Accueil | Les Rendez-vous durables | Le petit journal d'une élue de la République | Les acteurs du DD | Bibliographie

Balise - alexandra siarri solidarité

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 23 février 2012

Les bruits de la rue : la précarité vue par les médias

"La précarité vue par les médias" 

C'est à Bordeaux, c'est la 4ème conférence de notre association et nous continuons ensemble à aborder la précarité sans compromis et sans idées préconçues.

Venez aussi nous retrouver sur notre page Facebook.

vendredi 17 février 2012

Stupéfiant grand oral des candidats sur le mal logement, devant la fondation Abbé Pierre

C’est un rendez-vous extrêmement important, nous sommes des centaines à ne le rater sous aucun prétexte. L’état précis du mal logement y est présenté ; il est fiable et incontournable, il est commenté sur la base de réalités humaines, souvent très dures. J’y vais pour partager mes constats, pour entendre les pistes d’amélioration, pour bousculer ma conscience et garder intact mon engagement pour les plus fragiles.

Ce 17ème rapport est particulier, d’abord parce qu’il dévoile l’impact de la crise ; l’aggravation des situations d’urgence ensuite parce qu’il est l’occasion d’un débat avec des personnalités de poids presque tous candidats à l’élection présidentielle. Le logement et surtout la lutte contre le mal logement, pourrait être l’un des enjeux de cette campagne. C’est une véritable victoire en soi.

Plus de quatre millions 500 000 ménages souffrent de mal logement, plus de 600 000 enfants souffrent de problèmes de santé et suivent une très mauvaise scolarité du fait des conditions de logement indignes dans lesquelles ils vivent. Un million 800 000 personnes ont des difficultés à payer leur loyer. Je retiens ces trois chiffres, il y en a mille autres à consulter sur www.mobilisationlogement2012.com

Benoist Apparu, actuel secrétaire d’état en charge du  logement, en responsabilité, donc, prend la parole. C’est un homme politique que je respecte infiniment : il connaît ses dossiers, les réalités et n’a pas peur d’affronter la contradiction ni de porter des messages parfois complexes.Il avance très concrètement.

Globalement, j’adhère à deux idées simples.

- Il est faux de dire que le gouvernement n’a rien fait sur le logement et l’hébergement depuis quelques années. Sans rentrer dans la bataille des chiffres, je retiens 25 000 places d’hébergement de plus, quatre fois plus de production de logement et les aides à la pierre en baisse ne représentant  que 20% des aides globales du gouvernement  au logement. L’essentiel étant les aides à la personne.

Il est faux, donc caricatural, donc nuisible de dire que rien n’a été fait. Il est dangereux d’exprimer l’idée simpliste que la CRISE  du logement est née avec M. SARKOZY. Cela pourrait vouloir dire que cette situation grave de pénurie  pourrait être réglée par un homme ou une femme providentielle en un tour de main ….   ce serait terrible de faire croire cela.

- Il est vrai et tristement vrai qu’il reste beaucoup à faire car il n’est absolument pas acceptable que des hommes, des femmes et puis  leurs petits vivent dans des conditions misérables.

La politique du logement d’abord est partagée par tous ici , c’est la date de sa mise en œuvre qui pose question.

Les inquiétudes autour de l’engagement financier portant sur la production de logements sociaux et de l’éventuelle prévalence systématique de ce dernier sur celui de l'hébergement  méritent d’être entendus, mais elles ne doivent en aucune façon nous faire douter collectivement de la nécessité à accompagner chaque fois que possible une personne dans un logement durable. Sur le terrain je confirme la réelle valeur ajoutée de cette politique du logement d’abord .

B. Apparu a parlé du SIAO, de l’attribution des logements … comme des pistes de travail. Quoi qu’il se passe en mai la politique du logement d’abord et ces pistes amorcées seront creusées  car leur principe est bon, il est frappé  au coin du bon sens.

De même selon moi, il ne fait strictement aucun doute que l’agglomération aura un poids capital sur la politique du logement ( vraiment) et enfin de l’hébergement !!!

Mais voilà déjà  l’heure fatidique des annonces politiques. Arrivent, encerclés d’une nuée de journalistes des candidats/compétiteurs/stars de rock n’roll. Globalement je retiens que François Hollande connaît son sujet, pas les autres qui ont des fiches bien faites, mais qui par les intonations, les bafouillages, les réponses spontanées démontrent une intention parfois marketée ( pas toujours)  mais aucune connaissance pointue de cet enjeu et de toutes ces dimensions.

Eva Joly ne veut pas d’expulsion sans solution de relogement, elle insiste comme si ce n’était pas le souhait de tous, elle parle de solutions pour lutter contre le problème énergétique sans citer une seule avancée du grenelle .

Mélenchon populiste précise sans gêne qu’il ne connaît pas en détail son programme car il ne peut pas tout connaitre ! il prétend vouloir donner le logement dont il est propriétaire en échange d’un logement social dans lequel il y aurait du bonheur à vivre !!!!!

François Bayrou, parle poétiquement de la mixité sociale pour le reste c’est assez flou y compris la place donnée au préfet si les collectivités ne tiennent  pas les objectifs….et le rôle des agglomération..c’est déjà le cas non ???

Revenons à François Hollande :

Sa présentation m’a fait réagir  à trois moments !

1 – avec l’air blagueur « je ne ferai pas moi des promesses intenables comme celle de Nicolas Sarkozy, 0% de SDF » oubliant volontairement que cette même promesse avait été faite par Jospin en son temps.

2 – « je suis pour l’encadrement des loyers sur une base moyenne définie par région, ce qui est différent de ce que disent Eva Joly et Mélenchon et ce qui appellera très évidement : des précision pour comprendre si c’est possible, comment et à quel coût ? »plus tard N Sarkozy confirmera son intérêt pour l’encadrement made in germany….alors ???

3 – « je veux instituer 25% de logements sociaux insistant sur le thème de la production donc sur le moyen terme. » rien ne sera dit sur les attributions ni sur le privé rien non plus sur le diffus

Clairement, je pense à la Cub qui a la délégation des aides à la pierre, je me projette dans l’hypothèse ou  nous aurions les budgets adaptés à cette nouvelle donne à ce nouveau chiffre : quid de la mixité sociale ? .

Ici à Bordeaux, tout le monde partage le souci de la mixité sociale, la conviction qu’il faut éviter pour rattraper les chiffres de faire des ghettos en construisant des quartiers entiers de logements sociaux…. 

J’aurais aimé assister à un débat Hollande/Apparu, à un vrai débat de fond …. : comment résoudre sérieusement cette équation terrible : des logements abordables y compris aux revenus les plus faibles , des logements rapidement mais en respectant la mixité ….. ?   30 % de constructions en plus, 25% de logements sociaux …alors messieurs dans le détail ça donnera quoi ?????

Hollande part signer ....et Gaino allait entrer en scène mais …

Il l y a  eu «l ’enfarinage » :

Il y a eu l’emballement médiatique…..des  dizaines de téléchargements de la vidéo de l’enfariné au point qu’on n’entendait plus parler que de ça …au point que l’auditeur/ téléspectateur /internaute n’aura retenu de cette journée terrible que cette scène improbable

Stupéfiant et désolant !

Je suis partie sans plus rien écouter !

Et puis le lendemain matin enlisant la presse, je m’étonnais de ces petites phrases politiques en gros caractère passées pourtant inaperçues la veille dans le propos de chaque candidat …..,

Depuis je pense à tous ceux qui attendent de nous que nous parlions vrai et juste….moi aussi finalement j’attendais là bas ce jour là ....avec une  sensation bizarre depuis des semaines....car enfin  la question du logement était plus claire à l'esprit de tous depuis que Cantona était en scène ...comme si son cri à lui avait plus de sens que leurs cris à eux, ceux qui subissent ....

Le logement devrait être l’un des enjeux prioritaires de cette élection présidentielle.

Malheureusement ce jour là aussi nous avons surtout subi notre système médiatico politicien sensationnaliste ….

Stupéfiant grand oral !

jeudi 29 septembre 2011

Sommet des maires sur les Roms : comme si vous y étiez !

Strasbourg, 300 personnes représentant 34 pays, jeudi 22 septembre pour parler de la population Roms et « Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain ». 

Le ton est donné à la seconde où l’on s’assoit dans l’hémicycle :

« 12 millions de roms vivent en Europe sans pouvoir disposer d’un état d’appui d’origine, ils sont la plus grande minorité de notre vieux continent ( 12 à 15 000 d’entre eux vivent en France dont 40 % d’enfants), pas un seul état membre ne peut dire qu’il n’est pas concerné.....Vous, acteurs locaux avaient les solutions !!!! car c’est vous qui êtes concrètement confrontés à leur présence...... bientôt en 2014 il seront libres de circuler et de vivre dans tous les pays de l’Europe comme tous les habitants de Roumanie et de Bulgarie dont ils sont issus »

Et pour réentendre tout ce qui s’est dit à ce colloque allez jeter un œil ICI

Précisément à Bordeaux, dans notre ville que faisons nous ? aide à la scolarisation, fournitures de fluides, accompagnement au logement ( dans le cadre de la MOUS état/ Cub cette dernière ayant fait de gros efforts en la matière).

Qu’allons nous faire ? Grâce aux deux médiateurs recrutés par la ville dans les rangs des associations expertes en la matière, nous saurons accélérer les processus d’intégration et corriger des situations qui ne sont pas acceptables et disons le aussi mettre un terme à des pratiques illégales.....elles existent, elles sont à la marge mais elles suffisent à nourrir des prises de positions trop souvent manichéennes et toujours discriminatoires pour l’ensemble des roms.

Que devrions nous faire aussi et surtout ?

 

Il nous faut entendre ce que les associations s nous disent depuis longtemps : Priorité à l ‘emploi et qui est rappelé avec force tout au long de cette journée de congrès. Priorité à l’emploi plutôt qu’au logement en tout cas pas de logement sans perspective d’emploi donc de titre de séjour ;

Soyons clairs, donner un logement sans apprendre à l’occuper et faciliter les moyens de l’assumer, de s’en sentir responsables est un effort à fournir mais il sera sans efficacité en plus d’être incompris sans accès à l’emploi.

 

J’assume ma conviction que l’accès à l’emploi des Roms doit être une priorité si l’on veut véritablement agir. Et je rappelle à tous ceux qui s’y opposent en s’étranglant de colère et d’étonnement :

- que dans moins de trois ans : les bulgares et roumains parmi lesquels les roms pourront circuler et résider dans n’importe quel pays d’Europe.

- Qu’à défaut d’avoir envie que chaque homme et femme ait accès à des conditions de vie dignes, on peut au moins admettre que ne rien donner, ne rien entreprendre pour eux revient à les autoriser implicitement à prendre de quoi survivre sans respecter les règles.

- Que la toile et la liberté d’expression qu’elle libère ne doit en aucun cas nous conduire à la simplification et à la radicalisation des avis sans s’imposer qu’ils soient éclairés.

Le chemin est long, étroit et polémique mais il existe et il ne peut se faire qu’ensemble : Mairie État Conseil Général et Conseil régional.

Je vous laisse sur ce chiffre effrayant : 12 millions de Roms vivent en Europe.

Ils ne sont que 47 à voir pu accéder à des fonctions électives.

vendredi 16 septembre 2011

De la bagagerie aux bruits de la rue

Elle est toute petite et l'ambiance est paisible. Les détresses y sont neutralisées le temps d'un café, d'une douche, d'un petit sourire et d'un partage.

Elle avait pourtant fait hurler les voix cette petite bagagerie : des mots avaient claqué au bout de corps raidis, des mots niant la citoyenneté et l'humanité des plus vulnérables. 

Elle est ouverte désormais au 7 rue Ausone à Bordeaux et dans ce tout petit lieu Annick et Catherine font des miracles, prolongeant leur travail bénévole du squat André Meunier (mais maintenant avec un vrai contrat de travail) et ces miracles font parler d'eux et la bagagerie n'est plus un lieu de stigmatisation mais un lieu d'innovation

Le débat uniquement centré sur le financement public du travail social est éculé et démagogique, ne vous y laissez pas prendre !

La bagagerie s'est faite grâce aux financements croisés public / privé. Qu'il était juste et bon de voir à la même table l'Etat, la fondation Abbé Pierre, la fédération du bâtiment, la ronde des quartiers, Domofrance... pour une cause commune.

Et justement, la bagagerie est un symbole de nouveaux horizons. Le travail social doit muter parce que la société française mute, je ne crois plus du tout à l'omnipotence des collectivités et de l'Etat pour accompagner seuls et complètement des plus vulnérables.

Je crois à la nécessité de nouveaux débats de fond qui doivent croiser l'avis d'universitaires, du monde économique, associatif, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires de nos dispositifs.

Les Bruits de la rue ont cette vocation. Les bruits comme les rumeurs et les préjugés qu'il faut combattre. La rue qu'arpentent trop d'hommes, de femmes et d'enfants.

Les Bruits de la rue comme un espoir, un signal, une zone d'influence d'idées qui bousculent et qui rassemblent.

Bordeaux lance les Bruits de la rue et ça commence par des conférences auxquelles j'espère vous viendrez nombreux !

Acte 1 - Serge Paugam le 14 octobre amphithéâtre Duguit "Repenser la solidarité"

Ce cycle est coordonné par le philosophe et directeur de l'UFR de philosophie, Guillaume Leblanc.

mardi 14 juin 2011

La bagagerie et la Case à Bordeaux

Retrouvez mon intervention sur la bagagerie et la Case, deux lieux de régulation sociale à Bordeaux pour les plus vulnérables.


Invitée: Alexandra Siarri, Chargée de la lutte contre les nouvelles précarités. - mytv7
Invitée: Alexandra Siarri, Chargée de la lutte contre les nouvelles précarités.
Mots-clés : cvqld tv7

mercredi 10 novembre 2010

L'hébergement d'urgence à Bordeaux

Pour en savoir plus sur l'hébergement d'urgence à Bordeaux, cliquez ci-dessous.

Invitée: Alexandra Siarri, conseillère municipale mairie de Bordeaux - mytv7
Invitée: Alexandra Siarri, conseillère municipale mairie de Bordeaux
Mots-clés : cvqld tv7Video de mytv7bordeaux

mardi 5 octobre 2010

Les enseignements d'ATD Quart Monde

Paris 20 ème, retour dans la salle de la solidarité pour la suite et la fin de la co-formation  ATD Quart Monde.

 

Je sais maintenant à quoi m'attendre : le groupe se connaît, il a eu le temps depuis la dernière fois de réfléchir à ces histoires de représentations mutuelles souvent très éloignées de la vérité brute...le temps de ressasser le sentiment de solitude et d'humiliation quand on vit la grande pauvreté (http://www.facebook.com/note.php?note_id=469603302222).

 

Nous avons deux jours  désormais pour tenter d'apporter des solutions.

Mais pas tout de suite, nous dit on,pas encore.

D'abord, nous allons lire ensemble, en les décortiquant, les récits d'expériences que l'on nous avait demandé d'écrire la fois dernière : il fallait raconter une histoire forte qui nous avait fait vibrer le coeur  et changer un peu notre manière de voir notre quotidien et nos responsabilités. On s'y met, on lit ensemble, on traduit chacun à voix haute ce que l'on croit avoir compris et se faisant on découvre que la scène peut être vécue parfaitement différemment.

 

Puis,  vient inéluctablement, le moment de l'étude de votre propre texte : les commentaires et les interpérations vous secouent de clairvoyance et parfois de brutalité. J'y pense encore .

 

Mais que je vous dise un peu les histoires que j'ai entendues...

 

Paul raconte comment un dossier de RSA vire au cauchemar : les mots de l'assistante sociale sur l'ordinateur qu'elle a choisit à sa place pour qualifier son projet ont selon lui fermé les portes de financements complémentaires ...en creusant il admet qu'il sait laissé faire, il dit de lui qu'il s'ést senti enfant.

 

Mireille parle de cette femme qu'elle a voulu aider à toute allure parce qu'elle partait en vacances dans deux jours, cette femme qui n'osant pas affronter le regard humiliant de la dame de l'accueil préferait payer son loyer à une borne, sauf que la borne était en panne et que le  loyer ne fut pas payé que l'expulsion était imminente.....mireille dit qu'elle a écrit partout en tant qu'élue pour obtenir des aides ..sauf qu'elle a demandé une aide d'urgence alimentaire et que dans ce stage il lui a été dit que sous pretexte d'aider elle a renvoyé un message atroce : "tu ne paies pas ton loyer tu ne sauras donc pas te nourrir... moi en deux jours je vais régler l'affaire !!!! "

 

Je vous écris ma traduction des récits et des réactions...un autre stagiaire vous dirait sûrement les choses autrement.

 

Une seule  chose est sure : il y a un travail vertigineux à produire pour que ceux dont le métier et ou la responsabilité consiste à apporter de l'aide le fasse en écoutant ceux à qui ils doivent l'apporter !

 

Pour vous en convaincre comme je l'ai été deux  exemples frappant :  la procédure est une garantie d'équité selon les élus une machine à broyer selon les gens qui vivent la précarité, les places d'hebergement d'urgence permettent aux bénéficiaires de ne plus dormir dans le froid selon l'élu elles sont l'élément déclenchant  d'une  dislocation de la famille selon le précaire ....

Une fois les récits décortiqués et nos certitudes décapées...le temps de la production est venu en binôme . Je me suis retrouvée avec evelyne une femme ayant connu l'errance et la séparation d'avec les enfants et petits enfants une femme qui  a su trouvé en elle une force inouie pour retrouver les siens et leur offrir à nouveau un logement, une femme extra-ordinaire qui après avoir suivi l'université populaire d'ATD Quart Monde aide désormais les familles en souffrance .

 

Tous les binômes ont produit des plans d'actions très simples qui seront publiés bientôt sans doute en l'état...je le suppose mais je n'en suis pas sûre ...ce n'est pas grave de ne pas savoir

parce que contrairement à ce que je croyais la veille de cette deuxième partie de co-formation l'essentiel est simple : toujours toujours associer l'usager/administré/citoyen à toute forme de décision publique et encore plus lorsqu'il est vulnérable et en danger.