le "label bio aquitaine" est il une bonne idée?
Par vous avez dit durable le vendredi 25 février 2011, 15:46 - Le petit journal d'une élue de la République - Lien permanent
A l’occasion de sa visite au Salon de l’agriculture, Alain Rousset président du Conseil régional d’Aquitaine, a annoncé la création d’un label bio régional. Il envisage de créer une marque identitaire et qualitative autour du nom « sud-ouest » avec une déclinaison pour la région Aquitaine et la région Midi-Pyrénées.
Le président a fait cette annonce, sans avoir à priori, au préalable, échangé avec les conseillers régionaux que ce soit lors d’une Assemblée plénière ou d’une Commission permanente. Or cette question d’un « label bio aquitain » ne mérite t elle pas un vrai débat ? Je réponds que oui évidemment.
Les difficultés rencontrées par le monde agricole sont incontestables même si le secteur du bio échappe légèrement à cette tendance. La croissance du marché des produits bio a augmenté de +10% en France en 2010, selon le baromètre Baromètre Agence BIO / CSA . Pour confirmer cette tendance, il semble indispensable de conforter les consommateurs dans leurs habitudes de repérage des produits issus de l’agriculture biologique.
Le logo AB BIO est utilisé par 81% des consommateurs-acheteurs pour déceler les produits bio lors de l’achat (baromètre CSA/Agence Bio 2010). La marque AB BIO permet aux professionnels qui le désirent et qui respectent ses règles d’usage d’identifier de manière spécifique leurs produits. Ce label guide le consommateur et facilite son choix grâce à une reconnaissance visuelle rapide. Propriété du ministère français en charge de l’agriculture qui en définit les règles d’usage, la marque AB est une garantit incontestable. De plus, 53 % des acheteurs-consommateurs utilisent également la mention « issu de l’agriculture biologique » pour identifier les produits (baromètre Agence BIO / CSA 2010).

Les français sont en majorité confiant lors de leurs achats de produits bio et cela augmente chaque année. La proportion de personnes qui estiment être bien informés sur les produits biologiques continue sa progression. Ils sont actuellement 53% contre 40% il y a 5 ans (Baromètre Agence BIO / CSA 2010).
Pour les personnes qui ne connaissent pas les logos officiels, beaucoup sont déroutés à cause des « astuces » utilisées par la grande consommation. 65% des Français estiment qu’il y a trop de labels pour distinguer les produits responsables (Etude de « L’institut Médiascopie / Ethicity 2010 »).
L’enjeu actuel n'est il donc pas de conforter la diffusion du label existant afin de mieux informer les français plutôt que de s’éparpiller dans un régionalisme qui pourrait ne pas être favorable au final, aux agriculteurs ?
Cette question mérite débat.
D’autant plus, que l’Union Européenne vient de créer son label (juillet 2010) pour permettre d’identifier les produits bio européens. Ce dernier est déjà connu par 13% des Français (Baromètre Agence BIO / CSA 2010).
La création et la promotion de ce nouveau label seront en outre coûteux. N’est-il pas préférable d’octroyer ces fonds autrement ? C'est une des questions qui se posent aussi et autour de laquelle les conseillers régionaux doivent débattre sur la base d' éléments de diagnostics et de réflexion partagés
Notre prochain rendez vous "démocratique" la commission permanente est prévue le 7 mars....nous verrons bien ce que l'on nous en dit, nous savons déjà en tout cas quelles questions nous poserons
Et vous votre avis quel est il ?





Commentaires
Bonjour,
Le taux de reconnaissance par les consommateurs du label AB est effectivement très important, il est cependant condamné à disparaître au profit du logo européen. Le logo AB, propriété du ministére, correspondait à un cahier des charges précis. Depuis 2009, pour trouver un consensus, l’Europe a mis en place une réglementation moins exigeante que celle qui prévalait en France avec le label AB – lequel est depuis aligné sur cette norme, sans que les consommateurs en soient vraiment informés. On peut désormais introduire des OGM dans le bio, la tolérance est de 0,9 %.
Le fait que le logo AB français ne soit plus le reflet du cahier des charges initial, incite forcément la création de nouveaux identifiants. Rappelons tout de même que les fondamentaux de la bio vont bien au delà d'une simple sécurité alimentaire, en intégrant des critères environnementaux et sociaux.
La nouvelle réglementation européenne ne consacre pas un seul paragraphe au social. Seuls les critères techniques sont pris en compte.
Pourquoi ne pas créer un identifiant bio régional, d’autant que se superposent au bio toutes les démarches de développement durable, qui affichent elles aussi des logos sur leurs produits. Certains allient le bio et l’équitable, mais d’autres sont équitables sans être forcément bio,synonyme. Et que penser d'une bio importée produite par une main-d’œuvre précarisée ?
Cette bio-là est-elle vraiment celle que réclament les consommateurs ?
Ne peut-on pas imaginer un label bio régional avec une équité entre tous les acteurs de la filiére, en y ajoutant les principes de transparence, de cohérence, de modéle économique basé sur la proximité ?