De la bagagerie aux bruits de la rue
Par vous avez dit durable le vendredi 16 septembre 2011, 10:10 - Lien social - Lien permanent
Elle est toute petite et l'ambiance est paisible. Les détresses y sont neutralisées le temps d'un café, d'une douche, d'un petit sourire et d'un partage.
Elle avait pourtant fait hurler les voix cette petite bagagerie : des mots avaient claqué au bout de corps raidis, des mots niant la citoyenneté et l'humanité des plus vulnérables.
Elle est ouverte désormais au 7 rue Ausone à Bordeaux et dans ce tout petit lieu Annick et Catherine font des miracles, prolongeant leur travail bénévole du squat André Meunier (mais maintenant avec un vrai contrat de travail) et ces miracles font parler d'eux et la bagagerie n'est plus un lieu de stigmatisation mais un lieu d'innovation.
Le débat uniquement centré sur le financement public du travail social est éculé et démagogique, ne vous y laissez pas prendre !
La bagagerie s'est faite grâce aux financements croisés public / privé. Qu'il était juste et bon de voir à la même table l'Etat, la fondation Abbé Pierre, la fédération du bâtiment, la ronde des quartiers, Domofrance... pour une cause commune.
Et justement, la bagagerie est un symbole de nouveaux horizons. Le travail social doit muter parce que la société française mute, je ne crois plus du tout à l'omnipotence des collectivités et de l'Etat pour accompagner seuls et complètement des plus vulnérables.
Je crois à la nécessité de nouveaux débats de fond qui doivent croiser l'avis d'universitaires, du monde économique, associatif, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires de nos dispositifs.
Les Bruits de la rue ont cette vocation. Les bruits comme les rumeurs et les préjugés qu'il faut combattre. La rue qu'arpentent trop d'hommes, de femmes et d'enfants.
Les Bruits de la rue comme un espoir, un signal, une zone d'influence d'idées qui bousculent et qui rassemblent.
Bordeaux lance les Bruits de la rue et ça commence par des conférences auxquelles j'espère vous viendrez nombreux !
Acte 1 - Serge Paugam le 14 octobre amphithéâtre Duguit "Repenser la solidarité"
Ce cycle est coordonné par le philosophe et directeur de l'UFR de philosophie, Guillaume Leblanc.





Commentaires
Tout ce texte essaie de faire oublier le fait que l'Etat dont le Maire de Bordeaux est un très important dirigeant se désengage de façon de plus en plus brutale pour se défausser sur les associations. Il compte sur leur bonne volonté (le "bénévolat") et il leur coupe les moyens minimaux nécessaires pour faire ce qui serait indispensable pour aider les plus défavorisés. Comment peuvent -elles payer leurs salariés? comment financer les charges en augmentation constante? Cet Etat UMP est cynique et inhumain. Le financement de projets de luxe lui est plus important que l'aide aux plus démunis. Et la meilleure "comm" n'y change rien, chère Mme Siarri . Ni votre nouvelle initiative de Bruit de la vie qui remplace par des conférences certes intéressantes l'aide matérielle efficace et suffisante aux seules qui font quelque chose sur le terrain: les associations.
bonjour
Vous semblez très en colère , je ne le suis pas.
Je vous invite à vous rendre à la bagagerie pour comprendre que ce lieu est un lieu sérieux très loin de tout marketing. Cette visite vaudra mieux que tous mes mots.
Quant aux bruits de la rue, le fait de donner la parole à des gens qui travaillent sur les enjeux de la précarité depuis toujours et qui partagent peut être votre avis sur l'état (en le formulant différemment) est un dispositif précisément courageux et qui aura le mérite de poser sur table des sujets douloureux (autrement que sous l'angle de la révolte et de la stigmatisation du gouvernement).
Enfin ce qui nous distingue je crois est simple : je ne pense pas que l'Etat pourra continuer avec les collectivités à soutenir les plus précaires qui inéluctablement seront de plus en plus nombreux, je pense qu'aucun gouvernement de quelqu'idéologie qu'il soit ne pourra régler ce défi si une réflexion sur le partenariat public privé n'est pas menée très vite.
Je vous remercie de votre message.
j'espère que vous viendrez entendre les bruits et y participerez.
c'est de la contradiction et de la confrontation des points de vue que naissent les solutions
bien à vous
alexandra siarri
Vous esquivez. Le point est que l'Etat et tout particulièrement l'Ètat UMP dont votre maire est un acteur éminent, se désolidarise des couches pauvres et se défausse sur les associations tout en leur coupant les vivres. D'abord il crée par sa politique la misère et après il ne veut plus rien savoir des dégâts qu'il a faits dans le tissu social, aujourd'hui détruit par le libéralisme des forts et riches. Et quant aux collectivités territoriales: je pense que le CG fait ce qu'il peut, mais lui aussi se trouve dans la situation des associations: tout en lui "déléguant" de plus en plus de charges et devoirs, on lui réduit les possibilités d'agir en refusant la compensation qui lui est dû. Voici l'essence du problème et toutes les jolies paroles de votre part n'y changent rien.
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