L'argent manque et l'exemple grec tétanise. 

Un budget contraint oblige à reconsidérer ses priorités. C’est vrai pour un ménage, c’est vrai pour un état.

Justement, l’état est surendetté et les collectivités sous pression : faillite, rigueur, scandale, exemplarité se répandent partout depuis nos bouches hurleuses inquiètes mais pragmatiques.


Pas besoin d’être grand clerc pour savoir que nous n’échapperons pas à nos dettes, pas besoin d’être un militant écolo pour savoir qu’il ne s’agit pas seulement de moins dépenser mais de dépenser autrement en tout cas de réinterroger les notions de prix, de coûts, de valeur….

Mais voyons un petit cas pratique, que je soumets à votre sagacité car enfin ne l’oubliez pas les élus locaux ne sont que votre porte voix, leurs avis sont sensés être la synthèse des vôtres, ils sont vos éclaireurs, vous restez les décideurs.

Notre atonie ( je vous rejoins) si elle perdurait serait mortelle.

Il y a dans nos villes des hommes qui se terrent, vivent en marge de notre système social lui volant l’extrême minimum pour survivre. Bordeaux n’y échappe pas.

Le samu social a mené une enquête spéciale pour ouvrir nos yeux bien grands.

Ils ont enregistré le parcours médical de 12 de ses grands marginaux tout au long de l’année 2009. (Ils sont plus de 400 dans l'agglomération)
Au total sans compter la prise en charge psychiatrique ( et pourtant !!!) ils auront été hospitalisé 544 jours pour un montant de 2 millions 200 000 euros. 

Les loger avec des financements de droit commun, les nourrir, les entendre auraient coûté tellement moins.

L’incurie est donc une gabégie.

Alors l’enquête du samu social est vertueuse en ce qu’elle nous place au cœur du débat de la dette :

- la misère dans la rue bien qu’inhérente à toute société est inacceptable…mais pour ceux qui l’acceptent 

- Reconnaissez vous le fait que la sécurité fait partie intégrante de nos besoins physiologiques ( pyramide de Maslow) ? que le grand marginal nourrit un sentiment d’insécurité qui génère des dérapages ? et pour ceux qui diraient encore que c’est le prix à payer d’un monde en mouvement, la loi du talion 

- Niez vous le fait que s’occuper de nos compatriotes errants uniquement lorqu’il y a urgence est un non sens économique comme une hémorragie ?

Ce débat est celui de la valeur autant que celui du coût et du prix.

Il mérite mieux qu’un faux affrontement idéologique d’une gauche sociale et d’une droite patronale.

Il mérite que chacun soit éduqué à la complexité des politiques publiques et associé à ce qui fait de nous des hommes : notre capacité à nous émouvoir autant que celle de rationaliser

Alexandra Siarri