"La précarité vue par les médias"

C'est à Bordeaux, c'est la 4ème conférence de notre association et nous continuons ensemble à aborder la précarité sans compromis et sans idées préconçues.
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jeudi 23 février 2012
Par vous avez dit durable le jeudi 23 février 2012, 15:48 - Précarité
"La précarité vue par les médias"

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vendredi 17 février 2012
Par vous avez dit durable le vendredi 17 février 2012, 14:13 - Le petit journal d'une élue de la République
C’est un rendez-vous extrêmement important, nous sommes des
centaines à ne le rater sous aucun prétexte. L’état précis du mal
logement y est présenté ; il est fiable et incontournable, il est
commenté sur la base de réalités humaines, souvent très dures. J’y vais
pour partager mes constats, pour entendre les pistes d’amélioration,
pour bousculer ma conscience et garder intact mon engagement pour les
plus fragiles.
Ce 17ème rapport est particulier, d’abord parce qu’il dévoile l’impact de la crise ; l’aggravation des situations d’urgence ensuite parce qu’il est l’occasion d’un débat avec des personnalités de poids presque tous candidats à l’élection présidentielle. Le logement et surtout la lutte contre le mal logement, pourrait être l’un des enjeux de cette campagne. C’est une véritable victoire en soi.
Plus de quatre millions 500 000 ménages souffrent de mal logement, plus de 600 000 enfants souffrent de problèmes de santé et suivent une très mauvaise scolarité du fait des conditions de logement indignes dans lesquelles ils vivent. Un million 800 000 personnes ont des difficultés à payer leur loyer. Je retiens ces trois chiffres, il y en a mille autres à consulter sur www.mobilisationlogement2012.com
Benoist Apparu, actuel secrétaire d’état en charge du logement, en responsabilité, donc, prend la parole. C’est un homme politique que je respecte infiniment : il connaît ses dossiers, les réalités et n’a pas peur d’affronter la contradiction ni de porter des messages parfois complexes.Il avance très concrètement.
Globalement, j’adhère à deux idées simples.
- Il est faux de dire que le gouvernement n’a rien fait sur le logement et l’hébergement depuis quelques années. Sans rentrer dans la bataille des chiffres, je retiens 25 000 places d’hébergement de plus, quatre fois plus de production de logement et les aides à la pierre en baisse ne représentant que 20% des aides globales du gouvernement au logement. L’essentiel étant les aides à la personne.
Il est faux, donc caricatural, donc nuisible de dire que rien n’a été fait. Il est dangereux d’exprimer l’idée simpliste que la CRISE du logement est née avec M. SARKOZY. Cela pourrait vouloir dire que cette situation grave de pénurie pourrait être réglée par un homme ou une femme providentielle en un tour de main …. ce serait terrible de faire croire cela.
- Il est vrai et tristement vrai qu’il reste beaucoup à faire car il n’est absolument pas acceptable que des hommes, des femmes et puis leurs petits vivent dans des conditions misérables.
La politique du logement d’abord est partagée par tous ici , c’est la date de sa mise en œuvre qui pose question.
Les inquiétudes autour de l’engagement financier portant sur la production de logements sociaux et de l’éventuelle prévalence systématique de ce dernier sur celui de l'hébergement méritent d’être entendus, mais elles ne doivent en aucune façon nous faire douter collectivement de la nécessité à accompagner chaque fois que possible une personne dans un logement durable. Sur le terrain je confirme la réelle valeur ajoutée de cette politique du logement d’abord .
B. Apparu a parlé du SIAO, de l’attribution des logements … comme des pistes de travail. Quoi qu’il se passe en mai la politique du logement d’abord et ces pistes amorcées seront creusées car leur principe est bon, il est frappé au coin du bon sens.
De même selon moi, il ne fait strictement aucun doute que l’agglomération aura un poids capital sur la politique du logement ( vraiment) et enfin de l’hébergement !!!
Mais voilà déjà l’heure fatidique des annonces politiques. Arrivent, encerclés d’une nuée de journalistes des candidats/compétiteurs/stars de rock n’roll. Globalement je retiens que François Hollande connaît son sujet, pas les autres qui ont des fiches bien faites, mais qui par les intonations, les bafouillages, les réponses spontanées démontrent une intention parfois marketée ( pas toujours) mais aucune connaissance pointue de cet enjeu et de toutes ces dimensions.
Eva Joly ne veut pas d’expulsion sans solution de relogement, elle insiste comme si ce n’était pas le souhait de tous, elle parle de solutions pour lutter contre le problème énergétique sans citer une seule avancée du grenelle .
Mélenchon populiste précise sans gêne qu’il ne connaît pas en détail son programme car il ne peut pas tout connaitre ! il prétend vouloir donner le logement dont il est propriétaire en échange d’un logement social dans lequel il y aurait du bonheur à vivre !!!!!
François Bayrou, parle poétiquement de la mixité sociale pour le reste c’est assez flou y compris la place donnée au préfet si les collectivités ne tiennent pas les objectifs….et le rôle des agglomération..c’est déjà le cas non ???
Revenons à François Hollande :
Sa présentation m’a fait réagir à trois moments !
1 – avec l’air blagueur « je ne ferai pas moi des promesses intenables comme celle de Nicolas Sarkozy, 0% de SDF » oubliant volontairement que cette même promesse avait été faite par Jospin en son temps.
2 – « je suis pour l’encadrement des loyers sur une base moyenne définie par région, ce qui est différent de ce que disent Eva Joly et Mélenchon et ce qui appellera très évidement : des précision pour comprendre si c’est possible, comment et à quel coût ? »plus tard N Sarkozy confirmera son intérêt pour l’encadrement made in germany….alors ???
3 – « je veux instituer 25% de logements sociaux insistant sur le thème de la production donc sur le moyen terme. » rien ne sera dit sur les attributions ni sur le privé rien non plus sur le diffus
Clairement, je pense à la Cub qui a la délégation des aides à la pierre, je me projette dans l’hypothèse ou nous aurions les budgets adaptés à cette nouvelle donne à ce nouveau chiffre : quid de la mixité sociale ? .
Ici à Bordeaux, tout le monde partage le souci de la mixité sociale, la conviction qu’il faut éviter pour rattraper les chiffres de faire des ghettos en construisant des quartiers entiers de logements sociaux….
J’aurais aimé assister à un débat Hollande/Apparu, à un vrai débat de fond …. : comment résoudre sérieusement cette équation terrible : des logements abordables y compris aux revenus les plus faibles , des logements rapidement mais en respectant la mixité ….. ? 30 % de constructions en plus, 25% de logements sociaux …alors messieurs dans le détail ça donnera quoi ?????
Hollande part signer ....et Gaino allait entrer en scène mais …
Il l y a eu «l ’enfarinage » :
Il y a eu l’emballement médiatique…..des dizaines de téléchargements de la vidéo de l’enfariné au point qu’on n’entendait plus parler que de ça …au point que l’auditeur/ téléspectateur /internaute n’aura retenu de cette journée terrible que cette scène improbable
Stupéfiant et désolant !
Je suis partie sans plus rien écouter !
Et puis le lendemain matin enlisant la presse, je m’étonnais de ces petites phrases politiques en gros caractère passées pourtant inaperçues la veille dans le propos de chaque candidat …..,
Depuis je pense à tous ceux qui attendent de nous que nous parlions vrai et juste….moi aussi finalement j’attendais là bas ce jour là ....avec une sensation bizarre depuis des semaines....car enfin la question du logement était plus claire à l'esprit de tous depuis que Cantona était en scène ...comme si son cri à lui avait plus de sens que leurs cris à eux, ceux qui subissent ....
Le logement devrait être l’un des enjeux prioritaires de cette élection présidentielle.
Malheureusement ce jour là aussi nous avons surtout subi notre système médiatico politicien sensationnaliste ….
Stupéfiant grand oral !
jeudi 29 septembre 2011
Par vous avez dit durable le jeudi 29 septembre 2011, 09:24 - Précarité
Strasbourg, 300 personnes représentant 34 pays, jeudi 22 septembre pour parler de la population Roms et « Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain ».
Le ton est donné à la seconde où l’on s’assoit dans l’hémicycle :
« 12 millions de roms vivent en Europe sans pouvoir disposer d’un état d’appui d’origine, ils sont la plus grande minorité de notre vieux continent ( 12 à 15 000 d’entre eux vivent en France dont 40 % d’enfants), pas un seul état membre ne peut dire qu’il n’est pas concerné.....Vous, acteurs locaux avaient les solutions !!!! car c’est vous qui êtes concrètement confrontés à leur présence...... bientôt en 2014 il seront libres de circuler et de vivre dans tous les pays de l’Europe comme tous les habitants de Roumanie et de Bulgarie dont ils sont issus »
Et pour réentendre tout ce qui s’est dit à ce colloque allez jeter un œil ICI
Précisément à Bordeaux, dans notre ville que faisons nous ? aide à la scolarisation, fournitures de fluides, accompagnement au logement ( dans le cadre de la MOUS état/ Cub cette dernière ayant fait de gros efforts en la matière).
Qu’allons nous faire ? Grâce aux deux médiateurs recrutés par la ville dans les rangs des associations expertes en la matière, nous saurons accélérer les processus d’intégration et corriger des situations qui ne sont pas acceptables et disons le aussi mettre un terme à des pratiques illégales.....elles existent, elles sont à la marge mais elles suffisent à nourrir des prises de positions trop souvent manichéennes et toujours discriminatoires pour l’ensemble des roms.
Que devrions nous faire aussi et surtout ?
Il nous faut entendre ce que les associations s nous disent depuis longtemps : Priorité à l ‘emploi et qui est rappelé avec force tout au long de cette journée de congrès. Priorité à l’emploi plutôt qu’au logement en tout cas pas de logement sans perspective d’emploi donc de titre de séjour ;
Soyons clairs, donner un logement sans apprendre à l’occuper et faciliter les moyens de l’assumer, de s’en sentir responsables est un effort à fournir mais il sera sans efficacité en plus d’être incompris sans accès à l’emploi.
J’assume ma conviction que l’accès à l’emploi des Roms doit être une priorité si l’on veut véritablement agir. Et je rappelle à tous ceux qui s’y opposent en s’étranglant de colère et d’étonnement :
- que dans moins de trois ans : les bulgares et roumains parmi lesquels les roms pourront circuler et résider dans n’importe quel pays d’Europe.
- Qu’à défaut d’avoir envie que chaque homme et femme ait accès à des conditions de vie dignes, on peut au moins admettre que ne rien donner, ne rien entreprendre pour eux revient à les autoriser implicitement à prendre de quoi survivre sans respecter les règles.
- Que la toile et la liberté d’expression qu’elle libère ne doit en aucun cas nous conduire à la simplification et à la radicalisation des avis sans s’imposer qu’ils soient éclairés.
Le chemin est long, étroit et polémique mais il existe et il ne peut se faire qu’ensemble : Mairie État Conseil Général et Conseil régional.
Je vous laisse sur ce chiffre effrayant : 12 millions de Roms vivent en Europe.
Ils ne sont que 47 à voir pu accéder à des fonctions électives.
vendredi 16 septembre 2011
Par vous avez dit durable le vendredi 16 septembre 2011, 10:10 - Lien social
Elle est toute petite et l'ambiance est paisible. Les détresses y sont neutralisées le temps d'un café, d'une douche, d'un petit sourire et d'un partage.
Elle avait pourtant fait hurler les voix cette petite bagagerie : des mots avaient claqué au bout de corps raidis, des mots niant la citoyenneté et l'humanité des plus vulnérables.
Elle est ouverte désormais au 7 rue Ausone à Bordeaux et dans ce tout petit lieu Annick et Catherine font des miracles, prolongeant leur travail bénévole du squat André Meunier (mais maintenant avec un vrai contrat de travail) et ces miracles font parler d'eux et la bagagerie n'est plus un lieu de stigmatisation mais un lieu d'innovation.
Le débat uniquement centré sur le financement public du travail social est éculé et démagogique, ne vous y laissez pas prendre !
La bagagerie s'est faite grâce aux financements croisés public / privé. Qu'il était juste et bon de voir à la même table l'Etat, la fondation Abbé Pierre, la fédération du bâtiment, la ronde des quartiers, Domofrance... pour une cause commune.
Et justement, la bagagerie est un symbole de nouveaux horizons. Le travail social doit muter parce que la société française mute, je ne crois plus du tout à l'omnipotence des collectivités et de l'Etat pour accompagner seuls et complètement des plus vulnérables.
Je crois à la nécessité de nouveaux débats de fond qui doivent croiser l'avis d'universitaires, du monde économique, associatif, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires de nos dispositifs.
Les Bruits de la rue ont cette vocation. Les bruits comme les rumeurs et les préjugés qu'il faut combattre. La rue qu'arpentent trop d'hommes, de femmes et d'enfants.
Les Bruits de la rue comme un espoir, un signal, une zone d'influence d'idées qui bousculent et qui rassemblent.
Bordeaux lance les Bruits de la rue et ça commence par des conférences auxquelles j'espère vous viendrez nombreux !
Acte 1 - Serge Paugam le 14 octobre amphithéâtre Duguit "Repenser la solidarité"
Ce cycle est coordonné par le philosophe et directeur de l'UFR de philosophie, Guillaume Leblanc.
mardi 14 juin 2011
Par vous avez dit durable le mardi 14 juin 2011, 10:18 - Communication, information, sensibilisation
vendredi 17 septembre 2010
Par vous avez dit durable le vendredi 17 septembre 2010, 18:54 - Le petit journal d'une élue de la République
Paris 20ème, ATD Quart Monde expérimente un nouveau type de formation : « co-former pour être transformé » telle est l’ambition !
Un groupe d’élus dont je suis et de militants ( nom donné par l’association aux hommes et aux femmes qui vivent la très grande précarité) vont trois jours durant échanger, débattre sur leurs savoirs autour de l’exclusion.

Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni….revendiquer que l’on ne peut pas lutter contre la misère sans ceux qui la vivent….tels ont les postulats partagés.
Nous serons donc dans cette salle « la salle de la solidarité » pour être chacun formateur et élève , chacun responsable acceptant de se questionner, de se bousculer, de se livrer.
Aujourd’hui, nous travaillons sur les représentations mutuelles : qui est l’élu selon le militant ? Qui est le militant selon l’élu ?
Les groupes feront les mêmes exercices, afficheront en même temps sur un même tableau leurs travaux.
On commence :
« la pauvreté c’est quoi en un mot ? » les élus ont choisi les termes d’exclusion, d’injustice, les militants de froid de peurs, de manque…
« le politique s’illustrerait avec laquelle de ces images ? » les élus choisissent un groupe de marathoniens, les militants une foule sous des parapluies et au milieu un poing levé…..
Les différences de points de vue, de perception sont abyssales Ellle s s'expriment sans jugements…mais on creuse : pourquoi ces mots, que veulent ils dire ?
Celui là, nous suivra toute la journée : « humiliation » jamais très éloigné d’un autre « soumission »….. »c’est dur de demander de l’aide », « c’est humiliant, c’est inquiétant »….Que ferez vous de nos enfants ?
Nous parlons à cœur ouvert : les élus sentent bien dans l’exercice de leur mandat au quotidien, le décalage entre le discours des gens qu’ils voient sur le terrain et ce qu’ils entendent dans les bureaux feutrés des travailleurs sociaux . Les élus connaissent cette frontière ténue entre le temps et la sémantique de la République et ceux de la rue. Ils la connaissent et ils en souffrent plus souvent qu’on ne le dit, pas assez pour qu’on essaie de l’expliquer …comme aujourd’hui.
S’ensuit une présentation de l’organisation administrative de la France et de l’imbroglio des compétences croisées : ici dans cette salle devant ces "combattants" la complexité de nos organisations apparaît ridicule et même un peu déplacée.
A leur tour de nous dire ce qu’ils vivent, ce dont ils ont besoin, ce qui les inquiètent : c’est le temps de la lecture « des apports de connaissances des militants sur la grande pauvreté »
Tout est très fort : « la pauvreté nous suit depuis toujours, on voudrait bien travailler avec vous pour comprendre ce qui ne s’est pas bien passé, on ne veut plus ouvrir les courriers, on a honte de demander devant nos enfants ….. » Tout est simple, derrière leurs mots, pas de jugement, personne dans la salle ne cherche d’échappatoire ! L’écoute est absolue, la conscience des écarts violente.
On nous demande enfin de rédiger un récit d’expériences : quelqu’un que l’on a vu et qui nous a fait franchir une étape dans notre exploration intime autour de ces sujets …On nous a dit que nos émotions, ce qui nous avait touché et ou géné était aussi important que les décisions que nous avions prises ou pas.
Je suis partie remplie des mots du volontaire permanent qui a orchestré cette coformation, ce temps particulier ou l’on casse les représentations mutuelles….remplie et extrèmement reconnaissante.
On nous avait promis et prédit que cette co-formation aboutirait à des transformations personnelles…c’est le cas …il faut qu’elles aboutissent désormais dans les faits ….les deux prochains jours seront consacrés à cette mise en pratique urgente. Rendez vous les 27 et 28 prochains