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lundi 1 juin 2009

L'élu se doit d'être un maillon actif de la chaîne de pensée

L'élu comme chaque homme et femme se construit à partir de ses origines charnelles et symboliques, de son quotidien émotif et formel. Il se nourrit des autres. S'il n'est pas curieux de l'autre, affamé d'échanges, il ne peut pas comprendre.

 

 

"Gouverner, c'est prévoir", anticiper en comprenant les enjeux globaux.

 

Trois méthodes, selon moi,  s'offrent à l'élu local ...pour appréhender ces enjeux :

 

- le temps, l'expérience, sa  propre sagesse : mais ils sont rares ceux qui peuvent s'en prévaloir, rares ceux qui ont résisté à l'envie d'être élu pour que perdure le sentiment  d'influence et de privilèges.

 

- l'exceptionnelle intelligence, celle qui raccourcit les temps de compréhension en un éclair....mais elle s'accommode là aussi rarement aux réalités du terrain....les temps se décalent... celui de la prospective et celui du quotidien.

 

- la formation permanente, la lecture, l'information lettrée parallèlement à celle du vivant.

 

Un mot sur cette troisième voie, à laquelle je suis très attachée.

Elle est accessible à tous, tandis que les deux premières sont réservées de fait.

Un mot et un exemple symptomatique : le développement durable, cet enjeu fondamental qui nous invite à raisonner autrement, à envisager très sérieusement une révolution sociétale, à bousculer nos consciences ...

 

C'est tellement énorme comme défi : comment se priver de l'éclairage des journalistes, des philosophes, des chercheurs ? ? ?

 

Je suis convaincue que l'élu local ne doit jamais se priver d'écouter ceux qui consacrent leur vie à l'étude, à la réflexion, à l'analyse. Avancer avec pragmatisme, mais toujours avec les yeux grands ouverts sur les autres et les oreilles  vibrionnantes aux murmures de ceux qui prennent le temps de la pensée.... la leur et celle de ceux qu'ils analysent.

 

Kempf, Serres, Gordon, Maalouf, Ellul, Orsena, Attali....et tant d'autres sont une aide précieuse pour moi en ce moment pour avancer.

samedi 23 mai 2009

Des mangas verts ! Chouette

En septembre dernier, des professionnels de la bande dessinée de 26 pays se sont réunis à Kyoto pour leur 9ème sommet consacré à l'innovation environnementale.

A acheter donc, si vous êtes fans de mangas

Yoshitoh Asari,  Manga Science Tome 4 consacré à la planète bleue

 

 

 

Jimpachi Mori, Hideaki Hataji, Tomiko Suzuki, Les fils de la Terre

 

 

 

 

Hayao Miyazaki, L'odyssée écologiste de Nausicaa

Jirô Taniguchi, Les promenades contemplatives

Et puis si l'un d'entre vous en connaît d'autres, faîtes nous un petit commentaire !

 

mardi 12 mai 2009

Culture et développement durable : Kézako ?

Dans l'art aussi, les problématiques environnementales sont au coeur des préoccupations de la nouvelle génération de plasticiens.

L'association COAL, la coalition pour l'art et le développement durable est la tête chercheuse des initiatives les plus percutantes.

www.projetcoal.fr

www.institparis.fr

Par exemple, Mark Dion, artiste engagé américain a organisé une fouille archéologique dans la Tamise à Londres. La récolte (cannettes, bouteilles, déchets plastique) fut présentée à la Tate Modern et aujourd'hui à Paris à la galerie In Siter.

M.Dion "Iceberg and palmtrees", 2007

 

 

dimanche 3 mai 2009

Le cinquantième livre de Michel Onfray : une pure merveille

Dans la "religion du poignard" Michel Onfray fait l'éloge de Charlotte Corday.

Je ne résiste pas au plaisir de vous en livrer quelques petits extraits ...

"Tout commence le 13 juillet 1788 avec un orage de très gros grelons qui couche les blés, les pourrit et détruit les cultures....une anédocte météorologique ici appelée là-bas à produire une révolution...."

"Le blé faisant défaut le pain vint à manquer. Le peuple a faim. Les Révolutions ne se déclenchent pas à la lecture du Contrat social de Rousseau, De l'esprit des lois de Montesquieu, encore moins de l'Ethocratie du baron d'Holbach....Elles montent des rumeurs anonymes de la rue quand les miséreux, contraints par leur état, ne peuvent plus autre chose que demander la fin de leur malheur..."

Onfray fait donc l'éloge d'une femme qui ne se contente pas de pérorer dans un temps où l'on parle beaucoup, souvent à tord et à travers : elle AGIT.

lundi 23 mars 2009

Fraises espagnoles : scandale écologique

D'ici à la mi-juin, la France aura importéd'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes. 

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une  maind'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver.

Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau. 

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des  pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place. 

Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...

La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...Par Claude-Marie Vadrot - Politis jeudi 12 avril 2007

samedi 6 décembre 2008

Paul Virilio, le météo-politologue

Conçues par l'urbaniste et l'essayiste Paul Virilio, pour l'exposition conjointe avec Raymond Depardon à la fondation Cartier, 2 installations visent à mettre en évidence "la dimension cosmique et la tragédie en cours".

Paul Virilio réfléchit depuis 30 ans à un phénomène industriel, électronique, médiatique boursier universel : la VITESSE qui a bouleversé notre époque.

Entendez l'extraordinaire accélération que connaissent les transports terrestres, aériens, spatiaux qui rapetissent notre Terre, mais aussi les communications et télécommunications qui abolissent le temps et les distances pour nous faire vivre dans l'instantané.

Après l'ère révolutionnaire, après le chant du progrès, nous entrons dans l'ère "révélationnaire". La révélation que le monde est fini, menacé d'épuisement, devenu trop petit pour nos sciences, nos techniques, nos machines.

Dans les sous-sols de l'exposition, "Terre Natale ailleurs commence ici" de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paul Virilio a installé une station météo et un stock exchange, 2 cartes montrant dans un cas qu'il est impossible de réfléchir à la politique des états nations, des frontières et des libertés individuelles sans tenir compte des nouvelles données météorologiques au sens large : du réchauffement climatique aux bombes téléguidées et dans l'autre cas, les mouvements de population autour du monde : migrations climatiques.

Selon Paul Virilio, la plupart des hommes se transformeront les uns en "nomades partout chez eux, les autres en sédentaires habitant nulle part.

Une exposition qui nous fait penser à certains écrits de Jacques Attali, une exposition qui nous conforte dans l'idée qu'il faut agir vite partout de toutes nos forces.

Sources Le Monde

vendredi 12 septembre 2008

Paul Virilio, le météo politologue

Conçues par l'urbaniste et l'essayiste Paul Virilio, pour l'exposition conjointe avec Raymond Depardon à la fondation Cartier, 2 installations visent à mettre en évidence "la dimension cosmique et la tragédie en cours".

Paul Virilio réfléchit depuis 30 ans à un phénomène industriel, électronique, médiatique boursier universel : la VITESSE qui a bouleversé notre époque.

"Entendez l'extraordinaire accélération que connaissent les transports terrestres, aériens, spatiaux qui rapetissent notre Terre, mais aussi les communications et télécommunications qui abolissent le temps et les distances pour nous faire vivre dans l'instantané."

"Après l'ère révolutionnaire, après le chant du progrès, nous entrons dans l'ère "révélationnaire". La révélation que le monde est fini, menacé d'épuisement, devenu trop petit pour nos sciences, nos techniques, nos machines."

Dans les sous-sols de l'exposition, "Terre Natale ailleurs commence ici" de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paul Virilio a installé une station météo et un stock exchange, 2 cartes montrant dans un cas qu'il est impossible de réfléchir à la politique des états nations, des frontières et des libertés individuelles sans tenir compte des nouvelles données météorologiques au sens large : du réchauffement climatique aux bombes téléguidées et dans l'autre cas, les mouvements de population autour du monde : migrations climatiques.

Selon Paul Virilio, "la plupart des hommes se transformeront les uns en "nomades partout chez eux, les autres en sédentaires habitant nulle part."

Une exposition qui nous fait penser à certains écrits de Jacques Attali, une exposition qui nous conforte dans l'idée qu'il faut agir vite partout de toutes nos forces.

Sources Le Monde