Au sommaire du parfait petit élu en campagne électorale , on trouve évidemment le chapitre : « faire les marchés ! »

Me voici donc en ce samedi matin, en parfaite exécutante de ce rite initiatique incontournable. Et en parfaite harmonie émotionnelle aussi …une fois n’est pas coutume….

Je vais sur un marché biologique à la rencontre donc de citoyens engagés dans le salut écolo …du moins  l’ai je cru sincèrement !!! j’y vais avec mon troisième petit précieux triomphant !!! pensez donc il a sa maman pour lui tout seul … du moins l’a t il cru amoureusement, enfin  j’y suis invitée et accompagnée par l’édile de ce célèbre quartier village  j’ai nommé Caudéran, avant tout  un ami qui met son élégance politique au service de ma notoriété bourgeonnante…

 

Premiers pas dans ce marché crée il ya plus de 10 ans  et le premier contact  nous impacte «  être militant pour lever des pancartes, grand merci mais sans moi ….grandeur et vicissitude des partis politiques dont celui qui m’a accueilli sans m’imposer de le rejoindre …il y avait derrière ses mots à n‘en pas douter une histoire personnelle….mais le regard de l’écorché semblait me dire que l’agacement pourrait se traduire par un non vote….il ne sait pas que je n’espère pas de lui qu’il vote sans me juger …mais qu’au contraire je me languis de débattre avec tous ceux qui voudraient savoir ce que leur numéro 2 a dans le ventre »

Le ton est donné, de bon cœur nous rentrons dans la mêlée, mon petit précieux a le cœur plus léger voyant tous les ingrédients d’un banquet savoureux à portés de sa petite bouche et la main maternelle chaudement accrochée

Deuxième impact : ce boulanger qui vend  de bons, beaux et AB biologique pains ne pourra pas cacher son désaveu instinctif dès qu’il entend la nature de mon combat républicain ….il contiendra très difficilement son agacement et jamais ne partagera avec moi nos convictions communes sur le bio …..étanchéité totale….

Le stand suivant nous offrira une cascade de vérités contemporaines : famille recomposée de cinq enfants, monsieur et madame font les marchés en plus de leurs jobs respectifs pour boucler les fins de mois . Je suis  est accueillie comme j’en rêve à longueur de journée : ma présence inhabituelle est une incitation au débat …on parlera de cette machine à café senséo des dosettes bio qui viennent à coup de gaz à effet de serre du Pérou, et puis de l’absence de poubelle de tri dans ce marché ….

Pierre qui me présente la moitié des gens qu’il croise. Magistrale  démonstration de son travail de terrain, il note et je le sais les poubelles vertes ne seront plus aux abonnées absentes dans ce marché dit exemplaire.

Un très vieil homme me salue et me promet sa voie sans même entendre la mienne. Un autre me parle d’un projet de maison pour adolescents pour calmer je l’ai supposé leurs envies suicidaires….il considère qu’étant candidate, j’ai donc rejoint le cercle de ceux qui doivent être au courant de tout et soutenir tout projet d’utilité sociale. J’adhère à ce postulat pourtant insensé tant la tâche est immense.

Le boucher de Bazas trouve ma présence normale, l’inverse ferait de moi une mauvaise prétendante, le poissonnier m’écoute ….il me semble qu’il jugera le programme avant tout ….

Nous sortons du marché, mon petit précieux a mangé une crêpe, un pain au miel….et s’emballe quand on lui parle du marchand de journaux …son regard se sucre !!!

200 mètres, quatre échanges, 10 demandes toutes légitimes mais toutes urgentes exclusives, menaçantes si elles ne sont pas prises en compte sur le champ. Le démarrage des bus salit la façade de telle maison, les matchs de rugby ne sont pas annoncés sur  tel panneau lumineux, l’arbre a-t-il été préservé dans le nouveau projet de ce bailleur social ?......La rue s’anime différemment au passage de l’élu qui doit prendre note de ce qu’on lui demande…Les compétences de la région autant que le défi écologique ne sont pas tout à fait à l’ordre du jour mais votre nom n’est plus désormais inconnu et ce contact là est une condition indispensable à la poursuite de mon histoire électorale.

J’en profite pour m’étonner ou plutôt  me révolter un peu de ce dossier sur l’Express cette semaine consacré à  l’Aquitaine : le système Rousset.  Le temps des féodalités n’est-il pas révolu ? Un territoire se résume-t-il à l’un de ceux qui en préside la destinée grâce à une équipe ? N’est-ce pas un avantage abusif que de donner à voir son portrait et son nom chez tous les marchands de journaux ? Est-ce juste que la journaliste parle de ma deuxième place en me qualifiant d’inconnue sans avoir ni cherché à savoir pourquoi j’avais décidé de relever ce challenge ni donner à lire à ses lecteurs un peu de ce que je suis ????

Le passage obligé sur les marchés est une évidence républicaine et je m’y plierai avec enthousiasme autant que nécessaire.  Le langage de la vérité y est légion, le candidat à nu, y prend le temps d’être lui même et de mesurer le chemin qui lui reste à parcourir pour  être à la hauteur du mandat représentatif qu’il brigue.