, venez rejoindre ceux qui nous interpellent dans les réunions de quartiers,….venez nous bousculer avec vos idées, vos colères, vos projets……Faisons vivre notre projet social ensemble.


Solidarités Bordeaux - Alexandra Siarri

lundi 21 septembre 2009

De la difficulté d'être soi en politique

- Être écolo sans être vert.

- Faire de la politique sans avoir défini son plan de carrière.

- Être élue au logement en restant affamée de tous les autres sujets de nos vies.

- Travailler avec A Juppé (UMP) en tant qu'élue, et avec V Feltesse (PS) en tant que fonctionnaire.

C'est la voie étroite que j'ai choisie d'emprunter et de revendiquer.


Je n'ai jamais beaucoup aimé tout ce qui relève du corporatisme, des réseaux fermés, du militantisme définitif car ils portent en eux les germes de la consanguinité. Rester entre soi, convaincus de détenir la vérité, endort la réflexion, génère des "arrangements entre amis", exclut trop souvent le débat.

J'anime pour le compte de la Communauté Urbaine de Bordeaux les "juniors du développement durable". Depuis 10 ans, tous les élus à l'unanimité soutiennent ce programme unique en France et Vincent Feltesse lui a donné une nouvelle dynamique. L'éducation au DD est un chantier énorme.

Je suis élue au logement, à l'écohabitat, à l'énergie à la ville de Bordeaux et j'attache une importance capitale au logement pour tous et notamment à celui des plus démunis d'entre nous. Il n'y a pas assez de logements sociaux et très sociaux  dans notre ville. Nous travaillons pour que ça change. Je suis pour que le squat André Meunier devienne un lieu alternatif  ( et complémentaire) d'accueil des hommes et des femmes de la rue.

A Juppé me confie une nouvelle mission pour que la politique de DD de la ville s' exprime plus facilement, plus rapidement, plus simplement encore dans la vie des bordelais. Je suis contre l'écofascisme . Je suis pour des écoquartiers qui permettent d'organiser la préservation de nos ressources et l'intégration de tous. Je ne pense pas qu'il faille pousser les citoyens à copier à l'identique les bonnes pratiques de leurs voisins. Je crois à l'impérieuse responsabilité des collectivités à : 

- mettre en service des équipements pour que les citoyens adoptent des comportements vertueux ( tramway, pistes cyclables, bâtiments publics basse consommation....)

- accompagner le plus grand nombre à trouver les modalités de leur propre révolution écologique , éveiller les esprits critiques face à nos modes de consommer, de nous déplacer, de vivre ensemble, partout diffuser demander organiser des formations....

- mener des actions symboliques et cohérentes ( plus de sacs plastiques sur nos marchés, des dimanches sans voitures le plus souvent possible, des annuaires distribués seulement à ceux qui le demandent, plus aucuns grands magasins allumés la nuit....)

Je ne veux par réfléchir en termes de stratégie personnelle, de mise en scène, de logique territoriale, d'audience.

Je veux être libre et audacieuse pour être utile. Je veux faire de la politique qui sert, qui combat les idées toutes faites, qui partage des doutes, qui rencontre des espoirs et des désespoirs.

Ce petit article de quelques lignes, très égo centré me permet de répondre à tous ceux "contempteurs, thuriféraires et agresseurs" qui depuis deux ans m'invitent à plus de discipline au service de leur cohésion, me soupçonne  d'être "non respectueuse" de mon statut ou de mon engagement et à définir plus clairement mon projet politique personnel.

Ce qui m'intéresse, c'est de participer avec beaucoup d'autres à la création d'une nouvelle société humaniste et républicaine et d'y participer aussi vite et aussi loin que je le pourrais....

En ce moment ce qui me taraude c'est cette notion dont parle de plus en plus par exemple bettina Laville : l'usage remplacerait la propriété...et pourquoi pas?????