Elle est toute petite et l'ambiance est paisible. Les détresses y sont neutralisées le temps d'un café, d'une douche, d'un petit sourire et d'un partage.

Elle avait pourtant fait hurler les voix cette petite bagagerie : des mots avaient claqué au bout de corps raidis, des mots niant la citoyenneté et l'humanité des plus vulnérables. 

Elle est ouverte désormais au 7 rue Ausone à Bordeaux et dans ce tout petit lieu Annick et Catherine font des miracles, prolongeant leur travail bénévole du squat André Meunier (mais maintenant avec un vrai contrat de travail) et ces miracles font parler d'eux et la bagagerie n'est plus un lieu de stigmatisation mais un lieu d'innovation

Le débat uniquement centré sur le financement public du travail social est éculé et démagogique, ne vous y laissez pas prendre !

La bagagerie s'est faite grâce aux financements croisés public / privé. Qu'il était juste et bon de voir à la même table l'Etat, la fondation Abbé Pierre, la fédération du bâtiment, la ronde des quartiers, Domofrance... pour une cause commune.

Et justement, la bagagerie est un symbole de nouveaux horizons. Le travail social doit muter parce que la société française mute, je ne crois plus du tout à l'omnipotence des collectivités et de l'Etat pour accompagner seuls et complètement des plus vulnérables.

Je crois à la nécessité de nouveaux débats de fond qui doivent croiser l'avis d'universitaires, du monde économique, associatif, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires de nos dispositifs.

Les Bruits de la rue ont cette vocation. Les bruits comme les rumeurs et les préjugés qu'il faut combattre. La rue qu'arpentent trop d'hommes, de femmes et d'enfants.

Les Bruits de la rue comme un espoir, un signal, une zone d'influence d'idées qui bousculent et qui rassemblent.

Bordeaux lance les Bruits de la rue et ça commence par des conférences auxquelles j'espère vous viendrez nombreux !

Acte 1 - Serge Paugam le 14 octobre amphithéâtre Duguit "Repenser la solidarité"

Ce cycle est coordonné par le philosophe et directeur de l'UFR de philosophie, Guillaume Leblanc.