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Balise - capitalime

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jeudi 1 avril 2010

Abandon de la taxe carbone

Interview de Jean Marc Jancovici - Le gouvernement renvoie la taxe carbone au panier. Raison invoquée ? Une dîme franco-française menacerait la compétitivité des entreprises et risquerait de plomber l'économie en ces temps de crise. Mais éviter de payer maintenant, c'est se condamner à payer davantage plus tard, soutient Jean-Marc Jancovici, ingénieur et spécialiste des questions d'énergie.

Jean-Marc Jancovici : Oui. Cette taxe - quel nom horrible ! - doit être vue comme une prime d’assurance. Or jamais personne n’a proposé de supprimer les primes d’assurance au nom de la défense du pouvoir d’achat. Après tout, quand on prend une assurance, on n’est pas sûr que sa maison va brûler. Mais c’est quand même mieux de payer un peu aujourd’hui pour éviter de payer trop plus tard. Pour la taxe carbone, c’est la même chose : elle doit nous aider à changer nos modes de production et de consommation à notre rythme avant que la nature n’impose cette évolution à marche forcée. Sans changement volontaire, nous serons confrontés à de difficiles récessions. Sans pour autant parvenir à préserver notre pouvoir d’achat.

La production mondiale de pétrole est désormais à son maximum historique. Pour les Européens, la quantité de pétrole disponible va donc très rapidement décliner. Or le prix du pétrole détermine l’économie bien plus fortement que ne le font les décisions de l’Elysée et Matignon. Nous “désintoxiquer” des hydrocarbures est donc une urgence absolue, et la seule manière d’y arriver est de jouer sur leur prix. Les élus, le Conseil constitutionnel, le Medef et les journalistes qui professent le contraire n’ont rien compris aux enjeux. L’abandon de la taxe carbone est une victoire de l’ignorance. Pour l’enseignant que je suis, c’est triste de voir que les cancres ont eu le dernier mot.

T.E. : Comment en sommes nous arrivés là ?

J.-M.J. : Depuis les deux chocs pétroliers de 74 et 79, nous avons créé la vie à crédit. L’objectif était de tenter de maintenir une croissance économique dans un contexte où les flux physiques ne pouvaient plus continuer comme avant. Or, en vendant aujourd’hui des produits qui ne seront fabriqués que demain, nous créons une croissance “artificielle” mais nous créons aussi de la dette. Pour expliquer la crise d’aujourd’hui, on dit que les banquiers se sont conduits comme des abrutis. Mais c’est surtout qu’ils font partie d’un système qui les dépassent et auquel nous avons tous participé. Nous avons construit une montagne de dettes parce que nous n’avons pas accepté la limite physique à la production quand il était temps.

Et, désormais, le plus dur est devant nous. La production mondiale de pétrole va commencer à baisser d’ici dix ans, et sans plan d’urgence nous allons enchaîner les récessions, à chaque fois dans un contexte où le chômage créé par la précédente crise n’aura pas encore eu le temps d’être absorbé. Je vous laisse imaginer la facilité à gérer la situation… Et que proposent le Conseil constitutionnel, le gouvernement et le Medef ? D’aller se cogner la tête encore plus vite contre le mur !

T.E. : Mais pourquoi le gouvernement préfère-t-il néanmoins rebouter la taxe carbone ?

J.-M.J. : Parce que, même si cette idée peut sembler monstrueusement prétentieuse, à quelques exceptions près nos élus, nos ministres, les magistrats du Conseil constitutionnel et la patronne du Medef sont des ignorants en matière d’énergie. Il est physiquement impossible de les asseoir quatre heures dans une salle de classe et de leur faire un condensé de ce qui est désormais appris par une fraction croissante de nos ingénieurs et compris par une fraction croissante des dirigeants d’entreprises industrielles. Ils n’ont aucune idée de la dépendance des indicateurs économiques classiques - dont le PIB - aux ressources naturelles, dont les hydrocarbures.

Ils croient qu’ils continuent d’évoluer dans le monde infini. Ils fonctionnent avec des réflexes acquis il y a 30 ans et qui sont devenus dangereux aujourd’hui. Je regrette que les médias comme les mouvements environnementalistes aient quasi-exclusivement insisté sur l’aspect climatique au détriment de l’aspect dépendance aux hydrocarbures importés. L’un n’exclut pas l’autre, au contraire : les échéances pour l’action et les mesures à prendre (augmenter le prix de l’énergie, se reposer de manière croissante sur le nucléaire et les renouvelables) sont essentiellement les mêmes. Mais la sanction en cas d’inaction ne se situe pas à la même échéance : pour la menace climatique on parle de décennies. Pour la dépendance aux hydrocarbures, cela nous a déjà coûté 500.000 chômeurs. Il serait temps de le comprendre.

Source : Terra Economica 

jeudi 7 janvier 2010

L'or vert de Dominique Nora

On doit à la silicon Valley (Californie) la révolution des semi-conducteurs (années 70), celle de la micro informatique et des biotechnologies (années 80), celle de l'internet (années 90). Elle est aujourd'hui le laboratoire monidal de l'économie verte, où une poignée d'aventuriers est en train d'inventer notre avenir ...


Attention, "les Americans ecolo" ne sont pas des doux rêveurs animés par le seul souci du bien être des générations futures mais de redoutables hommes d'affaires...

Ce livre est une mine d'informations et une source d'espoirs !!!! je l'ai adoré et je vous le conseille..de nombreux articles à suivre y feront référence.

samedi 14 novembre 2009

Les cafés équitables écrasés par les dosettes NESPRESSO de NESTLE ! !

C'est quoi un café équitable ? C'est un café qui a obtenu l'un de ces labels.

Pour Max Havelaar, c'est un café acheté à un prix qui permet aux producteurs de préfinancer leur récolte et de s'organiser en coopérative.

 

Pour Rainforest Alliance et UTZ, c'est un café dont la culture garantit la biodiversité.

 

PARCE QUE MINE DE RIEN, le café c'est la première vente de l'épicerie, le "produit de fond de panier".

5% des foyers français ont adopté le système NESPRESSO de NESTLE, le véritable pionnier du café individuel.

Gain de l'entreprise : 1,3 milliards d'euros. Les ventes de dosettes progressent de 20 à 30 % par an ! ! De plus le prix d'un café en capsule coûte en moyenne 5 fois plus cher, compter 30 à 40 centimes pour un NESPRESSO et de 6 à 7 centimes pour un café filtré ! Sans parler du prix de la cafetière, environ 180 euros pour une machine NESPRESSO et environ 30 pour une machine à café standard. Faut il aussi parler du prix écologique de la capsule : à produire, à jeter, à incinérer...

Le café est un symbole de la "débauche de marketing" et de la course à la part de marché. En pleine période de crise et de soi disant conscience écologique, pourquoi laisse t'on faire ça, je ne comprends pas...

dimanche 13 septembre 2009

Pages jaunes : Inconscience écologique au service d'un modèle économique dépassé

Bonjour à tous,

Le temps de la distribution papier systématique des bons gros annuaires empaquetés (puis entassés sur nos trottoirs...) est malheureusement revenu!!!!!!!!

Le temps de la colère aussi puisque les pages jaunes n'ont rien changé.

Si ce n'est la mise en ligne d'un site qui nous permettait de nous désinscrire....site dont on a peu entendu parler....quasi pas de communication et si peu de relations presse

Sur Bordeaux, le nombre de connexions enregistrées au cours du mois de février a été de 674. Suivies de 1 000 connexions, par la suite entre mars et juin. Les demandes de désinscription sont majoritaires ( 67%).

C'est peu, au regard du gaspillage constaté l'an dernier et inéluctable cette année, c'est beaucoup quand on sait le parcours du combattant pour faire entendre son droit de ne pas recevoir de force des kg de papier sacrifiés.

Les pages jaunes sont dans une situation très délicate : comment répondre à l'urgence écologique et maintenir leur modèle économique et donc les emplois à la clé???

et bien certainement pas en fabriquant des poches en amidon (peut être), en faisant un site sans communication.....bref en faisant peu.... en faisant green washing....en passant en force, sans prospective, sans créativité, sans volonté de coconstruire...

Nous avons organisé une réunion d'urgence à Bordeaux : nous les voyons mardi , le ton va monter inéluctablement, des échéanciers vont être posés....plus d'annuaires jetés sans être ouverts ça ne peut plus être le souhait de quelques militants écolos, ça doit être une réalité très très vite

D'ici là, les annuaires pourront être jetés dans des bacs papier y compris dans les quartiers qui ne sont pas encore équipés du tri sélectif....
Et puis je défendrai de toutes mes forces des sanctions contre cette entreprise qui n'a rien compris et qui contribue à brouiller les messages d'urgence écologique et de responsabilité sociétale...

Aidez moi en faisant part par tous les moyens de votre exaspération....
Je vous envoie mardi un compte rendu exhaustif de cette réunion....
Merci d'avance infiniment de votre engagement

Signez la pétition : http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=1903

mardi 9 juin 2009

Les pères de l'écologie comme politique (1)

André Gorz ( 1923 2007) est un journaliste, philosophe, un intellectuel discret, absent des plateaux de télévision et pourtant..... Au milieu des années 1970, André Gorz publie ses premiers textes importants sur l'écologie, une manière de réactualiser son projet intellectuel et politique initial " une défense de l'émancipation comme mouvement de l'auto-organisation spontanée d'espaces d'autonomie et de coopération volontaire des sujets cherchant une alternative concrète à l'ordre économique et social du capitalisme actuel".

Il a très vite compris et alerté l'opinion sur les conséquences de la crise environnementale...puis craint face à cette crise la mise en place d'une dictature écologiste ( telle que théorisée par Hans Jonas, par exemple), voire ce qu'il nommait un "écotechno-fascisme" : la prise de pouvoir de technocrates "éclairés" prétendant oeuvrer pour sauver la Terre.

Il souhaitait au contraire qu'on mette en oeuvre une sortie civilisée de la crise par une solution démocratique, coopérative et anti-productiviste.

Selon lui, la lutte écologique est nécessairement une lutte anticapitaliste...sa lutte centrale se jouait autour du temps de travail...les gains en productivité devaient selon lui systématiquement être affectés à la réduction du temps de travail.

A la fin de sa vie Il a été extrêmement attentif au développement de l'informatique, des réseaux de communication et surtout des communautés de logiciels libres....

A lire de cet auteur phare de l'écologie politique :

Ecologie et politique,1978

 

Capitalisme, socialisme, écologie,1991

 

 

 

 

Ecologica, 2008

 

 

 

 

Je suis sensible à ces thèses et je vais m'empresser de lire ces livres ....

Je suis d'accord pour que l'on ose parler de décroissance. J'en ai assez  de cette idée caricaturale selon laquelle être de droite interdirait d'y penser et y penser serait la preuve d'être utopiste, révolutionnaire et inconscient ...

Pourquoi ne pas admettre que c'est une piste... et qu'il est urgent d'en débattre et de définir en quoi consisterait clairement cette décroissance, dans notre  quotidien et dans nos  rapports aux autres.

source La revue durable

jeudi 28 mai 2009

La lutte contre la pauvreté n'est elle pas un enjeu fondamental ?

Certains considèrent encore que la pauvreté et le développement durable sont deux sujets distincts. Je crois tout le contraire !

La pauvreté est un fléau absolu. Entre 2002 et 2006 le nombre de pauvres (personne vivant avec moins de 880 euros par mois) est passé dans notre pays, de 7 à 8 millions d'individus.

En 2 ans, le nombre de ceux qui un jour ont fait appel aux banques alimentaires a augmenté de 8%. 37% des maires de France placent les personnes âgées parmi celles qui sont le plus atteintes par la pauvreté, alors qu'ils n'étaient que 18% à le faire en 2001.

Les inscriptions pour les Restau du coeur ont été en hausse de 5 à 10% pour la saison 2008-2009...On pourrait citer des tonnes de chiffres encore, tous plus clairs les uns que les autres.

Le développement durable nous oblige à comprendre comment nous nous sommes autorisés à salir notre planète. Mais le développement durable doit être l'occasion aussi et surtout, de nous questionner sur le nombre de personnes si pauvres qui enfle chaque année.

Tout le monde doit prendre le train de la révolution écologique : les très pauvres, pour qu'ils le soient moins; la "classe moyenne" qui ne doit pas le devenir, les riches qui doivent comprendre qu'on ne veut pas seulement une planète durable mais une planète bonne à vivre pour tous.

Mais, je m'inquiète tout d'un coup... Quel grand homme ou femme politique parle de cet enjeu : la pauvreté à résorber ???

"Il manque quelqu'un, quelque part. Je me retourne, tout le monde est là..."

Source Le Figaro - Yves de Kerdrel

mardi 19 mai 2009

Développement durable et capitalisme

Sans entrer dans une analyse experte du capitalisme (ce dont je suis bien incapable), je veux vous rappeler quelques principes fondamentaux des pères de l'économie.

Adam Smith 1723-1790 : La division du travail accroît la production et la productivité de l'entreprise. La somme des intérêts individuels conduit à l'intérêt général.

Jean-Baptiste Say1767-1832: L'offre crée sa propre demande.

David Ricardo1772-1823 :  Chaque pays doit se spécialiser dans le type de production où il dispose d'un avantage comparatif.

Léon Walras1834-1910 : Les choses sont utiles si elles répondent à un besoin et en permettent la satisfaction.

Karl Marx1818-1883 : Le travail n'est pas un marché comme les autres : il est fondé sur l'exploitation des travailleurs.

Pour ne citer qu'eux... développement durable et capitalisme ! difficile équilibre...