Je suis en campagne. Mes sens sont en alerte permanents. Plus une seconde de ma vie  n’échappe à ce chiffre !

Mon carnet d’adresses va finir par se rebeller tant je le sollicite…tant je le remplis aussi en m’obligeant à étouffer ma timidité et à apaiser mes doutes.

Je rencontre des dizaines de nouvelles personnes chaque jour et le spectre de mes intérêts à la vie collective  est définitivement illimité.

Je sais déjà que je serai orpheline de ces temps si particuliers de débats républicains. Ces 100 jours seront un point d’orgue exaltant et cruel….je le sais.

N°2 exige d’accepter de recevoir l’amitié ou de subir le désaveu  d’inconnus qui ne chercheront à savoir qui vous êtes que dans un second temps et  si l’occasion se présente.

N°2 impose d’aller de l’avant, partout, pour vous faire reconnaître …en tout cas connaître. La plupart des mots échangés et des visages écoutés sont exigeants. Ceux qui m’apprennent candidate me questionnent et nous immergent toujours, dans un face à face concret.

Je retrouve dans ces échanges, les raisons profonds de mon engagement politique : chacune de mes rencontres a une idée de son territoire, de sa région, des directions vers lesquelles tendre, des  dangers qui la menacent. Mais tous soupçonnent le candidat de s’adonner à un exercice de style mixant le marketing, la « bien pensance » et l’approximation.

Je suis numéro 2 pour les élections régionales.

Etonnamment ces élections là sont boudées parce qu’incomprises…. Et pourtant  les conseillers régionaux ont une immense responsabilité : aménagement du territoire, transports, formation, emploi, développement économique, santé, culture…. Ils décident de la structure de nos vies et surtout ils sont garants de l’avenir …leurs décisions s’imposent sur tout le territoire donc sur celui de nos communes et de nos départements. La région est l’interlocutrice naturelle de l’Europe : plus personne n’ignore que notre destin est européen aussi.

Pensez à ce débat tout simple, des poubelles qui débordent  dans notre Bordeaux patrimoine mondial de l’Unesco …la question n’est pas de savoir qui de la Cub ou de la mairie ramassera plus souvent ou différemment nos déchets. La réponse est tout simplement  à la région qui doit donner les moyens aux entreprises de passer le cap de la révolution écologique en produisant moins de déchets, en concevant donc autrement …peut être des services plutôt que des produits en tout cas des produits  « décarbonnés »…..

Soyez conscients qu’à l’heure ou l’on nous dit que 600 000 emplois verts seront crées, rien ne sera possible si les formations ne permettent pas d’appendre ces nouveaux métiers, si les chercheurs ne travaillent pas de concert avec le monde de l’entreprise….

Je suis numéro 2 sur la liste UMP derrière Xavier Darcos ministre. Je mesure l’immense responsabilité qui m’a été donnée et la confiance aussi ! Rendez vous compte c’est une brèche citoyenne éminemment vertueuse : non encartée, élue depuis à peine deux ans je peux accéder à une élection de cette nature et frotter mes idées à un homme qui gère les affaires de notre pays. Comment peut on voir cette opportunité autrement que comme le symbole d’un système politique qui s’adapte au bruit de la rue qui gronde ???

Je suis en place et bien décidée à faire entendre la voix de l’écologie et de la solidarité dans ces élections régionales, à contribuer à ma mesure et en toute humilité à ces défis du nouveau monde qui s’imposent à nous.

Je suis en place, je suis aussi à ma place comme beaucoup pourraient l’être s’ils décidaient de redonner leur confiance au combat de la noble  politique.

Etre en campagne, c’est se donner les moyens de sa liberté de parole et participer  j’en suis certaine, à la quête collective de « fraternités productives ».