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vendredi 16 septembre 2011

De la bagagerie aux bruits de la rue

Elle est toute petite et l'ambiance est paisible. Les détresses y sont neutralisées le temps d'un café, d'une douche, d'un petit sourire et d'un partage.

Elle avait pourtant fait hurler les voix cette petite bagagerie : des mots avaient claqué au bout de corps raidis, des mots niant la citoyenneté et l'humanité des plus vulnérables. 

Elle est ouverte désormais au 7 rue Ausone à Bordeaux et dans ce tout petit lieu Annick et Catherine font des miracles, prolongeant leur travail bénévole du squat André Meunier (mais maintenant avec un vrai contrat de travail) et ces miracles font parler d'eux et la bagagerie n'est plus un lieu de stigmatisation mais un lieu d'innovation

Le débat uniquement centré sur le financement public du travail social est éculé et démagogique, ne vous y laissez pas prendre !

La bagagerie s'est faite grâce aux financements croisés public / privé. Qu'il était juste et bon de voir à la même table l'Etat, la fondation Abbé Pierre, la fédération du bâtiment, la ronde des quartiers, Domofrance... pour une cause commune.

Et justement, la bagagerie est un symbole de nouveaux horizons. Le travail social doit muter parce que la société française mute, je ne crois plus du tout à l'omnipotence des collectivités et de l'Etat pour accompagner seuls et complètement des plus vulnérables.

Je crois à la nécessité de nouveaux débats de fond qui doivent croiser l'avis d'universitaires, du monde économique, associatif, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires de nos dispositifs.

Les Bruits de la rue ont cette vocation. Les bruits comme les rumeurs et les préjugés qu'il faut combattre. La rue qu'arpentent trop d'hommes, de femmes et d'enfants.

Les Bruits de la rue comme un espoir, un signal, une zone d'influence d'idées qui bousculent et qui rassemblent.

Bordeaux lance les Bruits de la rue et ça commence par des conférences auxquelles j'espère vous viendrez nombreux !

Acte 1 - Serge Paugam le 14 octobre amphithéâtre Duguit "Repenser la solidarité"

Ce cycle est coordonné par le philosophe et directeur de l'UFR de philosophie, Guillaume Leblanc.

mardi 30 août 2011

Les Juniors du DD font leur rentrée

A quelques jours de la rentrée scolaire, les Juniors du DD font aussi leur rentrée.

Reprise du dispositif avec toujours plus d'actions proposées, de nouvelles associations, la formation à l'attention des enseignant et une nouvelle action : Les Juniors philosophent. 

Retrouver toutes les informations sur le site www.juniorsdudd.lacub.fr 

Bonne rentrée à tous ! 

samedi 18 décembre 2010

Pas d’énergies renouvelables sans volonté politique de l’exécutif régional


Début décembre.....Le CESR présentait son rapport sur le développement des énergies marines renouvelables et notamment les conditions de son succès en Aquitaine.

 

J’y étais et je veux partager avec vous ce que j’ai entendu.

Mais avant tout, reprenons les fondamentaux.

 

La France doit produire 20% d’énergies renouvelables d’ici 2020 et réduire d’autant (+3%) les gaz à effet de serre.

 

Les énergies marines représentent un formidable potentiel d’énergies renouvelables particulièrement chez nous en Aquitaine.


 

A très grand trait, les éminents membres du CESER, nous ont rappelé quels étaient les différents types d’énergies marines (houle, vent, courant, marée) dressé l’état des lieux en terme d’expérimentation, les facteurs clés de réussite, le contexte à prendre en compte .

 

Les facteurs clés de réussite :

-         développer la capacité de recherche et de développement,

-         réduire les coûts pour garantir les économies d’échelle,

-         prendre en compte la spécificité de l’off shore,

-         anticiper et organiser la possibilité de connexion du réseau électrique pour ces nouveaux débouchés.

 

Le contexte :

-         social : la mer et l’océan ne sont pas vierges de tous usages. Ces derniers doivent impérativement être pris en compte dans la réflexion sur le développement des énergies marines ; la FORMATION de toute nature et à tous les niveaux doit être anticiper pour accompagner cette révolution salvatrice.

-         Environnemental : il est urgent d’harmoniser les indicateurs de suivi à l’échelle européen, de modéliser en amont et d’observer en temps long.

-         Juridique : les Etats sont mal à l’aise avec ces technologies innovantes sur des espaces sur lesquels règne une incertitude juridique.

 

Enfin et surtout, je veux vous parler de leurs conseils conclusifs :

 

Il faut selon eux :

-         soutenir le développement technologique,

-         développer une coopération interrégionale dans le financement et la réalisation d’essais,

-         développer une concertation territoriale avec les usages de la mer,

-         faciliter juridiquement et administrativement les installations des sites d’essais en mer,

-         développer la formation pour créer des emplois durables autour de ces technologies industrielles.

 

Le 29 novembre, lors de notre dernière commission permanente au Conseil Régional, nous avons validé une subvention de 100 000 euros pour l’organisation de colloques et d’événements autour de la question des perspectives industrielles de l’éolien. J’ai demandé à ce que nous ayons un débat en plénière sur ces questions fondamentales pour notre avenir. Le Président a donné son accord, nous verrons bien. J’attends.

 

Une chose est sûre, le Royaume Uni d’ici 2020, ambitionne le développement de 4 fois plus de MW que la France. La Chine, le Portugal, l’Espagne… sont avec nous entrés dans une compétition énorme. La guerre des brevets est en cours.

 

L’Aquitaine est une pièce maîtresse dans ce défi tant au travers de ses compétences que grâce à la particularité littorale de son territoire. La concertation avec les usagers actuels de la mer, la coopération européenne et le développement de nouvelles formations sont tout simplement indispensables, et relèvent absolument des compétences de notre Région autant que de la volonté de son exécutif.

 

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, vous pouvez télécharger le rapport complet du CESR sur http://cesr-aquitaine.fr/

 

Une chose est désormais parfaitement claire à mon esprit : la bataille des énergies renouvelables se gagnera au local au niveau des régions, l’Aquitaine a une place de choix à prendre, la volonté politique est déterminante. Sans elle, pas de succès possible.

 

C’est donc un débat majeur, je continuerai à y être très attachée, à vous en parler et à agir concrètement sur ces questions dans les assemblées.



mercredi 10 novembre 2010

L'hébergement d'urgence à Bordeaux

Pour en savoir plus sur l'hébergement d'urgence à Bordeaux, cliquez ci-dessous.

Invitée: Alexandra Siarri, conseillère municipale mairie de Bordeaux - mytv7
Invitée: Alexandra Siarri, conseillère municipale mairie de Bordeaux
Mots-clés : cvqld tv7Video de mytv7bordeaux

lundi 6 septembre 2010

Lettre ouverte aux Pages Jaunes

C'est la rentrée et avec elle, arrive aussi la distribution massive et automatique des annuaires papier.

Je vous joins le courrier que j'ai adressé ces jours-ci au directeur régional du groupe des Pages Jaunes.

Je vous tiendrai bien évidemment au courant des suites de celui-ci.

En attendant, vous pouvez rejoindre sur Facebook le groupe Stop au scandale des Pages Jaunes, ou aller sur mon profil pour me laisser vos commentaires, photos, propositions sur ce dossier.


Bordeaux, le 03 septembre 2010

Bonjour Monsieur,

Nous n'avons pas eu l'occasion encore de nous rencontrer. Je suis élue à la Mairie de Bordeaux et récemment élue régionale. Très attentive comme beaucoup aux questions écologiques, je m'étais rapprochée de votre prédécesseur M X il y a déjà deux ans au sujet de la distribution papier systématique des annuaires.

La distribution a repris cette année et je viens par la présente, vous demander quelques précisions, car vous l'avez compris, la ville est attentive aux moyens mis en oeuvre pour que cette distribution se fasse au plus près des véritables besoins.

- Pouvez vous nous indiquer combien de Bordelais se sont inscrits sur votre site pour ne pas recevoir leurs annuaires papier ? Une comparaison avec les villes qui n'ont pas opté pour une campagne incitative telle que nous l'avons déployée serait intéressante.

- Pouvez vous nous indiquer comment votre process de distribution permet à vos distributeurs de ne pas livrer les annuaires à ceux qui ont manifesté le souhait de ne pas les recevoir cette année ou l'an dernier ? 

Lors de nos entretiens avec M X deux pistes d'amélioration au regard des enjeux écologiques qui nous préoccupent avaient été envisagées :

- Une réflexion sur un format plus petit

- Un travail sur les fichiers (notamment une mise à jour)

Qu'en est il finalement ?

Vos équipes ramassent, je crois, les annuaires restants dans les 24 heures sur la voie publique si leurs destinataires ne s'en saisissent pas : vos premiers retours montrent-ils un ramassage plus important ?

Enfin et plus globalement, il semble que les Pages Jaunes améliorent et c'est une très belle nouvelle ses résultats notamment sur le net ? Cette nouvelle tendance vous permet elle à terme d'envisager un arrêt  de cette distribution papier massive et systématique?

Il semble que vous ayez eu des difficultés à joindre nos équipes à la mairie au sujet de l'ensemble de ces questions, que nous sommes plusieurs à porter au sein de la municipalité, c'est pourquoi je me permets de vous en faire part par écrit.

Je vous informe en toute transparence que je posterai cette lettre sans indiquer vos noms naturellement, sur mon blog et mon profil Facebook à l'attention de tous ceux qui partagent avec moi cette préoccupation.

Je suis à votre entière disposition pour en parler avec vous.

Sincères salutations.

Alexandra Siarri

lundi 23 août 2010

Journal d'une élue de la République

Ces petites salles grises où tout se passe ! Article paru en mai 2010

Aujourd'hui, je siège dans une petite salle grise perdue au bout des couloirs labyrinthiques du 2ème étage de ce bâtiment qui reçoit au guichet, mais les yeux dans les yeux, toute l'anxiété, la peur et les souffrances de la ville.

Cours Saint Louis, comme chaque semaine, j'ai rendez vous au CCAS, centre communal ( ici à Bordeaux) de l'action sociale.
Des milliers de personnes seules ( le conseil général s'occupe des familles) ont rendez vous ici chaque année.

Aujourd'hui, je siège dans deux commissions : l'une concerne les aides financières de première nécessité, de projet et exceptionnel, l'autre le logement temporaire dit ALT entre la rue et le logement tel que nous avons la chance de le vivre, nous !

Deux travailleurs sociaux m'accompagnent. Chaque dossier est épais d'analyses, chaque dossier est avant tout une histoire, une de celles qui génèrent l'étonnement compassionnel ou rugueux, de coutume autour des marginalités, une de celles qui alimentent notre "peur du déclassement".

Il y a dans la vie de l'élu, des pages et des pages de dossier, avec des graphiques, des camemberts, des tableaux...qui racontent tout en toute transparence mais qui endorment parfois, tant la substance traitée est impersonnelle.

Et puis, il y a ces moments là qui vous exposent à des vérités nues. Je vis un de ces moments là..je le partage avec vous...

"Elle a 22 ans, enceinte de 8 mois sans homme ni rempart familial, on lui a trouvé un appartement mais le vide du lieu apparemment parfait s'il s'additionne à celui de l'affection la plongerait dans le pire plutôt que de l'aider à avancer sur son chemin....l'assistance sociale sollicite une aide exceptionnelle pour cofinancer une banquette lit.
Il y a ceux qui ont besoin de timbres fiscaux, qu'on les aide à acheter un congélateur, à payer une facture d'énergie, de déménagement....

Tout est souvent lourd !
Mais tout est vie.
Tout est possible : tout est affaire d'équilibre et d'écoute.

La commission suivante devra choisir deux des six candidats à un logement qui les sauveront de la rue : fallait il choisir de l'affecter à celui qui erre depuis moins de six mois ou à celui qui en meurt de dormir à ciel ouvert depuis des décennies torturantes ??? c'est une des questions qui se posent dans ces moments là.

On suppose à l'entendre à quel point l'erreur est possible, on le sait en le vivant à quel point les travailleurs sociaux se battent pour nos fragiles. Chapeau bas Messieurs dames.

Je pars, l'émotion débordante....
Décidément l'élu a tellement plus à faire dans ces petites salles grises que collé à son micro les jours de conseil à créer la polémique ou à s'en agacer....
J'y réfléchis longtemps.

alexandra siarri

jeudi 19 août 2010

Parc d'attractions : l'hystérie collective anti Développement durable

Chaque été, c'est la même ritournelle dans tous les foyers.

8 semaines de vacances pour nos petiots souvent épuisés d'une année d'apprentissages et pour les parents autant de jours qu'il faut orchestrer avec minutie....comme on s'attaque à un sudoku.

Qui n'a pas eu la rétine fracturée par les pubs des parcs d'attractions ? L'enfant américanisé à outrance projette son sourire hors de l'affiche.

Si comme moi, votre capacité de résistance est faible et votre budget accommodant : alors je suppose que vous avez, vous aussi vécu la terrible épreuve du "vulgus consommatus, véritable idiotus !!!!" Bravo pour les autres : j'ai beaucoup à apprendre de vous !!!

Petit aveu donc d'une descente aux enfers de la consommation !!!

Sur des parkings géants bitumés presque à la verticale, on gare sa "coche" et on paie déjà : tout un symbole !!!! Les enfants sont en surexcitation, l'univers coloré à outrance la musique à fond…impression d'une discothèque en plein Las Vegas....

"Euh on était pas venu se retrouver en famille dans le calme..???? »me dis je soudainement prise de panique.

A la caisse, on défaillit : les montants sont exorbitants et la promesse tellement bling bling : la cata partout je lis " Marineland : le best off de la cote d'azur…! ! ! ! !" Au secours

Au milieu de la place, trois raies étriquées nageotent tandis que se réfléchissent sur l'eau des bouteilles de coca déformées

"On ne serait pas en pleine année de la biodiversité ?????"

Stop !!!!! Je vais exploser : regard perdu !!!!! 

OUF : Sacha voit un dauphin en peluche orange électrique, câlin énorme : le petit homme y a cru, Abel se scotche sur une des raies revoyant en accéléré les consignes de l'imagerie de la mer et Mathilda prenant son rôle d'aînée très au sérieux rappelle les contraintes du programme.

ET BOUM !!!! discothèque avec les orques qui vont nous arroser, applaudir, embrasser leurs soignants devant des centaines d'individus gavés au coca frites : ALLO ????? Y a t il quelqu'un dans le parc qui comprenne le sens de la biodiversité????? Suis je une décroissante intégriste???? 

Maman culpabilise à mort : les petits ressortent conscients que le spectacle est trop paillette....Le recul des petits redonne à maman un peu de sérénité....si peu quand même

Direction le bassin des dauphins : l'ambiance est plus poétique le show est moins grotesque...et puis mes aînés les retrouveront là pour une découverte pédagogique : ils les toucheront, apprendront à bien mieux les comprendre.....Fallait il payer pour cela?? Etait il nécessaire de les amener dans ce parc pour rencontrer ces êtres extraordinaires???Aurait il fallut plutôt les amener en Argentine les caresser dans leur milieu naturel???

Pas le temps de réfléchir je suis au premier rang du spectacle d'otaries : à côtés deux fillettes tellement trop responsables !!! Des soucis plein le sacs à dos  

"- C'est la première fois que je viens au parc c'est cool 

- Moi c'est la première journée que je passe hors de la maison !!!"

Et oui, ces parcs là sont accessibles à des milliers de jeunes auxquels les parents ne peuvent pas offrir de vacances 

Cela doit il changer quelque chose à mon malaise???

Rien ça ne change rien du tout !!!!

Au fait partout dans le parc des poubelles pour bouteilles en plastique mais nul part dans le parc des bouteilles grand format????

On ne peut manger que "fastly" et vraiment sans saveur : mais ont ils essayé de vendre des fruits et des légumes (la marge serait elle si difficile que ça à faire avaler au consommateur??? ont ils envisagé moins de couleurs de bruits d'hystérie plus de pédagogie d'harmonie ???

La sortie est un feu d'artifice : elle se fait obligatoirement par les boutiques : des montagnes de peluches et autres gadgets fluo à deux pas de deux malheureuses pancartes qui rappellent que 80% des otaries ont disparu du fait du réchauffement climatique !!!!

Je pars hébétée dans le même état dépressif que le pauvre ours blanc qu'ils laissent dans un coin du parc sur deux glaçons ramollos 

Les enfants sont mi sourire : devinent ils mon embarras??? ou nos échanges quotidiens sur ce type d'hystéries font ils leur chemin????

Les parcs d'attractions encore plus quand ils se prétendent être à l'honneur de nos amis les bêtes sont une hystérie collective ....j'y étais 

Cela sert il à quelque chose de vous dire que je n'irais plus????

 

Journal d'une élue de la République

Que fait on de votre tirelire à la Région Acte III - article paru en mai 2010 

Elles vous arrivent en petits paquets reconnaissables à la couleur de la page d'en tête cartonnée : jaune pour le H1 comprenez espaces naturels, vert pour le C4 pour éducation, jeunesse, culture et sport.... et ainsi de suite 

Elles se mêlent au courrier abondant du conseil régional.



Elles ???? ce sont les affaires traitées dans chaque GIA ( groupement interassemblées). Chaque conseiller siège dans un GIA avec les représentants de la société civile élus au CESR ( conseil économique et social).
Ensuite, 36 de vos conseillers se réunissent en commission permanente : la première est demain.
Je suppose, que les dossiers traités dans les 6 GIA seront évoqués, débattus...C'est en tout cas la règle édictée. 

Les affaires de la région ont été formalisées comme des chèques intelligents à prélever sur notre tirelire d'Aquitaine... sur plus de 500 pages envoyées à chaque domicile de ceux que vous avez élus.

Des affaires sur tout le territoire sur une immensité de thèmes qui seront votées à l'unanimité dans 95% des cas !!!!

Imaginez un peu : 300 pages de projet de délibérations relatives à l'obtention de petits milliers d'euros à des dizaines de clubs et d'associations sportives....aucun sport n'étant à priori négligé !!!!

Difficile évidemment, sans être expert de savoir si cette politique d'apparent saupoudrage est juste et exhaustive, difficile de comprendre la politique sportive de la région...mais aussi difficile de ne pas penser que donner un peu au plus grand nombre c'est accompagner le foisonnement d'initiatives locales....

Il y a aussi des listes quasi nominatives d'agriculteurs, de viticulteurs de laitiers soutenus pour traverser la crise et puis des aides au montant plus élevé pour des entreprises en danger....
Qui donc s'y opposera? ce serait porter tord à ceux cités qui participent évidemment à notre économie et aux bruits de nos vies comme à sa chair....

Evidemment le choix d'aider de cette manière fera débat....c'est sans appel demain ou plus tard, mais débat il y aura.

La démocratie selon moi c'est avant tout la transparence...et je voulais vous dire ce soir un peu de ma stupéfaction devant cet exercice rugueux et responsable mais aussi et surtout une certitude simple.... chaque préparation de commission permanente devra être l'occasion de mener ma propre enquête !!!

alexandra siarri


lundi 16 août 2010

L'éducation buissonnière de M Espinassous.....parce que nos enfants sont élevés hors sol !!!!

Louis Espinassous est un écrivain conteur accompagnateur de montagne, pisteur d'ours, éducateur de nature.

il nous livre avec son ouvrage " pour une école buissonnière" un plaidoyer pour l'éducation nature....parce que nos enfants sont de plus en plus éduqués hors sol au nom de la sécurité, de l'hygiène, de la norme du risque zéro....

Et pourtant le monde n'est surtout pas réductible aux murs de la chambre ou de la classe ni à des images virtuelles, les plus perfectionnées soient-elles.....

A lire donc et à relire autant qu'a prêter et à commenter....bref à aimer

Merci à élizabeth Lafosse de me l'avoir offert ....

alexandra siarri

samedi 14 août 2010

Journal d'une élue de la République

Que fait on de vos voix ? Acte II - article paru en avril 2010 

Le rideau se lève, les acteurs ont changé de costume.
Deuxième séance du Conseil régional. Autour du Président, l'aréopage est installé.


Aujourd'hui, les affectations des conseillers s'officialisent mais pas seulement...il y a le ton, l'atmosphère qui se dégage de cette nouvelle meute profondément renouvelée : 84 conseillers pour plus de trois millions d'Aquitains.

Le Président entame son troisième mandat et imprime évidemment sa marque de fabrique : il n'y a pour ainsi dire pas de protocole.
Le sens de son intervention est un appel à la pondération et à l'union " 90% des décisions sont prises à l'unanimité" et 50 % des Aquitains n'ont pas estimé utile de nous choisir. 
Décision est prise que l'absentéisme répété des élus sera sanctionné.

Ce premier petit débat est prétexte à marquer son territoire. De part et d'autre les paons font la roue...les amoureux du verbe, les instinctifs, les vrais politiques. Viendra très vite le temps des experts de dossiers ( les mêmes dans certains cas !) : ceux là défendront leur territoire et vos intérêts différemment mais toujours en se mettant en scène. 
Il n'y a pas le choix. Pour se faire entendre, il faut être percutant.

Il me semble que cette assemblée regorge de conseillers pressés de débattre et sûrement d'en découdre. Nous verrons bien et en particulier dans ma commission comme dans mon groupe inter-assemblées dédiées au développement durable et à l’aménagement du territoire.

On s'apprête à se quitter quand notre collègue, le plus célèbre syndicaliste aquitain lit un discours imprévu mais tellement prévisible finalement. Il défend ses convictions. Il énumère le nom d'entreprises de la région en situation difficile, rappelant en comptable minutieux, ce qu'à fait la région, ce que n'aurait pas fait le gouvernement.

La réaction de l'opposition, donc de mon groupe est immédiate et très vive autour d'une idée simple " de tels débats méritent qu'on les prépare ..."`

S'ensuivent des tirades où l'on ressasse autour de la fameuse réforme des collectivités locales. Vanité et vacuité ne sont ils pas des dangers qui guettent chaque élu ?

C'est évident : dans cette assemblée, le gouvernement sera défendu chaque fois qu'il subira une attaque ! et il en subira. 
l'Aquitaine sera malheureusement prise en otage par des positions nationales idéologiques « clivantes ». Ce n’est pourtant pas, mais dîtes moi si je me trompe, votre commande !. Ce n'est en tout cas pas du tout, je vous le dis, mon intention !

Cette aventure est nouvelle : cette nouveauté s'additionne à toutes les autres, c'est presque une autre vie pour moi.
Le lendemain des élections, j'ai retrouvé les miens saturés de cette campagne épuisante, le chemin d'un travail que j'aime profondément, le fil de mes dossiers municipaux en me concentrant sur celui qui anime mon énergie : le logement des plus démunis.

Depuis je ne cesse de restructurer mon temps concentrée sur trois exigences : loyauté, liberté et audace.
alexandra siarri

jeudi 12 août 2010

Journal d'une élue de la République

C'est une nouvelle histoire qui commence en Aquitaine, ensemble ! Article paru en mars 2010

Nouvelles têtes et rajeunissement. Nouveaux équilibres et nouveau ton : plus politique, disent les avertis ! 

Les candidats selectionnés, ont cheminé tôt ce vendredi 26 mars depuis les cinq départements de notre Aquitaine pour converger vers l’hôtel de région, une bâtisse beaucoup trop monumentale.



De candidats à conseillers, la mue s’organise sous haute dose de protocole. Votre vote s’incarne autour du troisième sacre du Président Rousset.

Je connais ces larges couloirs « moquettés », cet escalier théâtral et ces plafonds sans fin. Mon appartenance à la fonction publique m’a rendue coutumière de ces lieux officiels comme des tribus « politico-admistratives » qu’ils hébergent.

Lieu, tribus et vocabulaire associé, jugés inaudibles, pire inutiles par plus de la moitié d’entre vous.

Badge, cartable, photographies officielles, chacun de vos 85 conseillers régionaux respecte ce rituel républicain avant de s’installer par ordre alphabétique dans l’hémicycle et de procéder au vote.

Le vote est acquis : il sacralise le vôtre.

« Il ne faut pas avoir de certitudes mais des convictions » A Rousset lance un appel à l’apaisement avant de déclamer sa feuille de route (innovation, emploi ; jeunes et territoires, climat et environnement).

Xavier Darcos parlera d’opposition constructive. Le groupe qu’il préside est composé entre autres de trois députés dont Alain Lamassoure qui préside la commission des finances européennes, d’un ancien futur candidat à la présidentielle sous la bannière de la ruralité, et de nouvelles têtes dont la mienne qui veulent faire retrouver le goût de la politique. J’ai appris à respecter infiniment Xavier durant cette campagne rugueuse dont l’issue « supplicielle » laisse pantois et accentue votre dégoût de la politique spectacle . 

Je vous l’avoue, mon énergie aura été centrée sur sa peine extrèmement digne plus que sur le plaisir de siéger.

M De Marco m’étonne en accordant autant de place m a t il semblé à sa volonté de combattre la politique gouvernementale qu’à celle d’appliquer ses trois priorités : anticiper enfin, réorienter et gouverner autrement. Le front de gauche s’exprime à deux voix mettant un terme officiellement à la mission de porte parole de M Boulanger même s’ils disent finalement la même chose : leur loyauté au président n’est pas un chèque en blanc.

Chaque conseiller devra choisir une commission et un GIA comprenez groupement interassemblées dans lesquels il siègera. 37 dont moi siègeront en plus dans la commission permanente, sorte de gouvernement régional. J’hésite entre la commission développement durable, aménagement du territoire , TIC et Education, formation et apprentissage.

J’ai clairement d’ores et déjà deux regrets : qu’il n’y ait pas de vice présidence consacrée au dialogue citoyen et que cette collectivité comme toutes les autres confinent les décisions écologiques à une vice présidence au lieu d’organiser son influence concrète dans chacune d’elles.

50 % d’entre vous ont coupé les liens avec nous : votre fuite nous intime l’ordre de changer très très vite nos pratiques politiques : Il faut bousculer le système en place coûte que coûte. 

C’est tout à fait évident pour moi : le combat des présidentielles est dangereusement prématuré, je veux militer pour retrouver votre confiance dans mes mandats locaux complémentaires qu’ils durent quatre ou six ans .

Je vous le dois, je me l’exige.
Alexandra siarri

lundi 9 août 2010

Journal d'une élue de la République

Libre d'espérer - Article paru en février 2010 

4 à 4, j’avale les escaliers de cette résidence universitaire délabrée. Je croise ce jeune couple immigré avec leur petit garçon. Plus tard, les étudiants qui nous accueillent nous diront que cette famille était venue se laver dans les douches collectives.

Notre jeunesse précaire côtoie ici celle des errants d’Europe de l’Est qu’on ne gère pas.

Nous venions parler du manque de logement étudiant en Aquitaine : une place pour cinq demandes. Je découvre des chambres de 9 m2 aux portes soufflées, aux espaces collectifs minables.

J’ai honte de savoir que si près de mon échoppe douillette, ces courageux là sont oubliés.
6000 logements pour les jeunes, 180 millions d’euros : c’est un des points de notre programme, c’est une priorité.

Le mal logement et les solitudes errantes me révoltent depuis toujours.
Il est fini le temps du SDF quinquagénaire forcément alcoolique .Travailleurs pauvres, mamans isolées, étudiants précaires subissent désormais aussi le mal logement !
Aucune institution n’échappe à cette responsabilité : la Région a celle du logement étudiant.
Définitivement, je suis pour la réforme des collectivités locales. Sa principale vertu réside pour moi dans l’ équation simplifiée qu’elle doit garantir aux citoyens. Fini le temps des redoutables « C’est pas moi, c’est l’autre ».

2 heures avant cette visite étouffante, nous étions boulevard Albert premier à la rencontre d’apprentis et d’artisans . 90 % des entreprises d’Aquitaine emploient moins de 20 personnes. Erasmus des apprentis, soutien financier pour le deuxième logement, équivalence du statut d’étudiant pour les avantages quotidiens…chaque jour, nous égrenons notre programme : l’emploi et le logement sont des préoccupations récurrentes qui cannibalisent les débats sur l’écologie prospective.
L’« écologique républicaine »de notre liste tient en 15 principes. A la différence de la liste locale d’Europe Ecologie , je ne crois pas raisonnable de militer contre la LGV, contre le nucléaire, de se défier de ceux qui attendent tout du progrès, ni de ceux qui créent les richesses dites productivistes . Je suis convaincue au contraire qu’il nous faut entendre le raisonnement des sceptiques et trouver avec eux les moyens de ne plus l’être pour ne pas les perdre définitivement.

Mais, au delà du contenu programmatique, il y a la manière de l’incarner, de le partager. J ‘aime cette campagne et j’aime la faire avec notre numéro 1 …avant tout un humaniste qui ne renie rien de ma différence et donc de toutes les autres.

Le soutien d’Alain Juppé et celui des amis de tout horizon qui m’accompagnent dans cette séquence de vie inouïe, confortent ma liberté d’espérer…
…d’espérer que la politique est encore le moyen le plus efficace, de transgresser les ordres établis, de casser les codes en respectant les cohésions.

alexandra siarri

dimanche 8 août 2010

Selon JV Placé, numéro 2 des Verts, Juppé est un expert en DD

Je suis juppéiste et écolo.

Je suis juppésite depuis que je m'intéresse à la politique. L'écologie m'est apparue comme une évidence trés tôt, aidée en cela par une éducation sensée grâce au contact permament de la terre, en Charente.

Mon métier me permet d'être reliée en permanence aux petits de 6 à 11 ans et à leurs enseignants : je tente d'apporter des éclairages facilitateurs à leurs projets concrets de Développement durable dans leurs écoles....la Communauté Urbaine de Bordeaux a sur ce point une avance considérable grâce à une volonté politique jamais démentie depuis 10 ans 

Juppéiste et écolo donc !!!

et puis lectrice de l'express..... 

M Placé numéro 2 des verts un mouvement dont les membres sont plutôt reconnus pour leur indépendance, leur liberté de ton et leurs convictions alternatives a répondu récemment à une interview de l'express..


Chacun de ses mots semble soupesé et le ton est parfaitement maîtrisé.

Quelle joie alors de lire que cet éminent représentant de l'écologie considère qu' A Juppé est un expert du développement durable... (.http://www.lexpress.fr/actualite/politique/jean-vincent-place-je-suis-un-homme-de-pouvoir_908930.html)

Joie d'autant plus grande que je reprochais à un ami aquitain vert de n'être avec le maire de Bordeaux qu'un comptable de ses manquements à leurs principes les plus aboutis.....et que je m'attristais qu'il n'arrive jamais à reconnaître la chance qu'un ténor de droite ait compris les enjeux écolos et en appliquent les nouvelles règles sur notre territoire.

Le numéro 2 de leur mouvement lui n'a pas besoin d'être convaincu !!!

Juppéiste et écolo je le suis donc..... et ravie que de plus en plus d'écolos aient envie si ce n'est de devenir juppéistes au moins d'en reconnaître l'intérêt d'y réflèchir !

vendredi 6 août 2010

Journal d'une élue de la République

Billet d'humeur sur les dangers du boniment - Article paru en décembre 2009 

Etre élu oblige à la dignité, à la solidarité, et plus que tout à la vérité.

Des hommes, des femmes et des enfants errent dans nos villes, au cœur du trafic urbain. Ils affluent, c’est un fait connu de tous. La souffrance affleure, vitriole leurs vies, tracasse les émotions de tous.

On ne meurt pas plus, ni plus vite dans la rue en hiver qu’en été mais nous les chanceux, culpabilisons plus fort. 

Le sapin nous reconnecte avec la chaleur fœtale. Les petits paquets rassurent et cajolent. Le vide injuste, inouïe, profond nous sépare des exclus, grand précaires et travailleurs pauvres.
Les élus bonimenteurs choisissent cette extrême vulnérabilité pour salir l’engagement de notre majorité bordelaise en mentant sans hésiter, alors qu’on aurait tant besoin de leur implication, de leurs propositions . 

Les articles dans notre presse locale se sont dangereusement multipliés ces derniers temps relayant leurs manœuvres politiciennes qui s’exécutent aussi sur la toile ….et toujours sans débat républicain .

Le raisonnement est le suivant : 

- prendre en otage les démunis en prétendant les défendre ( de bonne foi ou non),
- vouloir imprimer dans les esprits l’idée que les élus de la majorité voudraient chasser les pauvres,
- orchestrer le mensonge à répétition en n’offrant à lire à voir et à comprendre que des éléments simplifiés à l’extrême et complètement orientés,

L’affaire de la maison aux personnages des Kabakov est exemplaire de cette campagne bas de gamme.

Un projet de tramway est toujours accompagné du 1% culturel , autrement dit la cub a dû comme les autres agglomérations dégager un budget pour que sur le tracé soient données à vivre pour le tout à chacun des œuvres d’art contemporain. Parce que précisément, la culture est appréhendée subjectivement, des comités d’experts se mettent en place pour décider quel artiste installera quoi et ou . Le président de ce comité à la cub était M A Packeman directeur de l’emblématique Beaubourg.

Bref la maison aux personnages n’a pas été choisie par quelques élus bordelais irresponsables mais par une majorité d’élus de tout bord politique des 27 communes de la cub . Faut il rappeler que c’est sous la présidence d’Alain Rousset que la décision de lancer les travaux de la maison a été prise ?????

Les élus bonimenteurs après avoir brouillé volontairement cette première vérité en ont profité pour développer du « gros bobard » alimentant leur manipulation de masse. Selon eux le budget aurait pu servir à construire 30 chalets pour de l’hébergement d’urgence ….Mensonge puisque nous n’avions pas la maîtrise du dit budget et que les camarades de ces élus bonimenteurs n’ont jamais fait cette proposition intéressante ……alors même qu’ils avaient la majorité !!!!!!

La ville n’organiserait donc pas comme il se doit l’hébergement d’urgence. Puisque c’est bien le cœur de leur fronde.

Sauf que voilà messieurs dames : 

- Plus de 80% des places d’hébergement d’urgence du département ( plus de 500 communes) se situent sur Bordeaux ….pourtant la loi Boutin précisait que chaque ville devait ouvrir une place d’hébergement d’urgence pour 1000 habitants …il n’y a pas eu de décret d’application certes…mais quand on prétend défendre les plus démunis a t on besoin d’un décret ????? et aujourd’hui puisqu’il s’agit de débattre sur le fond quelles villes de la cub organisent cette solidarité , cette évidence humaine ????
- Sortir de la rue est une urgence, mais trouver un logement stable une fois protégée dans un hébergement d’urgence est évidemment l’urgence absolue ….depuis 6 mois la ville de bordeaux travaille sur cette question évidente dans un groupe que j’anime. Je veux saluer l’assiduité et l’implication énormes des fonctionnaires de l’état et du conseil général premiers acteurs compétents sur ce sujet immense, la cub les associations, les bailleurs….. 

Je suis profondément touchée et affectée par les choix des élus bonimenteurs tant je pense que leur manière de faire est grave pour la démocratie et désastreuse pour tous ceux qui souffrent…..Je voudrais que tous ceux qui vivent dans la détresse sachent que nous travaillons d’arrache pied ici à la ville et ailleurs partout ou il le faut pour trouver des solutions …..ces solutions qui ne sauront pleinement efficaces et justes que si nous sommes capables de travailler ensemble .
L’éradication de la pauvreté est la priorité d’une ville, d’un pays, d’une planète durable.

Parce que malheureusement le logement est un exemple de l’éparpillement des compétences et du risque grave de désorganisation……quand en plus on se permet de jouer de polémiques ….cela devient excessivement contreproductif et dangereux !!!!!

Imaginez que je décide de filmer une maman expulsée d’un logement en prétendant que le Cg dont c’est la compétence n’a pas fait son job…sans expliquer la complexité de son histoire de son parcours …….ou que je me plante devant un bâtiment municipal refait à neuf demandant pourquoi l’argent n’a pas servi à construire du logement d’urgence !!!!

Je ne m’y prêterai pas et je me battrai avec une force titanesque pour que jamais les élus bonimenteurs puissent continuer à faire vaciller la confiance des citoyens en leurs représentants.

Je sais la politique que je défends, je sais aussi celle que je combats. 
La vérité est le premier devoir auquel tout élu doit se conformer.

Relisant ce billet d’humeur, je veux rajouter ceci : je reviens de la place andré meunier ou nous étions un certain nombre d’élus à rejoindre la manifestation organisée par l’association clé de départ pour les plus démunis.
J’y ai retrouvé mathieu rouveyre, naima charai et fabien robert.
Ce serait tellement plus juste que nous soyions soudés aussi dans l’arène politique.

alexandra siarri


mercredi 4 août 2010

Journal d'une élue de la République

L'élu au centre du cyclone écologique - Article paru en décembre 2009 

Le 16/20h d’une journée classique…..trois réunions s’enchaînent, l’écologie est au cœur des échanges. Mais sa profonde signification est tour à tour subie puis reniée puis conquérante.

L’élu local est au cœur du cyclone écologique : réveillant sa conscience et ménageant ses mots en fonction des maturités et temporalités citoyennes.

Eviter la torpeur, assumer sa responsabilité, libérer l’audace, vivre et faire vivre «  les résolutions écologiques vitales » …tels sont les défis de l’élu.

Je veux vous faire traverser les atmosphères étreignantes du 16/20 de ce jour parmi d’autres.

16H : projet social de la ville. J’anime le groupe logement « de l’hébergement d’urgence au logement durable ». Aujourd’hui, nous parlons de l’accompagnement énergétique. Les constats partagés des acteurs de terrain sont terrifiants : les incidents de paiement se multiplient….loyers ou fluides, les choix exclusifs s’imposent . Certains ne consomment plus, évitent les incidents, passent à travers les mailles protectrices des travailleurs sociaux.

Les populations précaires de nos villes sont des victimes climatiques : leurs logements sont des passoires, leurs avis sont oubliés, leur peine elle est immédiate.

Il nous faudra beaucoup d’innovations technologiques…les « smart grid » ne font qu’ouvrir une voie indispensable.

Il nous faut surtout du travail collectif, le vrai, celui qui ne peut souffrir aucune mauvaise foi politicienne….urbanistes, architectes, métiers du BTP et travailleurs sociaux doivent impérativement partager leurs diagnostics et leurs plans d’actions.

18H : Conseil d’un quartier ou l’on vit assez bien, puisque les inquiétudes portent essentiellement sur la nature et le nombre de brossages des rues, du ramassage des poubelles, des PV pour jets intempestifs  de mégots et autres chewing gums…..

Le chemin pédagogique sera excessivement long !!!

20H : rencontre écocitoyenne avec Serge Orru. L’assistance est acquise….quand même de nouveaux chiffres, de nouvelles évidences prennent la gorge :

-       le cancer des enfants augmente de 1,5 % par an

-       « comment continuer à croire que nos constructeurs automobiles  assez malins pour savoir ce « qu’une gauchère blonde » aime comme voiture, n’avaient pas compris ni pu anticiper la fin du pétrole ????? »

-       « Si on ne change rien, la guerre est inéluctable . »

22 H : ur cette route mouillée, je veux cajoler la peau laiteuse de mes petits et je me demande comment être utile et juste dans l'oeil du cyclone écologique. 

alexandra siarri

lundi 2 août 2010

Journal d'une élue de la République

L'élu doit avant tout arbitrer - Article paru en décembre 2009

La salle est comble.Les premiers rangs sont prisés : ils sont opposants. La gestuelle est guerrière.Bordeaux Bastide : le quartier que je ne faisais que traverser étudiante, en m’étonnant chaque dimanche, du nombre de feux….verts, après ce grand virage de la côte des quatre pavillons, tellement vertigineux quand on y voyait la grande roue foraine.Depuis et avec le tramway, la Bastide est un quartier de la ville ou l’on choisit enfin d’aller, en y entendant leur musique particulière, un certain avant gardisme, puisant au fond de l’histoire bordelaise une étincelle rugissante. Etre Bastidien, c’est être plus que Bordelais.Ce soir, nous sommes face à une centaine d’entre eux qui exigeront qu’on leur réponde sur le champ. Les questions sont précises, les arrières pensées tout autant, mais elles sont vécues, débattues et tout simplement conquérantes.Le ton est donné, il est haut en couleurs. Surtout ne nous y trompons pas : c’est exaltant pour un élu de savoir qu’on peut débattre dans la contradiction et l’émotion. Les débats sont multiples et urgents ….les bras se sont tendus vaillamment en moyenne 15 minutes pour les soumettre. Tous partagent la conviction de défendre leurs intérêts que nous élus et fonctionnaires de la ville ne prendrions pas suffisamment en compte voir pour certains que nous délaisserions intentionnellement . Aucun en revanche ne s’étonnera jamais que les questions appellent à quelques minutes d’intervalle des réponses publiques littéralement contradictoires. C’est notre job ….nous avons été élus pour entendre ces contradictions , les dépasser, les solutionner dans l’intérêt général. C’est plus que notre job, c’est notre responsabilité, l’essence même de notre engagement.Quelques exemples de ce casse tête démocratique : Cette citoyenne déplore le manque d’équipements sportifs de proximité …elle est appuyée par ceux qui trouvent anormales les 45 minutes de transport des petits bastidiens pour aller à Bordeaux Lac s’adonner aux mouvements salvateurs du corps . Plus tard, dans cette salle applaudie des mêmes mains, une femme dira que le regroupement des jeunes au « city stade » ( équipement sportif de très grande proximité !!!) la tracasse !!!! Cette dame déplore la mise en place d’un périmètre visant à contrôler l’urbanisme pour qu’aucune construction ne balafre l’ensemble de vie …ce périmètre dévalue mais plus tard on regrette avec révolte que des mesures conservatoires quasi identiques n’aient pas été prises assez tôt pour éviter qu’on ne construise en hauteur et ou sans âme…..tout en insistant bien sûr sur le manque de logements sociaux qui passe aussi pourtant, qui peut le nier ? par de la construction en hauteur.Enfin un homme finit par prendre la parole …sauf que lui s’agite vraiment ….marchant dans un va et vient inquiétant…il parle de la mosquée …il ne la veut pas….sa sensibilité politique affleure, sa colère titanesque et froide aussi. Une dame ayant levé la main sans discontinuer, au fond de la salle parlera elle de ces familles de l’est qui squattent sans ressources alors qu’en plus d’être nos frères humains ils sont nos amis européens. Une autre déjà avait évoqué les gens du voyage dont l’espace de vie est trop restreint. Ils n’ont pas confronté leurs points de vue diamétralement opposés…non, non ils se sont adressés exclusivement au maire de la ville.Le maire a répondu à tout, n’esquivant aucune question, assumant leur ton et l’esprit qui les conditionne, mettant en exergue les contradictions des réponses attendues voir exigées. Le maire est au centre du groupe que nous formons …ce groupe qui a été choisi sur un programme pour mettre en œuvre une politique pendant 6 ans, ce groupe qui doit entendre, arbitrer et assumer. Je suis là tapie , voyant le temps qui passe trop vite dans une ambiance profondément libre et passionnée. Nous parlons du vivre ensemble tout simplement, de l’attachement à son territoire à son identité, à l’humanisme qui les fait vivre. Evidemment le développement durable qui nous chuchote l’exigence d’inventer un monde différent prend toute sa place dans ce conseil de quartier : construire ensemble, en dépassant ses intérêts et angoisses propres pour préparer l’avenir compromis de nos individualismes dangereux ……. Le développement durable ce soir là occupait toute sa place mais à aucun moment il n’a pas pu être exprimé comme tel. L’élu devait arbitrer l’urgence du quotidien à l’échelle d’un mandat … point de place pour l’urgence écolo prospective révolutionnaire.

alexandra siarri

jeudi 29 juillet 2010

Journal d'une élue de la République

L'élu présumé coupable - article paru en novembre 2009

7H40, son mail tombe. L'objet : Apologie de la médiocrité?

Je ne connais pas l'auteur.Il n'a pas cherché à me voir, à m'appeler. Il a conclu son mail coléreux, d'un ton moqueur revendiqué en m'invitant "moi la jeune cadre supporter dynamique à consulter son site !!!!"

8H10, je l'appelle illico : "Bonjour monsieur, je m'appelle Alexandra Siarri, je prends à l'instant connaissance de votre mail, vous avez du temps pour que nous échangions ?"

Mon interlocuteur est étonné que je l'appelle aussi vite. Je suis étonnée de son étonnement.

Je lui demande, puisqu'il a m'a écrit en condamnant virulemment mon engagement, quels sont les mots du délit qui ont déclenché son ire ?

La réponse n'est pas claire. Son combat est plus profond me dit il.

Il m'indique que les éoliennes que l'on construit ici et là sont improductives. Elles ne seraient pas à la différence de celles de l'Europe du Nord, assez puissantes. Et puis, et puis... Il faudrait qu'elles fonctionnent plus de dix ans peut être, pour compenser les gaz à effet de serre, générés par leur production et leur installation.

Je lui propose de publier tel que son mail, lui donne mon numéro, l'invite à me rencontrer quand il viendra à Bordeaux. J'irai sur son site me nourrir son avis tranché. Je me permettrai de prendre du recul ce qu'il n'a pas voulu faire avec mes mots ( ceux là j'imagine ) .

Il a lu mes textes, a choisi de les sanctionner sans débats...élu présumé coupable, plus encore sur la toile !

Je suis satisfaite de l'avoir appelé, c'est aussi mon travail de répondre à ces colères. Je préfère quand elles me sont clairement formulées, je peux  y répondre, tâcher de les comprendre, avancer sur le chemin du compromis démocratique.

Combien sont ils à avoir ces colères sans les dire?

L'élu présumé coupable, l'élu porteur de "savoirs savants", évidemment manipulateur !!!

Bref, l'élu est souvent celui auquel on s'adresse pour se fâcher.

alexandra siarri

samedi 24 juillet 2010

Journal d'une élue de la République

De la difficulté d'être soi en politique - Article paru en septembre 2009

- Être écolo sans être vert.

- Faire de la politique sans avoir défini son plan de carrière.

- Être élue au logement en restant affamée de tous les autres sujets de nos vies.

- Travailler avec A Juppé (UMP) en tant qu'élue, et avec V Feltesse (PS) en tant que fonctionnaire.

C'est la voie étroite que j'ai choisie d'emprunter et de revendiquer.


Je n'ai jamais beaucoup aimé tout ce qui relève du corporatisme, des réseaux fermés, du militantisme définitif car ils portent en eux les germes de la consanguinité. Rester entre soi, convaincus de détenir la vérité, endort la réflexion, génère des "arrangements entre amis", exclut trop souvent le débat.

J'anime pour le compte de la Communauté Urbaine de Bordeaux les "juniors du développement durable". Depuis 10 ans, tous les élus à l'unanimité soutiennent ce programme unique en France et Vincent Feltesse lui a donné une nouvelle dynamique. L'éducation au DD est un chantier énorme.

Je suis élue au logement, à l'écohabitat, à l'énergie à la ville de Bordeaux et j'attache une importance capitale au logement pour tous et notamment à celui des plus démunis d'entre nous. Il n'y a pas assez de logements sociaux et très sociaux  dans notre ville. Nous travaillons pour que ça change. Je suis pour que le squat André Meunier devienne un lieu alternatif  ( et complémentaire) d'accueil des hommes et des femmes de la rue.

A Juppé me confie une nouvelle mission pour que la politique de DD de la ville s' exprime plus facilement, plus rapidement, plus simplement encore dans la vie des bordelais. Je suis contre l'écofascisme . Je suis pour des écoquartiers qui permettent d'organiser la préservation de nos ressources et l'intégration de tous. Je ne pense pas qu'il faille pousser les citoyens à copier à l'identique les bonnes pratiques de leurs voisins. Je crois à l'impérieuse responsabilité des collectivités à : 

- mettre en service des équipements pour que les citoyens adoptent des comportements vertueux ( tramway, pistes cyclables, bâtiments publics basse consommation....)

- accompagner le plus grand nombre à trouver les modalités de leur propre révolution écologique , éveiller les esprits critiques face à nos modes de consommer, de nous déplacer, de vivre ensemble, partout diffuser demander organiser des formations....

- mener des actions symboliques et cohérentes ( plus de sacs plastiques sur nos marchés, des dimanches sans voitures le plus souvent possible, des annuaires distribués seulement à ceux qui le demandent, plus aucuns grands magasins allumés la nuit....)

Je ne veux par réfléchir en termes de stratégie personnelle, de mise en scène, de logique territoriale, d'audience.

Je veux être libre et audacieuse pour être utile. Je veux faire de la politique qui sert, qui combat les idées toutes faites, qui partage des doutes, qui rencontre des espoirs et des désespoirs.

Ce petit article de quelques lignes, très égo centré me permet de répondre à tous ceux "contempteurs, thuriféraires et agresseurs" qui depuis deux ans m'invitent à plus de discipline au service de leur cohésion, me soupçonne  d'être "non respectueuse" de mon statut ou de mon engagement et à définir plus clairement mon projet politique personnel.

Ce qui m'intéresse, c'est de participer avec beaucoup d'autres à la création d'une nouvelle société humaniste et républicaine et d'y participer aussi vite et aussi loin que je le pourrais....

En ce moment ce qui me taraude c'est cette notion dont parle de plus en plus par exemple bettina Laville : l'usage remplacerait la propriété...et pourquoi pas?????

alexandra siarri