Les pères de l'écologie comme politique (1)
Par vous avez dit durable le mardi 9 juin 2009, 08:54 - Livres, revues, - Lien permanent
André Gorz ( 1923 2007) est un journaliste, philosophe, un intellectuel discret, absent des plateaux de télévision et pourtant..... Au milieu des années 1970, André Gorz publie ses premiers textes importants sur l'écologie, une manière de réactualiser son projet intellectuel et politique initial " une défense de l'émancipation comme mouvement de l'auto-organisation spontanée d'espaces d'autonomie et de coopération volontaire des sujets cherchant une alternative concrète à l'ordre économique et social du capitalisme actuel".
Il a très vite compris et alerté l'opinion sur les conséquences de la crise environnementale...puis craint face à cette crise la mise en place d'une dictature écologiste ( telle que théorisée par Hans Jonas, par exemple), voire ce qu'il nommait un "écotechno-fascisme" : la prise de pouvoir de technocrates "éclairés" prétendant oeuvrer pour sauver la Terre.
Il souhaitait au contraire qu'on mette en oeuvre une sortie civilisée de la crise par une solution démocratique, coopérative et anti-productiviste.
Selon lui, la lutte écologique est nécessairement une lutte anticapitaliste...sa lutte centrale se jouait autour du temps de travail...les gains en productivité devaient selon lui systématiquement être affectés à la réduction du temps de travail.
A la fin de sa vie Il a été extrêmement attentif au développement de l'informatique, des réseaux de communication et surtout des communautés de logiciels libres....
A lire de cet auteur phare de l'écologie politique :
Ecologie et politique,1978
Capitalisme, socialisme, écologie,1991
Ecologica, 2008
Je suis sensible à ces thèses et je vais m'empresser de lire ces livres ....
Je suis d'accord pour que l'on ose parler de décroissance. J'en ai assez de cette idée caricaturale selon laquelle être de droite interdirait d'y penser et y penser serait la preuve d'être utopiste, révolutionnaire et inconscient ...
Pourquoi ne pas admettre que c'est une piste... et qu'il est urgent d'en débattre et de définir en quoi consisterait clairement cette décroissance, dans notre quotidien et dans nos rapports aux autres.
source La revue durable





Commentaires
Nous sommes contraints de décroitre dès aujourd'hui à supposer que cette décroissance est celle de consommer moins de ressources non renouvelables mais qui nous a dit que nous devions décroître notre quête de sens ou notre appétit pour les richesses, notre créativité, nos recherches en tous domaines?
Rendre beaucoup plus cher (€) les ressources non renouvelables et beaucoup moins celles qui le sont, ce qui fait du "sens" tel que le travail en réseau, l'éducation, la culture, l'échange des savoirs; c'est un objectif qui lui aussi doit pouvoir s'élaborer dans un contexte socio-libéral en commençant par notre comportement et, macro-économiquement, par définir de nouveaux paramètres de mesures. C'est la question de rapidité - et donc de la motivation à impulser- du changement qui est difficile mais le changement lui-même est indispensable dès aujourd'hui.
PS: Bof Mr Gortz sur le temps de travail; si l'activité devient travail faut-il la ou le réduire? Cette discussion ne mène, à mon avis, pas à grand chose aujourd'hui (mais il a écrit en 1978 qui était un contexte bien différent).