L'essai de Corinne Lepage "Vivre autrement" est de très loin le plus convaincant de la marée verte éditoriale actuelle

 

 Lepage suggère la " Renaissance"....Et de passer à une « économie de guerre ».

 Comme on ne va pas ici tout passer en revue de ce livre fort   expansif, on retiendra quatre idées clefs.

 

1.Entre les tenants  de la «  croissance" à tous prix   et ceux de la « décroissance »....


Lepage sort de l’étau par une  troisième voie :  l’ « évolution soutenable». Pirouette ?  L’idée , c’est l’économie «  symbiotique ou circulaire » qui mise sur la parcimonie et sur le reyclage.  Pour mesurer le chemin à faire, il faut savoir qu’aujourd’hui, lorsque nous prélevons sur la ressource naturelle pour produire,  "6%  va au produit et 94% devient déchet"… L’utopie de l’ «eco économie » n’est plus tout à fait une chimère. Depuis que les investisseurs s’intéressent aux énergies renouvelables, c’est-à-dire à peine quelques décennies, les avancées sont impressionnantes. ydrogène  et d’une pile à combustible à la cave permettrait de rendre chaque immeuble à peu prés 

autosuffisant en énergie….

  

2 .   Internet énergétique et social

D’immeubles à immeubles, de local à local, la « mutualisation énergétique »  est  l’avenir, martèle Lepage. Aux Etats unis, note –t-elle,  des mises au pot commun de la ressource électrique produite par les particuliers se développent  indépendamment des grands systèmes de production. De la même manière, les réseaux sociaux qui échangent  et bonifient  les logiciels libres  les compétences agricoles,  technologiques, les inventions  – voir le site américain  étonnant  "instructables.com" , sont constitutifs de cette intelligence collective horizontale. A court terme, c’est  la micro finance  qui serait concernée.  Une manière de s’extraire de la machinerie hiérarchique et des entreprises mastodontes.  Une revitalisation sociale et démocratique qui permet de s’affranchir de la passivité et de la myopie consumériste en vigueur. 

3. Le Bio-mimétisme

De la conception à la production, répliquer les systèmes naturels  est une des voies d’avenir retenue par Lepage.  
 

4. Une nouvelle société de contrat

L’incertitude environnementale, c’est celle qui pèse sur les générations futures . Or dans une société libérale du tout contrat, la génération à venir est absente.  Elle ne peut  rien signer et a généralement bon dos. C’est sur elle qu’on garantit les dettes  et sur elles qu’on renvoie les  rendez-vous  douloureux . Comment représenter ses intérêts ? Lepage en appelle à des  institutions, nationale, régionale ( L’Otan recyclée) et  mondiale ( L’Onu) dont le seul but serait d’apprécier au regard des générations futures , les choix faits  au jour le jour.

Voilà, c’était juste pour une mise en bouche.  Reste à savoir si Corinne Lepage, très convaincante à l'écrit , parviendra à persuader à l'oral  le patron de son propre parti. François Bayrou dont  l'appétence  verte s’arrête jusque-là aux prairies béarnaises fréquentées par ses chevaux. Il est vrai que  Lepage, Ministre de l’environnement,  avait dû lutter pied à pied  contre un certain Premier  Ministre Alain Juppé.  Aujourd’hui le même Juppé, Maire de Bordeaux trés durable,  s’est converti et ne « mangera plus de cerises en hiver ». Patience….  Il est tout aussi vrai qu'on attend toujours 

 la même métamorphose, ou du moins une curiosité approchante,  chez Martine Aubry, Benoït Hamon ou un autre poids lourd de la rue de Solférino. Patience....


Source  :    Guillaume Malaurie PLANETE VERTE