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jeudi 29 septembre 2011

Sommet des maires sur les Roms : comme si vous y étiez !

Strasbourg, 300 personnes représentant 34 pays, jeudi 22 septembre pour parler de la population Roms et « Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain ». 

Le ton est donné à la seconde où l’on s’assoit dans l’hémicycle :

« 12 millions de roms vivent en Europe sans pouvoir disposer d’un état d’appui d’origine, ils sont la plus grande minorité de notre vieux continent ( 12 à 15 000 d’entre eux vivent en France dont 40 % d’enfants), pas un seul état membre ne peut dire qu’il n’est pas concerné.....Vous, acteurs locaux avaient les solutions !!!! car c’est vous qui êtes concrètement confrontés à leur présence...... bientôt en 2014 il seront libres de circuler et de vivre dans tous les pays de l’Europe comme tous les habitants de Roumanie et de Bulgarie dont ils sont issus »

Et pour réentendre tout ce qui s’est dit à ce colloque allez jeter un œil ICI

Précisément à Bordeaux, dans notre ville que faisons nous ? aide à la scolarisation, fournitures de fluides, accompagnement au logement ( dans le cadre de la MOUS état/ Cub cette dernière ayant fait de gros efforts en la matière).

Qu’allons nous faire ? Grâce aux deux médiateurs recrutés par la ville dans les rangs des associations expertes en la matière, nous saurons accélérer les processus d’intégration et corriger des situations qui ne sont pas acceptables et disons le aussi mettre un terme à des pratiques illégales.....elles existent, elles sont à la marge mais elles suffisent à nourrir des prises de positions trop souvent manichéennes et toujours discriminatoires pour l’ensemble des roms.

Que devrions nous faire aussi et surtout ?

 

Il nous faut entendre ce que les associations s nous disent depuis longtemps : Priorité à l ‘emploi et qui est rappelé avec force tout au long de cette journée de congrès. Priorité à l’emploi plutôt qu’au logement en tout cas pas de logement sans perspective d’emploi donc de titre de séjour ;

Soyons clairs, donner un logement sans apprendre à l’occuper et faciliter les moyens de l’assumer, de s’en sentir responsables est un effort à fournir mais il sera sans efficacité en plus d’être incompris sans accès à l’emploi.

 

J’assume ma conviction que l’accès à l’emploi des Roms doit être une priorité si l’on veut véritablement agir. Et je rappelle à tous ceux qui s’y opposent en s’étranglant de colère et d’étonnement :

- que dans moins de trois ans : les bulgares et roumains parmi lesquels les roms pourront circuler et résider dans n’importe quel pays d’Europe.

- Qu’à défaut d’avoir envie que chaque homme et femme ait accès à des conditions de vie dignes, on peut au moins admettre que ne rien donner, ne rien entreprendre pour eux revient à les autoriser implicitement à prendre de quoi survivre sans respecter les règles.

- Que la toile et la liberté d’expression qu’elle libère ne doit en aucun cas nous conduire à la simplification et à la radicalisation des avis sans s’imposer qu’ils soient éclairés.

Le chemin est long, étroit et polémique mais il existe et il ne peut se faire qu’ensemble : Mairie État Conseil Général et Conseil régional.

Je vous laisse sur ce chiffre effrayant : 12 millions de Roms vivent en Europe.

Ils ne sont que 47 à voir pu accéder à des fonctions électives.

jeudi 2 décembre 2010

Facebook : outil de communication pour les élus ou outil de conversation avec les élus ????

Retrouver l'article que Sud Ouest a consacré à l'utilisation de Facebook par les élus girondins. 

dimanche 8 août 2010

Selon JV Placé, numéro 2 des Verts, Juppé est un expert en DD

Je suis juppéiste et écolo.

Je suis juppésite depuis que je m'intéresse à la politique. L'écologie m'est apparue comme une évidence trés tôt, aidée en cela par une éducation sensée grâce au contact permament de la terre, en Charente.

Mon métier me permet d'être reliée en permanence aux petits de 6 à 11 ans et à leurs enseignants : je tente d'apporter des éclairages facilitateurs à leurs projets concrets de Développement durable dans leurs écoles....la Communauté Urbaine de Bordeaux a sur ce point une avance considérable grâce à une volonté politique jamais démentie depuis 10 ans 

Juppéiste et écolo donc !!!

et puis lectrice de l'express..... 

M Placé numéro 2 des verts un mouvement dont les membres sont plutôt reconnus pour leur indépendance, leur liberté de ton et leurs convictions alternatives a répondu récemment à une interview de l'express..


Chacun de ses mots semble soupesé et le ton est parfaitement maîtrisé.

Quelle joie alors de lire que cet éminent représentant de l'écologie considère qu' A Juppé est un expert du développement durable... (.http://www.lexpress.fr/actualite/politique/jean-vincent-place-je-suis-un-homme-de-pouvoir_908930.html)

Joie d'autant plus grande que je reprochais à un ami aquitain vert de n'être avec le maire de Bordeaux qu'un comptable de ses manquements à leurs principes les plus aboutis.....et que je m'attristais qu'il n'arrive jamais à reconnaître la chance qu'un ténor de droite ait compris les enjeux écolos et en appliquent les nouvelles règles sur notre territoire.

Le numéro 2 de leur mouvement lui n'a pas besoin d'être convaincu !!!

Juppéiste et écolo je le suis donc..... et ravie que de plus en plus d'écolos aient envie si ce n'est de devenir juppéistes au moins d'en reconnaître l'intérêt d'y réflèchir !

mardi 16 mars 2010

Malgré tout allez voter !

Votre verdict est parfaitement clair. Sa sévérité est à la hauteur de la surdité politico-médiatique.

La moitié d’entre vous a abandonné son droit le plus précieux : celui de voter donc de participer à la construction collective de son avenir.

Les professionnels de quelque parti que ce soit, partagent deux analyses et s’en répartissent le ton paternaliste, dogmatique ou suffisant :
« Les régions sont une collectivité très jeune… et la vie politique est sinusoïdale t’obligeant à vivre des hauts et des bas ! »


Depuis 28 ans, vous êtes appelés à voter pour les conseillers régionaux, pour ceux qui délibèrent sur les formations, le développement économique, l’aménagement du territoire, les infrastructures…..bref pour ceux qui peuvent apaiser vos angoisses : emploi, sécurité alimentaire, santé, défi écologique…

28 ans, c’est le tiers d’une vie. Depuis 28 ans, le taux d’abstention ne cesse d’augmenter et avec lui, la crédibilité du politique de se déliter »


« L’embrouillamini orchestré est l’aliment essentiel de l’abstention ! ». On nous rabâche que voter à gauche pour les régions revient à sanctionner le Président et son gouvernement. Mais dîtes moi, n’avons nous pas dans notre pays une longue tradition républicaine ? Nous ne sommes pas un état fédéral, l’opposition Régions/Etat est inaudible pour beaucoup, repoussante pour 50% d’entre vous.

L’enjeu régional a été balayé, l’enjeu écologique sacrifié.

Tandis que j’écris ce nouvel épisode de mon carnet de campagne, Europe écologie et le PS négocient les projets et les places…dans une logique de front anti droite. Les négociations doivent être difficiles tant les projets étaient différents. La gouvernance le sera évidemment aussi !

Ce dimanche d’attente fut terrible : les personnalités se révèlent tandis qu’une pluie de chiffres s’abat au rythme frénétique des textos et sonneries de téléphone survoltés.
Je retiens l’élégance de Xavier qui dans la tourmente n’a cessé d’être un homme à l’écoute des fragilités voisines.

Je retiens aussi celle de mon voisin de gauche qui sur mon premier plateau

télévisé n’a pas pu s’empêcher de me faire la leçon de l’humilité ni su résister à la tentation facile de me faire passer pour « une petite marionnette de l’UMP ». Pauvre de lui !

L’abstention est à la hauteur de la machine à désespoir que l’aveuglement et la surdité idéologiques fabriquent depuis quelques années déjà.

A l’heure ou dans les salons, on conclut des unions fragiles et ou à l’abri des regards de part et d’autre on se laisse aller à son amertume, je veux plus que jamais faire de la politique, vous redonner l’envie de croire en elle.

L’abstention est un réservoir de voix qui veulent en entendre de nouvelles.

Mais nous ne devons jamais oublier que le droit de vote est avant tout une chance et une responsabilité.

lundi 15 mars 2010

Il faut aller voter aux élections régionales !

Alexandra Siarri nous dit pourquoi il est important d'aller voter aux élections régionales en Aquitaine.

mardi 26 janvier 2010

Portraits de femmes en politique à l'occasion des Régionales 2010

J'ai rencontré Sonia Moumen, il y a quelques mois, puis nos chemins se sont croisés de nouveau un peu avant Noël. Sonia m'a parlé de son projet de "Carnet de campagne". Après avoir hésitée une seconde, j'ai dit oui à son idée qui vous permettra je l'espère de mieux me connaître ou de me reconnaître sous la plume de quelqu'un d'autre que moi.

www.carnetdebordeaux.fr - le blog de Sonia Moumen

Pourquoi des femmes choisissent-elles de s’engager en politique ? Comment vivent-elles leur engagement ? Comment font-t-elles campagne ?
A l’occasion des élections régionales 2010, j’ai choisi de « suivre » des candidates de quelques-unes des listes.
Durant deux à trois mois, elles ont accepté de participer à la série Carnet de campagne : portrait, suivi durant la préparation et le déroulement de la campagne, bilan quelques semaines après les résultats et les prises de fonction éventuelles…
Premier portrait avec Alexandra Siarri, numéro 2 sur la liste UMP menée par Xavier Darcos. Suivra celui de Marie Bové, tête de liste Gironde pour Europe écologie emmenée par Monique de Marco…

"Elle aime parler de ses origines modestes et agricoles en terre charentaise, mais surtout de l’omniprésence de la famille, de sa famille, dans son parcours. De son enfance, elle dit qu’elle a été « remplie d’amour ». Elle parle volontiers de son père, directeur d’une maison familiale rurale, où les cours étaient dispensés en alternance à des jeunes sortis du parcours scolaire classique. Elle évoque aussi sa mère - enseignante de français et secrétaire dans cette même maison familiale -, son frère aîné, ses grands-parents et une kyrielle d’oncles et de tantes, de cousins et de cousines. La famille est nombreuse et surtout très engagée en politique. Son père, Marc Courjaud est conseiller général en Charente ; les autres membres de la tribu, conseillers municipaux pour la plupart : « c’est une totale marque de fabrique. J’ai compris un peu tardivement que tout le monde n’était pas comme ça. En même temps, personne n’est encarté. On ne comprend d’ailleurs pas bien le concept »."

Pour lire la suite du portrait http://www.carnetdebordeaux.fr/2010/01/21/portrait-de-campagne-alexandra-siarri/

vendredi 22 janvier 2010

Je suis numéro 2.....

Je suis en campagne. Mes sens sont en alerte permanents. Plus une seconde de ma vie  n’échappe à ce chiffre !

Mon carnet d’adresses va finir par se rebeller tant je le sollicite…tant je le remplis aussi en m’obligeant à étouffer ma timidité et à apaiser mes doutes.

Je rencontre des dizaines de nouvelles personnes chaque jour et le spectre de mes intérêts à la vie collective  est définitivement illimité.

Je sais déjà que je serai orpheline de ces temps si particuliers de débats républicains. Ces 100 jours seront un point d’orgue exaltant et cruel….je le sais.

N°2 exige d’accepter de recevoir l’amitié ou de subir le désaveu  d’inconnus qui ne chercheront à savoir qui vous êtes que dans un second temps et  si l’occasion se présente.

N°2 impose d’aller de l’avant, partout, pour vous faire reconnaître …en tout cas connaître. La plupart des mots échangés et des visages écoutés sont exigeants. Ceux qui m’apprennent candidate me questionnent et nous immergent toujours, dans un face à face concret.

Je retrouve dans ces échanges, les raisons profonds de mon engagement politique : chacune de mes rencontres a une idée de son territoire, de sa région, des directions vers lesquelles tendre, des  dangers qui la menacent. Mais tous soupçonnent le candidat de s’adonner à un exercice de style mixant le marketing, la « bien pensance » et l’approximation.

Je suis numéro 2 pour les élections régionales.

Etonnamment ces élections là sont boudées parce qu’incomprises…. Et pourtant  les conseillers régionaux ont une immense responsabilité : aménagement du territoire, transports, formation, emploi, développement économique, santé, culture…. Ils décident de la structure de nos vies et surtout ils sont garants de l’avenir …leurs décisions s’imposent sur tout le territoire donc sur celui de nos communes et de nos départements. La région est l’interlocutrice naturelle de l’Europe : plus personne n’ignore que notre destin est européen aussi.

Pensez à ce débat tout simple, des poubelles qui débordent  dans notre Bordeaux patrimoine mondial de l’Unesco …la question n’est pas de savoir qui de la Cub ou de la mairie ramassera plus souvent ou différemment nos déchets. La réponse est tout simplement  à la région qui doit donner les moyens aux entreprises de passer le cap de la révolution écologique en produisant moins de déchets, en concevant donc autrement …peut être des services plutôt que des produits en tout cas des produits  « décarbonnés »…..

Soyez conscients qu’à l’heure ou l’on nous dit que 600 000 emplois verts seront crées, rien ne sera possible si les formations ne permettent pas d’appendre ces nouveaux métiers, si les chercheurs ne travaillent pas de concert avec le monde de l’entreprise….

Je suis numéro 2 sur la liste UMP derrière Xavier Darcos ministre. Je mesure l’immense responsabilité qui m’a été donnée et la confiance aussi ! Rendez vous compte c’est une brèche citoyenne éminemment vertueuse : non encartée, élue depuis à peine deux ans je peux accéder à une élection de cette nature et frotter mes idées à un homme qui gère les affaires de notre pays. Comment peut on voir cette opportunité autrement que comme le symbole d’un système politique qui s’adapte au bruit de la rue qui gronde ???

Je suis en place et bien décidée à faire entendre la voix de l’écologie et de la solidarité dans ces élections régionales, à contribuer à ma mesure et en toute humilité à ces défis du nouveau monde qui s’imposent à nous.

Je suis en place, je suis aussi à ma place comme beaucoup pourraient l’être s’ils décidaient de redonner leur confiance au combat de la noble  politique.

Etre en campagne, c’est se donner les moyens de sa liberté de parole et participer  j’en suis certaine, à la quête collective de « fraternités productives ».

 

mercredi 25 novembre 2009

Un outil interactif pour aider les villes à réduire leurs émissions de CO²

À l'occasion des journées portes ouvertes (du 5 au 8  octobre 2009), la Commission européenne a présenté, dans le cadre d'un atelier thématique, un instrument interactif en ligne efficace destiné à aider les villes à établir leur plan d'action pour l'énergie durable (SEAP) et à en faciliter l'évaluation. Les maires et les collectivités locales participant à cet atelier mardi 6 octobre ont découvert «comment les villes établissent leur plan d'action pour l'énergie durable (SEAP) et font le bilan de leurs émissions de CO 2 » en apprenant à utiliser le nouveau modèle en ligne. La Convention des Maires ne cesse de se renforcer; elle compte à ce jour 700 signataires.

«Avec le modèle et les lignes directrices pour les SEAP, la Convention des Maires entre dans une phase de maturité technique en permettant à n'importe quelle ville de passer de l'engagement à l'action», a déclaré Andris Piebalgs, membre de la Commission chargé de l'énergie.

Un modèle pour les plans d'action pour l'énergie durable (SEAP)

La Convention des Maires entre dans sa phase de maturité technique: Les signataires de la Convention élaborent et se préparent à présenter leur propre plan d'action pour l'énergie durable (SEAP) , comme ils s'y sont engagés en ratifiant la Convention.

Le premier outil décisif, un modèle en ligne, destiné à aider les villes à structurer et à présenter leur SEAP et leur bilan des émissions existantes, a été mis en ligne, avec des instructions pratiques. Cet outil est accessible à tous depuis octobre et permettra d'assurer le suivi de la mise en œuvre de la Convention. Les informations clés résultant des SEAP seront ensuite publiées via le site internet www.eumayors.eu .

Les signataires de la Convention sont invités à compléter le modèle en ligne en donnant des informations concernant leur stratégie globale , un bilan détaillé de leurs émissions de CO 2 , et les mesures figurant dans leur plan d'action pour l'énergie durable .

Le fonctionnement du service d'assistance technique de la Convention est assuré conjointement par le bureau de la Convention des Maires et par le Centre commun de recherche de la Commission européenne à Ispra.

Succès extraordinaire

Depuis le lancement en 2006 de cette initiative ambitieuse de la Commission européenne, la Convention des Maires connaît un succès extraordinaire. Au 1 er octobre 2009, plus de 700 maires, représentant plus de 110 millions de citoyens, ont ratifié la Convention et se sont ainsi engagés à réduire les émissions de CO 2 de leur municipalité au-delà de l'objectif de 20 % pour 2020.

Les signataires bénéficient de l'aide de plus de 33 structures d'appui - des réseaux de collectivités locales et régionales et d' administrations publiques qui donnent des orientations stratégiques et apportent un soutien financier et technique aux municipalités désireuses de ratifier la Convention des Maires. L'engagement de ces intervenants est de la plus haute importance pour la réussite de la Convention des Maires.

Informations générales:

www.eumayors.eu

jeudi 12 novembre 2009

La réforme des collectivités est une nécessité absolue et une opportunité historique

Bac +5 en droit, fonctionnaire depuis 10 ans, élue depuis 2, il m'arrive encore trop souvent d'être perdue dans les méandres administratifs.


Les fonctionnaires et les élus sont pourtant animés d'un profond sens du service public, malgré tout ce qu'on en dit. Mais le compromis démocratique, l'intérêt général qui doit prendre le pas sur les intérêts particuliers, désorientent et irritent.

Le constat est simple et partagé : morcellement des structures administratives, enchevêtrement des compétences, financements croisés, manque de lisibilité pour le citoyen, lassitude des élus locaux de terrain dont je suis.

Le logement par exemple, relève de la compétence croisée de l'Etat, du Conseil Général, du Conseil Régional, de la Cub, de la Mairie...selon que l'on parle du terrain, de votre situation en tant qu'individu ou en tant que membre de l'unité familiale ou encore de votre besoin ( type de logement, surface.....).
Depuis deux ans, je m'évertue à comprendre, à tisser des liens, à répondre aux habitants autrement qu'avec ses premiers mots " je vais me renseigner". Chaque demande exige du temps, pour identifier de quel programme, de quel dispositif, de quel interlocuteur dépend le dossier du demandeur!!!!

Pour le développement durable.....c'est un constat plus désarmant encore...le CG, le CR, la Cub, la Mairie, chacun fait son agenda 21 et ou son plan climat générant ses propres communications et concertations...tous parlent d'une autre manière de se déplacer, de vivre, de consommer, d'habiter,
tous mais rarement ensemble.....

Et pourtant....

Nous tous, sans exception, partageons l'angoisse d'une certaine mondialisation et l'exigence d'une politique de grande proximité.

 Nous tous, courons après vous, après une meilleure participation citoyenne pour retrouver le bonheur du "vivre ensemble"....l'indispensable recours à la responsabilité individuelle au profit du collectif.....la fameuse COCONSTRUCTION d'une nouvelle société.

 Nous tous, savons que l'organisation administrative conçue, il y a des décennies, n'est plus adaptées aux nouvelles exigences sociétales : Près de 80% des 64 millions de français vivent en ville en 2008 contre un sur deux seulement en 1936.

Alors forts de tous ces constats, est ce qu'il n'est pas essentiel d'affirmer que cette réforme est tout simplement incontournable ? J'en ai la conviction.

Gardons en tête deux éléments écrits dans l'exposé des motifs qui précédent le projet de loi :

- C'est un chantier difficile qui ne peut aboutir qu'avec la fixation d'un délai, d'une méthode et de principes clairs. C'est évidemment schizophrénique pour un élu de militer pour une réforme qui scie la branche sur laquelle il est assis !


- La clarification des compétences des collectivités se fera autour du principe de SPECIALISATION mais en GARANTISSANT le respect des INITIATIVES LOCALES. Ces mots là ont un sens tout de même !!!! dans notre démocratie reconnue universellement.

Je suis résolument POUR débattre de cette question librement, ouvertement mais honnêtement.

Les élus n'aideront pas les citoyens à révolutionner leurs modes de consommer, de produire, de vivre pour sauver la planète et l'humanité......s'ils n'acceptent pas eux même de révolutionner le système politique dont ils font partie et que les électeurs désertent.

vendredi 6 novembre 2009

L'élu présumé coupable.


7H40, son mail tombe. L'objet : Apologie de la médiocrité?

Je ne connais pas l'auteur.Il n'a pas cherché à me voir, à m'appeler. Il a conclu son mail coléreux, d'un ton moqueur revendiqué en m'invitant "moi la jeune cadre supporter dynamique à consulter son site !!!!"

8H10, je l'appelle illico : "Bonjour monsieur, je m'appelle Alexandra Siarri, je prends à l'instant connaissance de votre mail, vous avez du temps pour que nous échangions ?"

Mon interlocuteur est étonné que je l'appelle aussi vite. Je suis étonnée de son étonnement.

Je lui demande, puisqu'il a m'a écrit en condamnant virulemment mon engagement, quels sont les mots du délit qui ont déclenché son ire ?

La réponse n'est pas claire. Son combat est plus profond me dit il.

Il m'indique que les éoliennes que l'on construit ici et là sont improductives. Elles ne seraient pas à la différence de celles de l'Europe du Nord, assez puissantes. Et puis, et puis... Il faudrait qu'elles fonctionnent plus de dix ans peut être, pour compenser les gaz à effet de serre, générés par leur production et leur installation.

Je lui propose de publier tel que son mail, lui donne mon numéro, l'invite à me rencontrer quand il viendra à Bordeaux. J'irai sur son site me nourrir son avis tranché. Je me permettrai de prendre du recul ce qu'il n'a pas voulu faire avec mes mots ( ceux là j'imagine ) .

Il a lu mes textes, a choisi de les sanctionner sans débats...élu présumé coupable, plus encore sur la toile !

Je suis satisfaite de l'avoir appelé, c'est aussi mon travail de répondre à ces colères. Je préfère quand elles me sont clairement formulées, je peux  y répondre, tâcher de les comprendre, avancer sur le chemin du compromis démocratique.

Combien sont ils à avoir ces colères sans les dire?

L'élu présumé coupable, l'élu porteur de "savoirs savants", évidemment manipulateur !!!

Bref, l'élu est souvent celui auquel on s'adresse pour se fâcher.

 

mercredi 4 novembre 2009

La ville basse consommation, un défi

Gérard Magnin, 58 ans, délégué général d'Energie-Cités depuis 1994, est à l'origine de ce réseau réunissant 1 000 villes de trente pays européens. Il a été représentant de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie en Franche-Comté. Il a écrit de nombreux articles et il est coauteur, avec Denis Clerc, Claude Chalon et Hervé Vouillot, de Pour un nouvel urbanisme (Edition Yves Michel, 2008).

Les objectifs européens et français d'économies d'énergie vous semblent-ils suffisants ?
Non. La conscience des changements nécessaires est sous-estimée, ce qui conduit à un grand écart entre les objectifs et les mesures proposées. L'éco-conditionnalité des politiques publiques reste d'ailleurs l'exception.

Economies d'énergie ou renouvelables, quelle politique le gouvernement doit-il privilégier ?
La rationalité commanderait de privilégier les économies d'énergie, car la rentabilité est meilleure. Mais cessons de séparer les deux. Pensons les économies et les renouvelables ensemble, de façon intégrée. Viser un haut pourcentage d'énergies renouvelables agit comme un levier pour consommer peu.

Sentez-vous une prise de conscience réelle des élus, dans les villes et au-delà ?
L'association Energie-Cités a été créée en 1990 - afin de renforcer le rôle et les compétences des communes en matière énergétique - , avec six villes, en pleine dépression pétrolière. Nous sommes maintenant un millier d'une trentaine de pays. C'est en soi un indicateur. La Convention des maires, lancée début 2009, a déjà donné l'occasion à plus de 700 maires européens de s'engager volontairement, au-delà des objectifs de l'Union.

On pense souvent que la France est en retard... La France a un retard sur les plus avancés : son système centralisé n'a pas permis aux initiatives locales de s'épanouir autant que nécessaire. Mais si les dispositions relatives à l'urbanisme prévues dans le projet de loi Grenelle 2 sont confirmées, on aura franchi un grand pas : pour l'instant, - mêler - l'énergie ou les émissions de CO2 à l'urbanisme est interdit. Cela devrait devenir obligatoire !

Y a-t-il, en France, quelques villes modèles ?
Il y a de bons exemples d'actions souvent menées dès la fin des années 1970 : Rennes, Grenoble, Besançon, Montpellier... Aujourd'hui, on va plus loin : le nombre de villes engagées dans des plans climat-énergie, des tramways, des plans vélo, témoigne de cette dynamique. On passe à des politiques globales, portées par les maires eux-mêmes. Cela devient stratégique !

Quelles sont les priorités d'une politique d'économies d'énergie : l'habitat, les transports... ?
L'objectif et le défi, c'est une ville " basse consommation " approvisionnée de façon significative en énergies renouvelables. Il faut donc améliorer l'habitat, le tertiaire, les transports. Mais c'est le système urbain et périurbain dans son ensemble qui doit être efficace. Les villes s'y engageant seront gagnantes. Une tâche immense et enthousiasmante : loin d'une frustration, la ville basse consommation doit être celle du bonheur d'y vivre. C'est la raison d'être du think tank " Imagine, le futur énergétique de ta cité ", initié par Energie-Cités.

N'est-on pas condamnés à un retour aux concentrations urbaines, pourtant rejetées par des citadins en mal d'espace ?

Tout citadin ne rêve pas d'un pavillon périurbain. Et celui qui s'exile d'autant plus loin qu'il est moins fortuné devient vite la victime de l'inéluctable augmentation des prix énergétiques. On doit privilégier une organisation de type " groseille " plutôt que " pastèque ". La ville pastèque s'étend de façon concentrique, se dédensifie à mesure qu'on s'éloigne du centre. La ville groseille s'organise en réseau, de façon multipolaire ; la densité de chacun des grains est suffisante pour permettre l'existence de services publics et privés, les transports publics et les modes doux.

Croyez-vous à l'émergence de cités " zéro carbone ", comme Masdar City à Abou Dhabi ?
Si c'est un laboratoire in situ, pourquoi pas ? Si c'est le modèle d'une ville supposée reproductible, non ! C'est tout le débat sur l'influence et les limites de la technologie. Sans un nouvel art de vivre en ville, un changement culturel profond de nos rapports avec notre environnement naturel, il n'y a pas d'espoir de changement ! La technologie peut y aider, pas le remplacer.

Comment financer le surcoût entraîné par les nouvelles normes énergétiques ?

La question est complexe, mais prenez les transports. Une partie du financement des infrastructures de tramways devrait provenir des plus-values foncières engendrées par l'infrastructure elle-même. Le foncier prend de la valeur s'il est desservi par le tram. Une telle disposition figurait dans la loi Grenelle, mais les sénateurs l'ont détricotée ! Espérons que les députés vont la réintroduire.

Propos recueillis par Jean-Michel Bezat - Source Le Monde

mercredi 28 octobre 2009

Il faut en France un grenelle de l'éducation au développement durable

Et c'est urgent.

Nous sommes à Caen pour les deuxièmes assises nationales de l'éducation au développement durable, des repprésentants de l'état, des collectivités, des entreprises, des associations de nos 22 régions seront normands pendant 72 heures.

Au programme, nos enfants !!!! mais pas seulement.

Tous déplorent un double constat :

- il se passe des choses formidables sur le terrain, des changements de comportements concrets grâce à une gouvernance écologique ....qui bouleverse les codes de cette société qui s'abîme.

- il n'existe pas de vraie dynamique partagée au plus haut niveau qui irradierait toutes ces initiatives...chacun y va de son agenda 21 de son plan climat ...trop peu en comprennent les enjeux , trop peu en attendent des résultats autres qu'éléctoraux.

Ces centaines d'hommes et de femmes sont des professionnels et des acteurs de terrain qui abordent le développement durable d'abord sous l'angle humain, social....qui accompagne avec patience et écoute les révolutions de chacun...

La crise impacte les budgets des collectivités, menace donc ce tissu associatif pourtant incontournable....

Il nous faut un grenelle de l'éducation et c'est urgent !!!

dimanche 18 octobre 2009

Quand l'élu monte sur le ring !!!!

La salle est longue, elle abrite un miroir vertigineux. 150 citoyens sont assis.Ce soir, le conseil de quartier se tient où je crois que l'on danse d'habitude. 

Le visage rond, animé d'une moustache souriante, il se tient face à moi. Je l'observe de tous mes sens, tant je veux voir l'effet de nos mots sur les siens. Souvent quand je dois m'exprimer en public, je choisis instinctivement pour maîtriser mon rythme cardiaque le représentant secret de mes auditeurs. 

Ce soir, c'est cet homme appliqué.

Nous sommes ( élus et fonctionnaires) en rang d'oignons, à moitié blottis tant la tâche de rendre des comptes est exaltante mais éprouvante aussi. Il nous faudra résumer notre action en deux heures quand nous sommes des milliers à travailler des jours durant, pour une ville plus solidaire ( devoir de proximité) et plus compétitive ( exigence de la mondialisation), deux heures pendant lesquelles il faut parler de la ville, du quartier, de la rue, "de l'intime et du collectif". La parole est libre, les bonnes réponses elles sont obligatoires. La pression prend les tripes !

Ce soir là, dans cette salle de danse, je viens débattre en place publique avec des citoyens avertis et vigilants ( au regard de la population effective, une poignée donc) de notre politique de développement durable. Je m'inquiète que 90 % des bordelais ( interrogés en sondage) se disent sensibilisés au DD mais que plus de 50% d'entre eux pensent que cela ne concerne pas Bordeaux !!! Je suis convaincue que la puissance publique ne gagnera pas le défi écologique en tendant vers un dressage comportementaliste des citoyens....la bataille est ailleurs : elle est dans notre capacité à susciter et accélerer la révolution écolo de chacun, à susciter une nouvelle forme de liberté, de responsabilité individuelle.

Ce soir là, devant ce miroir, nous avons parlé de sens unique, de vélos, de bruit, de culture, de poubelles, de chicanes, de prostitution..... Une intervention particulière mérite que je la couche sur cet article. Une femme a dit son émoi que les poubelles débordent ( l'opposition tapie s'en est trouvé rassénerée..elle qui aime à rappeler qu'il y a des rats en ville). Je partage son émoi comme des centaines d'autres .Nous voudrions tous une ville propre mais j'aimerais que cette propreté ne s'évalue pas uniquement dans la rue mais aussi dans notre air. Cette dame voudrait que nous demandions un ramassage plus fréquent....c'est possible en payant plus d'impôt mais en réalité ça ne règle rien....rien de rien !!!

Je dis que les élus ont la responsabilité d'interroger les consciences de tous, de réveiller les consomm'acteurs. Leur rugissement doit pousser à la sobriété des emballages donc à la réduction des déchets à la source...à la disparition du rat autant que des particules au dessus des incinérateurs dans notre ciel saturé. J'ai donc rejoint tous ceux qui montent sur le ring pour des débats difficiles, anxiogènes, ceux ou la bonne réponse publique n'est pas celle que l'on attend mais celle qui interroge.


Jacques Higelin - Géant Jones

mercredi 24 juin 2009

Cohn-Bendit, Juppé ... L'écologie enfin !

On n'a jamais parlé autant écologie et développement durable que depuis les résultats des récentes élections européennes.

crédit photo : culturClub

 

Celles-ci ont provoqué un véritable bouleversement du paysage politique français, en portant notamment au triomphe la liste Europe Écologie, menée par un Daniel Cohn-Bendit que beaucoup disaient fini. Il se trouve que le thème de l'écologie, popularisé dans les médias par Nicolas Hulot et Yann Arthus-Bertrand (d'aucuns disent même que le succès de son film Home n'est pas étranger au score de "Dany") est enfin devenu l'une des préoccupations majeures des français... du moins des quelque 40% qui ne sont pas abstenus d'aller voter.

 

C'est aussi celle d'Alain Juppé, ancien Premier ministre et actuel maire de Bordeaux, qui fait de sa ville un véritable laboratoire à grande échelle. CulturClub l'a rencontré, histoire de comparer ses propos avec ceux de Daniel Cohn-Bendit et de rappeler que le respect de l'environnement n'est pas qu'une affaire de gauche.

 

La tête de liste triomphante d'Europe Écologie et le Maire de Bordeaux dissertent sur le thème fort du moment sur ce site où vous trouverez de nombreuses vidéos et interviews.

mardi 16 juin 2009

Eviter à tout prix que le ciel ne nous tombe sur la tête

Tous les lieux recevant du public, c'est à dire potentiellement vous et moi, reçoivent la visite d'une commission de sécurité...présidée systématiquement par un élu. Les cinémas, les restaurants, les hôtels, les musées, les grandes surfaces.....sont visités, contrôlés. L'ensemble des réglementations doivent être appliquées. Et ces réglementations, au fur et à mesure des accidents mortels recensés, se durcissent.

J'ai présidé une de ces commissions cette semaine : dans un hôtel meublé / restaurant. 10 chambres individuels louées au mois ou à la nuit. 10 chambres avec un aménagement spartiate, sans télévision, ni décoration. Un sommier approximatif, une salle de bain morose, des rideaux propres mais sinistres, des meubles sans âme, une porte qui n'est plus qu'un battant pour cacher l'intimité tant elle est déformée. Des chambres anonymes, qui n'offrent ni réconfort ni chaleur donc, des chambres qui coûtent chacune 360 euros par mois. Et pourtant des chambres prisées car elles sont le dernier rempart avant le centre d'hébergement d'urgence ou les bosquets qui longent la ville et qui accueillent des hommes et des femmes squattant les espaces verts .

Les propriétaires de cet hôtel sont un jeune couple usé par le travail 24H sur 24H et 7 jours sur 7 qui gagne à peine sa vie, inquiet toujours de cette clientèle au bord du gouffre émotif et social. Ils veulent vendre, mais" qui voudrait acheter pour mener cette vie hasardeuse?"", c'est ce qu'ils disent.

Bref, l'homme nous accueille avec l'air désabusé de ceux qui veulent se protéger des regards inquisiteurs, de ceux qui savent qu'on leur annoncera une nouvelle de plus, une mauvaise nouvelle, malgré l'effort . Il ne peut pas payer les organismes agrées, pas acheter les portes blindées pour isoler les cuisines, foyer à risques...cuisines qui jouxtent les sas d'évacuation!!!!!!!!, pas acheter non plus une alarme qui marcherait malgré une coupure d'électricité.... Il ne peut pas, il nous le dira sans détours. Nous, nous lui dirons qu'il doit mettre toutes ses installations en conformité avec les nouvelles réglementations. J'ai voulu lui dire aussi que la vie de sa famille, comme celle de ses clients étaient en danger et que cette réglementation n'était pas faite par des technocrates inconscients, ( parce que j'ai lu qu'il pensait ça dans ses yeux en colère) mais par des responsables qui ne veulent plus que des hôtels brûlent, tuant leurs occupants comme ce fut le cas à Paris il y a peu.

La commission que j'ai présidée a émis un avis défavorable, il recevra un document lui spécifiant ce qu'il doit faire et dans quels délais.... sinon cet hôtel meublé sera fermé. Fermé pour protéger les occupants du risque de mort. Cette fermeture, parce que la République exige que les élus garantissent à leurs concitoyens que le ciel ne leur tombera pas sur la tête, posera d'innombrables questions. Où logeront ces hommes et ces femmes qui occupent ces petites chambres sommaires mais protectrices pour ceux qui s'y calfeutrent ?

C'est un dossier que nous traitons en ce moment à la ville : combien d'hôtels ?, combien d'habitants dans ces hôtels ? combien d'accompagnateurs pour ces occupants ? combien de propriétaires démunis pour payer la mise en conformité aux normes et sauver d'un feu mortel ?..... C'est un dossier qui montre toute la difficulté que l'élu local doit résoudre : appliquer la réglementation nationale évidemment, et organiser ses conséquences humaines immenses. Eviter que le ciel ne tombe sur nos têtes est bien un travail herculéen, il n'y a pas de doutes.

jeudi 14 mai 2009

L'élu, les plus démunis et monsieur B

Clôturer cette série d'articles (l'élu et les plus démunis) par cette rencontre fulgurante. Vous parler de ce petit monsieur dont le regard a eu un impact abyssal.

 Je suis dans cette pension de famille si particulière.

Monsieur B est un de ces pensionnaires qui a occupé la rue 15 ans et qui a eu la force de la quitter autant que de la vivre, sans qu'elle ne l'étouffe.

Il sort de nulle part tandis que l'on me montre la pièce à vivre : le corps est lourd, les bras collés au buste comme tous ceux qui vivent sous camisole chimique. La nuque est raide, le visage trahit le froid des os de tous les hivers traversés.

Monsieur B me tend la main et me salue avec intérêt, me manifestant une reconnaissance curieuse. Nos sourrires incarnent l'inégalité cruelle de nos vies. Il a perdu ses dents, son sourrire reflète son parcours.

Nous échangeons quelques syllabes puis très vite j'irai voir son projet. Il travaille le bois pour faire un composteur dans le jardin vivrier de la pension.

L'histoire de monsieur B est celle d'un homme qui se retrouve pris sur le fait d'un vol alimentaire, mis en prison, victime de la violence tribale que l'on impose aux fragiles parfois. Il ressortira sans confier son calvaire puis perdra contact avec sa femme et ses enfants.

Ce fragment de vie qui explique la rue, monsieur B n'en a parlé que depuis qu'il travaille le bois pour les pousses de tomates du jardin.

Les accompagnateurs sociaux trouvent que ses progrès sont fulgurants. Il se livre, se projette peut-être même qu'une rencontre avec l'un de ses fils est possible...

C'est en vivant ces moments que je sais pourquoi  j'ai voulu être élue.... pour contribuer à ma place (toute petite! ) mais à côté des travailleurs sociaux à la politique sociale de la ville. Je veux trouver des solutions pour que d'autres n'aient pas à vivre l'histoire de monsieur B ou s'ils l'ont déjà vécue, je veux qu'il puissent eux aussi travailler le bois pour des petites pousses....

jeudi 7 mai 2009

L'élu, les plus démunis et le directeur d'une de ces associations

Au téléphone il m'a demandé tout de suite "Vous avez du temps ? " et comme je lui répondais oui, il me dit du tac au tac qu'il m'organisait une visite de 13h à 18h.

Crédit photo : Thierry Pétriacq

L'homme s'occupe des plus démunis depuis toujours. Il me lance sans détours 3 vérités, qui depuis, résonnent :

- Plus vous créerez de l'offre, plus vous aurez de demande.

- Une bonne politique ne peut naître que de la qualité de sa traduction sociale.

- Il est absolument indispensable que l'envie de celui ou de celle dont vous vous occupez existe, se formalise, grandisse.

Le ton est direct. Aucune complainte, aucune réclamation, rien du registre de l'expert associatif donneur de leçons.

Nous échangeons à bâtons rompus d'un lieu à un autre avec un retour débriefing entre chaque destination dans une fourgonnette dont le coffre est un trésor de vie.

Toujours dans le calme avec un ton pédagogique : sobriété des mots, clarté du raisonnement, précision de l'expertise.

Je découvre deux maisons relais : sorte de pension de familles accueillant des personnes dont la rue fut leur maison pendant une dizaine d'années. Ils ne pouvaient plus le grand foyer d'accueil, ils sont usés jusqu'à la corde mais assez forts pour vivre seuls dans une sorte de mini studio.

Il y a des parties communes. L'endroit accueillant semble idyllique. Mais le directeur parle très vite de décompensation : après la rue, cette stabilité, ces murs, ce silence, la nourriture à portée de bouche, le jardin à portée de culture, tout cela est angoissant.

Il sont 17 pensionnaires. Il insiste pour dire que c'est expérimental, plus tard il dira que dans certains cas, 17 c'est beaucoup trop.

On visitera une autre pension, près de la gare où l'on fait de l'auto-réhabilitation, un centre où l'on vit 100 jours pour réaliser un projet, un CHRS.

Un mot sur ce centre d'hébergement d'urgence. Remplie d'émotion jusqu'aux tréfonds des yeux et du coeur, je rentre dans cet énième lieu d'accueil. Nous y croisons un homme titubant en chaussons, il est 17h00. Le directeur le salue, il les connaît tous. "Comment ça va, monsieur ?"

"Comme un papa dans 3 semaines". Je suis scotchée dans le couloir, bouche ouverte, atterrée tant de la nouvelle que de mon comportement pavlovien à cette annonce.

Bien sûr que les situations sont violentes, choquantes, mais cet homme a de l'émotion derrière cette addiction. Il a eu envie d'être père et s'y prépare à sa façon probablement.

La directrice du lieu, une jeune femme de 40 ans, m'explique leur travail avec ce couple atypique : parler de ce projet d'enfant, de la nécessité de sevrer après l'accouchement le bébé, puis de tenter de créer un lien mère enfant dans un hôpital spécialisé, commencer à débattre de la capacité ou non de s'en occuper, bref nourrir des débats, ne pas imposer, permettre d'accueillir la possibilité de se séparer...Je pars l'esprit ravagé, le ventre étranglé. 

Dernière histoire avant de regagner la fourgonette chaleureuse comme un sas de décompression, celle de cette sublime femme de l'est, sourde de trop de toxicomanie enceinte d'un homme dont on se sait s'il l'aime. Son récent passé de femme de joie ne se voit pas sur ce visage magnifique. Elle veut cet enfant et le directeur de l'association de me souffler comme s'il avait deviné mon évidente pensée catholique que je taisais pourtant : "Et pourquoi elle n'y arriverait pas ?"

Ce directeur me montre que ces hommes et ces femmes que l'on croit abandonés ne le sont pas, que son job et celui de centaines de travailleurs sociaux c'est de nourrir leur envie de projet, leur permettre sans jugement de trouver un rythme, une douceur dans le chaos, le fil d'ariane celui que nous croyons, nous, ne pas avoir lâché et auquel nous avons eu la chance inouïe dès la naissance d'être reliés.

lundi 27 avril 2009

L'élu et les plus démunis

J'ai la responsabilité d'animer le groupe logement du projet social de la ville de Bordeaux.

Nous serons une quinzaine (administrations, associations, bailleurs) à travailler sur un sujet vital " de l'hébergement d'urgence au logement stable". Parce qu'une ville où il fait bon vivre c'est une ville qui sait s'occuper des plus démunis...

Ne plus condamner à la rue, offrir des solutions adaptées à tous ceux qui veulent sortir de la rue, renforcer la lutte contre l'habitat indigne....ce sont des priorités absolues qui donnent tout leur sens à la cohésion sociale et au rêve d'une métropole durable !

Le logement c'est l'intimité de l'homme, son prolongement...ce qui fait qu'il est debout, qu'il construit des projets, qu'il peut capter des rayons de joie et des bouffées d'espoir.

3,9 milliards d'euros sont affectés dans notre pays à ce chantier prioritaire (2008- 2012) pour les personnes sans abri ou mal logés. 3 millions et demi de français souffrent de mal logement.

Pour comprendre ces enjeux, cette complexité humaine, cette souffrance si profonde, je vais à la rencontre depuis quelques semaines de professionnels et des hommes et des femmes dont ils s'occupent. Je voudrais dans mes prochains articles vous parler des rencontres qui m'auront le plus marquées.

Mais tout de suite je veux vous dire, que ceux qui flirtent avec l'isolement et l'exclusion méritent bien mieux que notre compassion et exigent que l'on sorte de cette tendance technocratique catastrophique : ne parler des plus précarisés qu'avec des chiffres à l'appui, qu'au mois de décembre et considérer qu'il s'agit avant tout de les protéger de la mort. SDF, psychotiques, enfants abandonnés, libérés de prison, alcooliques, toxicos....tous ceux dont Michel Foucault parle si bien dans son "surveiller et punir", tous ceux que l'on croise avec douleur et pour lesquels on s'est convaincu que plus rien n'est possible.

Mon prochain article sera consacré à un super préfet missionné sur ces enjeux qui nous a rendu visite à Bordeaux cette semaine, à un directeur d'association protestante dont c'est la vie, et à un certain Monsieur Biz dont c'est le quotidien.

vendredi 24 avril 2009

Vidéo : Développement durable et sport - Arielle Piazza

Arielle Piazza, adjointe à la mairie de Bordeaux en charge des sports, de la jeunesse et de la vie étudiante nous parle de développement durable et des pratiques sportives.

 


Développement durable et sports

samedi 18 avril 2009

Elu : lève toi et marche derrière eux

Ma journée fut riche et symbolique. L'élu local participe à une réussite collective, il ne doit jamais l'oublier.
Homme qui marche - Giacometti
 
J'ai été reçue par l'association "habitat et humanisme" : le nom évoque merveilleusement l'esprit. Des bénévoles trouvent des solutions à des familles qui vivent des difficultés dont l'insurmontabilité pourrait les conduire au pire. Ils les écoutent, leur trouvent un logement, leur offrent l'accés à une épicerie solidaire. Cet accompagnement dure en moyenne dix huit mois, ces accidentés de la vie reprennent ensuite leur autonomie et le cours de leur vie. Ils n'auront pas glissé dans l'abandon d'eux même, auront été sauvés in extremis .
 
Deux des bénévoles me reçoivent sur une petite table dans un local qui ne se voit pas, sans ostentation : dans mon champ de vision les aliments de l'épicerie solidaire, une machine à café qui tourne à plein...je devine que ma place est celle de dizaines de personnes qui posent leur sac d'emmerdes en buvant un petit café devant les deux sourires vertigineux qu'arborent ces bénévoles.
Ils ne me parlent surtout pas d'eux mais de ces hommes et de ces femmes qu'ils reçoivent. Il n'y a dans le discours  ni compassion ni tricherie d'aucune sorte. J'ai devant moi des hommes responsables qui agissent en mettant à disposition des plus démunis leur expertise.  Ils sont rationnels, déterminés, sains, solides. Ils me parlent de ce que la ville pourrait faire pour eux ... ce qui me semble assez peu au regard des montagnes qu'ils déplacent avec une (apparente) facilité déconcertante.
Je repars regonflée, avec ma fiche de route, la certirtude que cette association comme des centaines d'autres est la preuve que l'engagement cityoyen n'est pas une "boutade", qu'il maille nos villes et nos campagnes partout. L'élu se doit d'accompagner ces structures en marchant dans leur pas et en corrigeant les âffres des dérives technocratiques.
 
Plus tard dans cette nouvelle vie qui ne s'arrête plus de me surprendre, je me retrouve à présider une commission de sécurité dans un nouveau bar/poker qu'un jeune couple vient de louer et exploite depuis quelques semaines à peine dans  une rue difficile. La salle sent l'odeur du punch et du tabac froid, les yeux du jeune couple sont fatigués et ne cachent pas leur peur du cortège à priori répressif que nous formons. Nous allons évaluer la dangerosité du site, sa conformité aux règles de sécurité ....comme souvent des travaux sont à prévoir, comme trop souvent ce bail a été repris sans que l'on informe ces jeunes des conclusions de la précédente commission de sécurité ...qui n'a rien dit ? le notaire ? le propriétaire ?ou qui n'a pas bien compris?
Bref je dois leur dire qu'après des mois de travaux et malgré tout leur courage il faudra fermer la salle du bas... que l'incendie pourrait prendre... tuer des gens ..qu'ils en seraient responsables. Je le leur dit, avec un pincement.
 
En sortant, j'échange avec les fonctionnaires : il manque une loi qui imposerait au propriétaire de donner les conclusions de la dernière commission de sécurité ...le public ne devrait  pas être accueilli dès lors que les prescriptions n'auraient pas été respéctées.
 
L'élu pourrait là encore marcher derrière eux et porter cette question devant l'assemblée nationale ...c'est probablement un combat plus long et plus hasardeux mais c'est un combat noble. Il reste à saisir qui de droit.
 
La journée fut riche. L'elu doit écouter, entendre, accompagner les forces vives. Il y en a partout. Sans elle, l'élu ne pourrait pas grand chose.
Reste que je dois rapppler cette petite dame à la voix frêle qui m'a écrit dans un français incertain pour une demande de logement ...ils n'ont pas d'emplois, pas de ressources, un titre de séjour limité .
Ce sera l'urgence absolue de la journée.

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