Gratte ciel Ecolo selon le WWF
Par vous avez dit durable le lundi 10 août 2009, 08:21 - Habitat, logement - Lien permanent
En ce moment, plus que jamais, l’urbanisme souffre de « tourellite » aigue. Après s’être fait bouder, le temps d’une courte décennie, le gratte-ciel revient en force. Cette course folle à la hauteur n’épargne aucune métropole. Dans l’esprit collectif, la tour est le moyen d’économiser l’espace et d’optimiser ainsi l’occupation des sols. En limitant l’étalement urbain , elle contribuerait à un aménagement durable de la cité. Et si c’était tout le contraire ?
Les premiers gratte-ciel sont apparus aux Etats-Unis vers la fin du 19ème siècle. C’est le grand incendie de Chicago qui, ayant détruit une grande partie du centre ville, a permis l’essor de cette nouvelle approche architecturale. Des constructions fonctionnelles pour faire face au prix élevé du terrain que le développement des pompes à eau et l’apparition des ascenseurs ont rendues possibles.
Peu à peu, la recherche d’esthétisme est venue se greffer sur la quête utilitaire et la tour est devenue un objet de prestige au travers duquel investisseurs et architectes cherchaient à briller.
La hauteur des buildings semblait ne plus connaître de limite, les villes rivalisant d’ingéniosité pour battre le record d’altitude.
C’est en Asie, dans les régions à forte croissance, que le développement des tours est le plus spectaculaire. Terminé en 2008, l’édifice du Shangai world financial center remporte la compétition avec ses 492 mètres. La France n’est pas épargnée par l’effet de mode. La Dame de fer et ses 300 m sont concurrencés par un déluge de projets de construction . Après le concours international, remporté par Jean Nouvel, pour l’ouvrage de la tour Signal à la Défense (Hauts-de-Seine), Bertrand Delanoë annonce son intention de relancer la construction des tours à la périphérie de la ville. Entre temps, la polémique sur l’impact environnemental de ce type de construction a passablement enflé. Certains pro-tours mettent en avant le fait que les tours permettent une certaine densité et finalement s’avère économe, donc écologique… Pourtant, cet argumentaire ne tient pas la route.
Aujourd’hui, construire en hauteur revient plus cher que bâtir des immeubles compacts de quelques étages seulement. Outre les matériaux de construction (vitrages sophistiqués, bétons et aciers spéciaux…) dont la fabrication est déjà un gouffre énergétique, la gestion des fluides, le transport vertical, le chauffage et l’aération entraînent une débauche d’énergie… Le bilan énergétique d’un gratte-ciel est bien au dessus des recommandations du Grenelle avec 300 à 400kWh/m2 quand la réglementation thermique est de 150 kWh/m2 et que le plan Climat conseille 50 kWh/m2. Et ce ne sont pas les panneaux photovoltaiques et les éoliennes perchées au sommet qui suffiront à réduire la facture. Les projets de tours soit disant vertes se multiplient. Des systèmes de ventilation naturelle et des collecteurs d’eaux pluviales sont imaginés tandis que des prototypes « Hypergreen » censés autoproduire 70% de leurs besoins en énergie sont proposés. Malgré tous ces efforts, la problématique demeure entière.
En effet, ces chiffres prometteurs ne tiennent pas compte des coûts énergétiques de la construction et restent, par ailleurs, des estimations. Autrement dit, même si elles réduisent de moitié leurs besoins énergétiques, les tours resteront excessivement énergivores, au minimum 90 à 100 Kwh/m2/an même en ayant recours aux technologies les plus avancées. Quant à la thèse selon laquelle les tours limiteraient l’étalement urbain en concentrant un nombre important d’habitants à l’hectare, elle est plus que discutable…
En effet, la surdensité permet-elle réellement d’optimiser l’espace tout en garantissant performance environnementale et qualité de vie pour les habitants ? Rien n’est moins sûr. Ainsi, la densité d’habitants à l’échelle d’un quartier constitué de tours n’est pas plus grande que celle d’un quartier composé de petits immeubles collectifs de quelques étages puisque pour assurer une certaine qualité de vie à leurs hôtes, les tours ne doivent pas être construites trop près les unes des autres. Si les chanceux peuvent habiter en haut de la tour et bénéficier de la vue, ceux qui habitent en bas doivent pouvoir jouir d’un autre panorama que celui du mur de la tour du côté qui leur cache la lumière.
Selon Julie Delcroix, chargée de programme Urbanisme et Habitat au sein du WWF France, «les tours ne sont pas une réponse valide aux besoins des quartiers de demain qui s’efforcent de concilier confort de vie, bien vivre ensemble et performance environnementale. Loin d’être une utopie, ces espaces d’habitat durable existent déjà un peu partout en Europe et se développent en France. Vivants, grâce à des activités économiques et des commerces de proximité, et parfaitement desservis par les transports en commun, ils privilégient le cheminement à pied et laissent une grande place à la nature et aux loisirs des habitants ». Et cette transformation de la morphologie urbaine, propice à la convivialité et laissant la nature reprendre quelques uns de ses droits, chamboule non seulement notre rapport à l’environnement mais également notre relation aux autres !





Commentaires
COMMENT IL S'APELLE LE GRATT CIEL !!! c'est le plus inportant!!!!