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Le petit journal d'une élue de la République

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jeudi 12 janvier 2012

Chapitre 12 : contribuer au débat de fond, garder le cap et sa foi en l’homme


C'est pendant les campagnes électorales que les visions politiques s'expriment le plus clairement, que les idées nouvelles émergent, que vous, citoyens êtes les plus attentifs à la complexité du monde, les plus demandeurs de vérité et de propositions concrètes.

Le chapitre 12  initié et animé par Benoist Apparu, permet à 13 élus de la jeune génération, dont je suis, de contribuer utilement au débat d’idées et autrement que par le biais facile de petites polémiques, enfin !

http://www.chapitre2012.fr/

J’ai choisi d’écrire sur ce que je vois, ce que je vis depuis trois ans, depuis que je suis l’une de vos élus, de parler de ceux pour lesquels je me suis engagée en politique et qui espèrent de nous des débats de qualité et de fraternité.

La fraternité doit devenir le socle du marché

Plongés dans une crise très grave, nous savons que l'exclusion progresse, qu'elle est multiforme et que la peur qu'elle suscite se manifeste parfois violemment au point que notre bien vivre ensemble peut sembler menacé.

Il n'est pas acceptable que nombre de nos concitoyens soient en situation de précarité et de vulnérabilité, c’est même intolérable et ce n'est surtout pas inévitable.

Ils ne sont  pas des assistés qui pèsent sur notre société, ils sont avant tout nos semblables.

Retraités, familles monoparentales, jeunes en rupture, demandeurs d'asile, malades, travailleurs pauvres....leurs histoires sont toutes singulières, ils n'ont en commun que de partager un parcours social souvent labyrinthique.

La France est pourtant le pays au monde qui engage la part la plus élevée de son PIB aux dépenses sociales.

C'est donc qu'il faut faire autrement, car si l'État reste pour toujours le garant de la protection des plus fragiles, il doit accélérer la réforme des process sociaux en formant les travailleurs sociaux à de nouvelles approches et il est urgent qu'il redonne à la fraternité sa place cruciale dans notre république.

- le monde de l'économie au delà des impôts qu'il paie doit s'investir dans ses questions directement ( développement de l'économie sociale et solidaire et extension de la RSE ), nous avons besoin de son expertise aussi.... et par exemple nous pourrions donner à chaque préfet la gestion d'un fonds de dotation régional abondé par les entreprises locales ( se substituant aux fondations et autres activités de mécénat et de solidarité que chacune génère) et co animées par elles avec les acteurs du social, 

- les entreprises et les collectivités doivent permettre à tous leurs salariés volontaires de s'engager auprès des plus fragiles grâce à la généralisation du bénévolat de compétence et la mise en place de compte épargne social .

je vous invite à lire mon texte dans son entièreté et à découvrir évidemment celui des autres contributeurs au chapitre 12 pour en débattre, pour échanger car il ne s’agit pas de vérités absolues mais de visions qui se veulent prospectives, concrètes  et optimistes.

Oui, optimistes, car si nous devions n’avoir peur que d’une seule chose, ce serait  de ne plus nous faire confiance et de penser qu’il n’y aurait plus rien à faire que de se garder des autres.

Soutenir les plus fragiles et  les plus vulnérables,  c'est ce qui fait notre humanité.

Repenser ce soutien en comptant sur l'engagement individuel du plus grand nombre et en le suscitant, c'est notre responsabilité.

lundi 28 mars 2011

Mon intervention à propos du Plan Régional pour l'amélioration de la performance énergétique du patrimoine des lycées aquitains

Monsieur le Président,

 

Vous projetez de dépasser les objectifs du Grenelle de l'Environnement donc :

- de réduire de 20% d'ici 2015 la consommation d'énergies et d'émissions de CO² par rapport à 2004,

- de réduire l'empreinte carbone de la région, non pas de son patrimoine, mais de son territoire de 30%.

 

C'est très ambitieux et ne vous y trompez pas, nous soutenons cette ambition. Nous sommes très attentifs à tous les dispositifs que vous déployez pour l'atteindre.

 

Aujourd'hui, nous nous prononçons sur un des dispositifs grâce auquel les chiffres pourraient être atteints, un dispositif maîtrisable puisqu'il s'agit de notre patrimoine : les lycées.

 

Vous déclinez deux axes :

- L'amélioration de la performance énergétique du patrimoine:

Sur les 18 familles de préconisations listées dans cette délibération, deux d'entre elles méritent des garanties. La 8 et la 14 portent sur la sensibilisation à l'éco-comportement bureautique et hors bureautique. Nous le savons bien, la meilleure énergie est celle qui n'est pas consommée. La mobilisation de la communauté éducative pour y parvenir est donc essentielle. Les Agenda 21 dans les lycées sont évidemment une piste. Je vous remercie d'ailleurs de me confirmer votre engagement en Commission permanente d'évaluer les Agenda 21 des lycées. Qu'en est-il pour ceux qui ne sont pas entrés dans cette démarche ? Comment "les habitants de ces lycées" seront-ils sensibilisés à ces éco-comportements et associés au sens de ces travaux ?

 

- La substitution énergétique et le développement des énergies renouvelables :

Aujourd'hui 25 des 153 lycées en bénéficient, il nous reste donc du chemin à faire, l'opération toit bleu est un bout de chemin. Quelques mots sur le moratoire parce-que je ne voudrais pas que dans cette assemblée, ils soit dit systématiquement que le rythme de production des énergies renouvelables en Aquitaine est cruellement ralenti du fait de ce moratoire :

       * Ce moratoire était indispensable, il a permis une concertation avec tous les acteurs et de mettre un terme à un risque d'éco-délinquance.

       * Notre opération aurait pu ne pas être impactée si elle avait été proposée avant le 2 décembre 2010.

       * Notre opération n'est pas condamnée même si le tarif de rachat sera moins élevé que celui prévu à l'origine... Ceci étant, Monsieur le Président, le rachat au même tarif aurait eu comme conséquence d'augmenter la contribution du service public qui s'impose à tous.

 

Nous voterons pour cette délibération mais nous avons hâte d'entendre votre petite musique régionale, peut être à la prochaine plénière...

 

Parce-que pour être à la hauteur de cette ambition, il faut présenter pour débat dans cette assemblée des dispositifs qui visent tous les aquitains et non pas seulement le patrimoine de la région.

 

Petite musique donc et ambition pour :

- Garantir la mobilisation dans les collectivités territoriales et donc l'animation du réseau.

- Garantir l'optimisation de la sensibilisation aux éco-comportements, le fameux facteur 1 pour 1000.

- Garantir l'innovation pour remplacer enfin le dispositif régional de 1000 diagnostics énergétiques qui ne rencontrent pas de succès.

vendredi 25 février 2011

le "label bio aquitaine" est il une bonne idée?

 

A l’occasion de sa visite au Salon de l’agriculture, Alain Rousset président du Conseil régional d’Aquitaine, a annoncé la création d’un label bio régional. Il envisage de créer une marque identitaire et qualitative autour du nom « sud-ouest » avec une déclinaison pour la région Aquitaine et la région Midi-Pyrénées. 

 

Le président a fait cette annonce, sans avoir à priori, au préalable, échangé avec les conseillers régionaux que ce soit lors d’une Assemblée plénière ou d’une Commission permanente. Or cette question d’un « label bio aquitain » ne mérite t elle  pas un vrai débat ? Je réponds que oui évidemment.

 

Les difficultés rencontrées par le monde agricole sont incontestables même si le secteur du bio échappe légèrement à cette tendance. La croissance du marché des produits bio a augmenté de +10% en France en 2010, selon le baromètre Baromètre Agence BIO / CSA . Pour confirmer cette tendance, il semble indispensable de conforter les consommateurs dans leurs habitudes de repérage des produits issus de l’agriculture biologique.

 

Le logo AB BIO est utilisé par 81% des consommateurs-acheteurs pour déceler les produits bio lors de l’achat (baromètre CSA/Agence Bio 2010). La marque AB BIO permet aux professionnels qui le désirent et qui respectent ses règles d’usage d’identifier de manière spécifique leurs produits. Ce label guide le consommateur et facilite son choix grâce à une reconnaissance visuelle rapide. Propriété du ministère français en charge de l’agriculture qui en définit les règles d’usage, la marque AB est une garantit incontestable. De plus, 53 % des acheteurs-consommateurs utilisent également la mention « issu de l’agriculture biologique » pour identifier les produits (baromètre Agence BIO / CSA 2010).


 

Les français sont en majorité confiant lors de leurs achats de produits bio et cela augmente chaque année. La proportion de personnes qui estiment être bien informés sur les produits biologiques continue sa progression. Ils sont actuellement 53% contre 40% il y a 5 ans (Baromètre Agence BIO / CSA 2010).

 

Pour les personnes qui ne connaissent pas les logos officiels, beaucoup sont déroutés à cause des « astuces » utilisées par la grande consommation. 65% des Français estiment qu’il y a trop de labels pour distinguer les produits responsables (Etude de « L’institut Médiascopie / Ethicity 2010 »).

 

L’enjeu actuel n'est il donc pas de conforter la diffusion du label existant afin de mieux informer les français   plutôt que de s’éparpiller dans un régionalisme qui pourrait ne pas être  favorable au final, aux agriculteurs ? 

Cette question mérite débat.

D’autant plus, que l’Union Européenne vient de créer son label (juillet 2010) pour permettre d’identifier les produits bio européens. Ce dernier est déjà connu par 13% des Français (Baromètre Agence BIO / CSA 2010). 

 

La création et la promotion de ce nouveau label seront en outre  coûteux. N’est-il pas préférable d’octroyer ces fonds autrement ? C'est une des questions qui se posent aussi et autour de laquelle les conseillers régionaux doivent débattre sur la base d' éléments de diagnostics et de réflexion partagés

 

Notre prochain rendez vous "démocratique" la commission permanente est prévue le 7 mars....nous verrons bien ce que l'on nous en dit, nous savons déjà en tout cas quelles questions nous poserons

 

Et vous votre avis quel est il ?

 

dimanche 23 janvier 2011

Merveilleuses têtes blanches - Grande cause nationale "la solitude " à Bordeaux




La salle est bondée ... de têtes blanches.Des centaines de bénévoles affluent au lancement des débats sur la grande cause nationale 2011 « la solitude"  à Bordeaux. Ce sont leurs pairs, les présidents de dizaine d’associations qui ont fait entendre au premier ministre l’urgente nécessité de nous réveiller, nous  leurs compatriotes pour que la solitude  cesse de martyriser.

Les victimes sont nos proches : seniors, maman isolées, jeunes...et ceux qui nous semblent « étranges donc étrangers » ( B devert) les prisonniers, les sans domicile fixes...

Roselyne Bachelot ministre des solidarités  ouvre les débats aux côtés d’alain Juppé  et de m Dardelet psd de l’association Saint Vincent de Paul, le chef d’orchestre de cette grande cause.

 

Avant de les entendre, j’étais parmi ceux qui avaient rendez vous avec mme Bachelot au centre d’hébergement d’urgence à Bordeaux Bastide, ouvert par l’état . Le diaconat missionné par ce dernier accompagne donc 60 personnes vers la réinsertion. La mairie de bordeaux en offrant les repas a permis que l’accompagnement social des hebergés soit possible , le CR en mettant à disposition les lieux a contribué aussi à ce que le catsrophique nuit à nuit soit abandonné ( il fallait appeler chaque jour pour réserver la nuit au centre les années précedentes ! )

Elle arrive donc notre ministre entourée de garde du corps et de nous autres les élus locaux plus ou moins à l’aise avec cet exercice imposé qui consiste à répondre aux journalistes pour dire en quelques mots pércutants ce que nous faisons ( c’est mon choix) ou ce que les autres ne font pas .

 

Je n’ai pas aimé cette séquence qui pourtant est incontouranble dans nos fonctions : car c’est une des occasions qui nous permet de vous parler des enjeux, des difficultés, des doutes. C'est précisément dans ces tous petits moments que les messages sont simplifiés à outrance et se radicalisent.

 

Chaque nuit , des dizaines d’hommes et de femmes dorment dans des conditions terribles « sans chez soi » : à côté des marginaux de toujours, on trouve désormais des femmes, des familles, des immigrés, des jeunes étuidiants, des travailleurs....

L’état consacre 30% de son PIB aux depénses sociales, ce qu’aucun autre pays au monde ne fait et pourtant 13% des français vivent en dessous du seuil de pauvreté soit avec moins de 60% du revenu median. L’état de toute façon avec ses 1500 milliards de dettes ne répondra pas seul à cette montée en puissance de nouvelles précarités. Décrier son désengagement n’est générateur d’aucuns espoirs.

 

Sur la scène se succèdent des patrons d’associations locales et chacun en appelle à notre rôle, qui que nous soyons, à l’indispensable geste/sourire/action qui additionné à ceux des pouvoirs publics dont l’état responsable de la cohésion sociale, peuvent raviver la solidarité : visiteur de prison, écoutant à SOS amitiés, bénévole à habitat et humanisme .....Ils sont tous dévoués et lucides.

 

Les témoignages se succèdent dans un silence réflèchi puis tous iront partager une galette républicaine au beau milieu du village des associations qui dans ce froid  vif  parleront aux visiteurs, curieux de la dureté de la solitude  et des mérites du bénévolat pour l’adoucir.

 

Profonde gratitude et reconnaissance pour tous ces bénévoles...voilà ce que je ressens en quittant les lieux et une question me traverse qui se pose partout de plus en plus  : Comment revisiter le modèle social français que tant de pays nous envient quand on voit comment il craquèle à l’épreuve des précarités ?

 

A ceux qui se contentent à l’issue de ce type de manifestation de  critiquer quelques responsables qui seraient à l’origine de tout et dont le départ seraient l’unique solutide , je veux dire que nous avons besoin qu’ils proposent enfin et qu’ils ne se consacrent plus qu’à ça .

 

lundi 20 décembre 2010

Défi climat de la Région Aquitaine : Inquiétude et Questionnement

Monsieur le Président,

 

Nous avons clairement en tête l’une de vos  trois priorités de mandat très ambitieuses : la réduction de 30% de l’empreinte carbone du territoire régional d’ici 2020 . Une ambition donc supérieure de 10% à celle déjà élevée, édictée par l’Europe .

 

Cette délibération aujourd’hui est donc fondamentale : le sujet est grave, l’enjeu très sérieux

Je ne vous cache pas que sa lecture a soulevé de nombreuses interrogations et nous espérons donc être rassurés aujourd’hui.

 

1/ Nous sommes inquiets car nous n’avons pas en réalité d’état des lieux

 

Il n’y a pas de vraie évaluation du premier plan climat : Les petits visages tout sourire ou tout inquiets en face des 47 mesures auraient pu,  peut être nous rassurer . Mais il n’y a que deux pages d’évaluation. Nous n’y trouvons  aucun élément budgétaire  alors qu’il s‘agit de dizaines de millions d’euros. Je cite dans le texte le CESER qui précise que « le bilan qualitatif doit être approfondi et explicité »

Nous ne connaissons  même pas notre empreinte carbone ? Vous souhaitez la réduire de 30 %, c’est très louable. Mais c’est à dire ?  puisque nous ne savons pas d’ou l’on part.

 

 

2/ Nous sommes d’autant plus inquiets  que par ailleurs vous revendiquez le manque d’opérationnalité  du grenelle. Heureusement tout n’est pas noir, tout n’est pas perdu le grenelle nous oblige à mettre en place un  Schéma Régional Climat Air Energie piloté par l’Etat et la région : Mais ou en est on ?  car ce schéma va nous donner les orientations stratégiques à suivre . Parallèlement vous lancez le défi qui vise à définir les moyens opérationnels de concourir à ces objectifs stratégiques. Les mêmes personnes en même temps mais dans des réunions différentes devront définir des stratégies et avant que ces dernières ne soient  présentées dans cette assemblée,  définir des moyens opérationnels d’y contribuer.

 

3/ Enfin, je compte sur vous aujourd’hui, pour nous rassurer pleinement sur l’enjeu principal de ce défi :  celui de la mobilisation.

 

La mobilisation des acteurs institutionnels tout d’abord, ceux là même qui ne sont pas venus à l’hôtel de région durant la semaine défi climat, alors qu’ils ont voté des plans climats dans leur collectivités aidés en cela par le Conseil régional . Je me range évidemment à l’avis du CESER « sur  l’indispensable synergie des plans climats et la nécessaire gouvernance de la politique régionale climat air énergies à l’échelle aquitaine » ....ce qui implique par exemple de  mettre en place des indicateurs territoriaux et de les communiquer....

 

La mobilisation des aquitains ensuite . Je veux attirer votre attention sur la  limite de certaines formules qui sonnent bien mais qui au fond étonnent...Je veux parler de votre fameux défi du 1 pour 1000. 

Si je vous prends au pied de la lettre cela sous entend qu’entre 2010 et 2014, un aquitain sur 1000 devra être sensibilisé au défi climatique soit 3400 aquitains  sur quatre ans c’est à dire à peine  plus de 800 par an.....C’est très peu au regard de votre ambition.

 

Car enfin Monsieur le Président, votre ambition est supérieure à celle de  tous les pays de l’Europe...il faudra pour relever cet énorme challenge beaucoup plus que 800 aquitains sensibilisés par an .

Vous avez besoin des 84 conseillers régionaux que nous sommes car nous serons des émissaires précieux dans nos collectivités et auprès des citoyens que nous  rencontrons à condition évidemment d’être informés et associés à des démarches précises et réalistes. 

 

samedi 18 décembre 2010

Pas d’énergies renouvelables sans volonté politique de l’exécutif régional


Début décembre.....Le CESR présentait son rapport sur le développement des énergies marines renouvelables et notamment les conditions de son succès en Aquitaine.

 

J’y étais et je veux partager avec vous ce que j’ai entendu.

Mais avant tout, reprenons les fondamentaux.

 

La France doit produire 20% d’énergies renouvelables d’ici 2020 et réduire d’autant (+3%) les gaz à effet de serre.

 

Les énergies marines représentent un formidable potentiel d’énergies renouvelables particulièrement chez nous en Aquitaine.


 

A très grand trait, les éminents membres du CESER, nous ont rappelé quels étaient les différents types d’énergies marines (houle, vent, courant, marée) dressé l’état des lieux en terme d’expérimentation, les facteurs clés de réussite, le contexte à prendre en compte .

 

Les facteurs clés de réussite :

-         développer la capacité de recherche et de développement,

-         réduire les coûts pour garantir les économies d’échelle,

-         prendre en compte la spécificité de l’off shore,

-         anticiper et organiser la possibilité de connexion du réseau électrique pour ces nouveaux débouchés.

 

Le contexte :

-         social : la mer et l’océan ne sont pas vierges de tous usages. Ces derniers doivent impérativement être pris en compte dans la réflexion sur le développement des énergies marines ; la FORMATION de toute nature et à tous les niveaux doit être anticiper pour accompagner cette révolution salvatrice.

-         Environnemental : il est urgent d’harmoniser les indicateurs de suivi à l’échelle européen, de modéliser en amont et d’observer en temps long.

-         Juridique : les Etats sont mal à l’aise avec ces technologies innovantes sur des espaces sur lesquels règne une incertitude juridique.

 

Enfin et surtout, je veux vous parler de leurs conseils conclusifs :

 

Il faut selon eux :

-         soutenir le développement technologique,

-         développer une coopération interrégionale dans le financement et la réalisation d’essais,

-         développer une concertation territoriale avec les usages de la mer,

-         faciliter juridiquement et administrativement les installations des sites d’essais en mer,

-         développer la formation pour créer des emplois durables autour de ces technologies industrielles.

 

Le 29 novembre, lors de notre dernière commission permanente au Conseil Régional, nous avons validé une subvention de 100 000 euros pour l’organisation de colloques et d’événements autour de la question des perspectives industrielles de l’éolien. J’ai demandé à ce que nous ayons un débat en plénière sur ces questions fondamentales pour notre avenir. Le Président a donné son accord, nous verrons bien. J’attends.

 

Une chose est sûre, le Royaume Uni d’ici 2020, ambitionne le développement de 4 fois plus de MW que la France. La Chine, le Portugal, l’Espagne… sont avec nous entrés dans une compétition énorme. La guerre des brevets est en cours.

 

L’Aquitaine est une pièce maîtresse dans ce défi tant au travers de ses compétences que grâce à la particularité littorale de son territoire. La concertation avec les usagers actuels de la mer, la coopération européenne et le développement de nouvelles formations sont tout simplement indispensables, et relèvent absolument des compétences de notre Région autant que de la volonté de son exécutif.

 

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, vous pouvez télécharger le rapport complet du CESR sur http://cesr-aquitaine.fr/

 

Une chose est désormais parfaitement claire à mon esprit : la bataille des énergies renouvelables se gagnera au local au niveau des régions, l’Aquitaine a une place de choix à prendre, la volonté politique est déterminante. Sans elle, pas de succès possible.

 

C’est donc un débat majeur, je continuerai à y être très attachée, à vous en parler et à agir concrètement sur ces questions dans les assemblées.



jeudi 2 décembre 2010

Facebook : outil de communication pour les élus ou outil de conversation avec les élus ????

Retrouver l'article que Sud Ouest a consacré à l'utilisation de Facebook par les élus girondins. 

dimanche 7 novembre 2010

Aqui, Sonia Moumen et trois femmes en politique : une histoire d'engagement

Sonia Moumen, Isabelle Boudineau et Alexandra SiarriPortraits croisés de trois élues en campagne. Regard sur les premiers pas en politique de trois jeunes femmes très différentes ayant joué, chacune à leur manière, un rôle de premier plan lors des dernières élections régionales en Aquitaine. Pendant quatre mois, Sonia Moumen, écrivain et blogueuse, a suivi, de réunions en meetings, Alexandra Siarri (UMP), Isabelle Boudineau (PS) et Marie Bové (Europe Écologie) pour les croquer sur le web. D'un "Carnet de campagne" virtuel, elle a décidé de faire un livre qui vient tout juste de sortir en rayon. L'occasion de découvrir les engagements, les joies, les doutes, les lassitudes et les convictions de trois élues en bleu, rose et vert, pour un ouvrage qui, s'il ne brandit pas l'étendard du genre, n'en mêle pas moins au politique et au pragmatique, du féminin et de l'humain avec un "e" à la fin.

Elles étaient trois, ce vendredi 5 novembre,  dans les murs de la librairie Mollat, pour évoquer leur aventure "politico -blogo- littéraire"  lors des Régionales 2010. Un Carnet de campagnepréfacé et présenté, ce soir-là, par Jean Petaux, prof à Sciences Po Bordeaux. Manquait, et c'est dommage pour la vision d'ensemble,  la quatrième en délégation au Vietnam pour la Région Aquitaine. Autour de la table, Sonia Moumen, auteur de l'objet du débat,  ayant accédé au Graal pour avoir (entre autre activité) édité, il y a quelques années,  un roman chez Gallimard, comme l'annonçait admiratif, le politologue dans son préambule.  Présente également, Alexandra Siarri, élue municipale à la mairie de Bordeaux, 2ème tête de liste UMP derrière Xavier Darcos, et Isabelle Boudineau, 1ère adjointe à la mairie de Bègles, ex directrice de cabinet d'Alain Rousset puis de Vincent Feltesse. L'absente étant Marie Bové, fille de José, lancée dans la course aux Régionales sous la bannière d'Europe Ecologie

Entre différences et divergences, complicité et convergences
Trois candidates devenues aujourd'hui conseillères régionales d'Aquitaine, arborant des couleurs différentes mais réunies par le fil rouge des interviews de Sonia Moumen.  Alexandra Siarri, le feu follet idéaliste à l'origine de la série, Isabelle Boudineau, la discrète, l'insaisissable femme de dossiers passée de l'ombre à la lumière et Marie Bové, la médiatique égérie de la cause écologique. Les deux premières en présence, témoignant des ressorts de leur engagement, celui non encarté pour Alexandra (ainsi que Marie) et miltant pour Isabelle, mais sans faille pour l'une et l'autre.  Unies par une volonté commune de vouloir changer la société,  confrontées au cumul de la "res politica" et de la vie de famille... 

Carnet de campagne
Acheter ce livre chez Mollat.com

L'une blogue, l'autre pas
L'une à droite,  fervente utilisatrice des réseaux sociaux, l'autre à gauche, "archaïque aimant les livres", soutenues par des mentors auxquels elles sont fidèles sans se soumettre, qu'ils s'appelent Alain Juppé, Vincent Feltesse ou Noël Mamère, chaque leader ayant exprimé dans le livre les raisons de son choix  et son ressenti sur la personnalité de chacune.  Une leçon de politique loin de toute démarche nombriliste, qu'aura menée avec sensibilité et originalité Sonia Moumen, en démontrant qu'au-delà des listes chabada, la femme élue est un homme politique comme les autre, qui apprécierait quand même  de "passer moins de temps en réunions où on s'écoute parler". Ne pas oublier que la femme politique, entre travail, enfants, dossiers et délégations a souvent plusieurs vies.

Carnet de campagne / Sonia Moumen / Le Nouveau studio éditons / 5,00 €

mardi 5 octobre 2010

Les enseignements d'ATD Quart Monde

Paris 20 ème, retour dans la salle de la solidarité pour la suite et la fin de la co-formation  ATD Quart Monde.

 

Je sais maintenant à quoi m'attendre : le groupe se connaît, il a eu le temps depuis la dernière fois de réfléchir à ces histoires de représentations mutuelles souvent très éloignées de la vérité brute...le temps de ressasser le sentiment de solitude et d'humiliation quand on vit la grande pauvreté (http://www.facebook.com/note.php?note_id=469603302222).

 

Nous avons deux jours  désormais pour tenter d'apporter des solutions.

Mais pas tout de suite, nous dit on,pas encore.

D'abord, nous allons lire ensemble, en les décortiquant, les récits d'expériences que l'on nous avait demandé d'écrire la fois dernière : il fallait raconter une histoire forte qui nous avait fait vibrer le coeur  et changer un peu notre manière de voir notre quotidien et nos responsabilités. On s'y met, on lit ensemble, on traduit chacun à voix haute ce que l'on croit avoir compris et se faisant on découvre que la scène peut être vécue parfaitement différemment.

 

Puis,  vient inéluctablement, le moment de l'étude de votre propre texte : les commentaires et les interpérations vous secouent de clairvoyance et parfois de brutalité. J'y pense encore .

 

Mais que je vous dise un peu les histoires que j'ai entendues...

 

Paul raconte comment un dossier de RSA vire au cauchemar : les mots de l'assistante sociale sur l'ordinateur qu'elle a choisit à sa place pour qualifier son projet ont selon lui fermé les portes de financements complémentaires ...en creusant il admet qu'il sait laissé faire, il dit de lui qu'il s'ést senti enfant.

 

Mireille parle de cette femme qu'elle a voulu aider à toute allure parce qu'elle partait en vacances dans deux jours, cette femme qui n'osant pas affronter le regard humiliant de la dame de l'accueil préferait payer son loyer à une borne, sauf que la borne était en panne et que le  loyer ne fut pas payé que l'expulsion était imminente.....mireille dit qu'elle a écrit partout en tant qu'élue pour obtenir des aides ..sauf qu'elle a demandé une aide d'urgence alimentaire et que dans ce stage il lui a été dit que sous pretexte d'aider elle a renvoyé un message atroce : "tu ne paies pas ton loyer tu ne sauras donc pas te nourrir... moi en deux jours je vais régler l'affaire !!!! "

 

Je vous écris ma traduction des récits et des réactions...un autre stagiaire vous dirait sûrement les choses autrement.

 

Une seule  chose est sure : il y a un travail vertigineux à produire pour que ceux dont le métier et ou la responsabilité consiste à apporter de l'aide le fasse en écoutant ceux à qui ils doivent l'apporter !

 

Pour vous en convaincre comme je l'ai été deux  exemples frappant :  la procédure est une garantie d'équité selon les élus une machine à broyer selon les gens qui vivent la précarité, les places d'hebergement d'urgence permettent aux bénéficiaires de ne plus dormir dans le froid selon l'élu elles sont l'élément déclenchant  d'une  dislocation de la famille selon le précaire ....

Une fois les récits décortiqués et nos certitudes décapées...le temps de la production est venu en binôme . Je me suis retrouvée avec evelyne une femme ayant connu l'errance et la séparation d'avec les enfants et petits enfants une femme qui  a su trouvé en elle une force inouie pour retrouver les siens et leur offrir à nouveau un logement, une femme extra-ordinaire qui après avoir suivi l'université populaire d'ATD Quart Monde aide désormais les familles en souffrance .

 

Tous les binômes ont produit des plans d'actions très simples qui seront publiés bientôt sans doute en l'état...je le suppose mais je n'en suis pas sûre ...ce n'est pas grave de ne pas savoir

parce que contrairement à ce que je croyais la veille de cette deuxième partie de co-formation l'essentiel est simple : toujours toujours associer l'usager/administré/citoyen à toute forme de décision publique et encore plus lorsqu'il est vulnérable et en danger.

vendredi 17 septembre 2010

Casser les représentations mutuelles : savoir entendre le sentiment d'humiliation

Paris 20ème, ATD Quart Monde expérimente un nouveau type de formation : « co-former pour être transformé » telle est l’ambition !

Un groupe d’élus dont je suis et de militants ( nom donné par l’association aux hommes et aux femmes qui vivent la très grande précarité) vont trois jours durant échanger, débattre sur leurs savoirs autour de l’exclusion.


 

Considérer les progrès de la société à l’aune de la qualité de vie du plus démuni….revendiquer que l’on ne peut pas lutter contre la misère sans ceux qui la vivent….tels ont les postulats partagés.

 

Nous serons donc dans cette salle «  la salle de la solidarité » pour être chacun formateur et élève , chacun responsable acceptant de se questionner, de se bousculer, de se livrer.

Aujourd’hui, nous travaillons sur les représentations mutuelles : qui est l’élu selon le militant ? Qui est le militant selon l’élu ?

Les groupes feront les mêmes exercices, afficheront en même temps sur un même tableau leurs travaux.

 

On commence :

« la pauvreté c’est quoi en un mot ? » les élus ont choisi les termes d’exclusion, d’injustice, les militants de froid de peurs, de manque…

« le politique s’illustrerait avec laquelle de ces images ? » les élus choisissent un groupe de marathoniens, les militants une foule sous des parapluies et au milieu un poing levé…..

 

Les différences de points de vue, de perception sont abyssales Ellle s s'expriment  sans jugements…mais on creuse :  pourquoi ces mots, que veulent ils dire ?

 

Celui là, nous suivra toute la journée : « humiliation » jamais très éloigné d’un autre « soumission »….. »c’est dur de demander de l’aide », « c’est humiliant, c’est inquiétant »….Que ferez vous de nos enfants ?

 

Nous parlons à cœur ouvert : les élus sentent bien dans l’exercice de leur mandat au quotidien,  le décalage entre le discours des gens qu’ils voient sur le terrain et ce qu’ils entendent dans les bureaux feutrés des travailleurs sociaux . Les élus connaissent cette frontière ténue entre le temps et la sémantique de la République et ceux de la rue. Ils la connaissent et ils en souffrent plus souvent qu’on ne le dit, pas assez pour qu’on essaie de l’expliquer …comme aujourd’hui.

 

S’ensuit une présentation de l’organisation administrative de la France et de l’imbroglio des compétences croisées : ici dans cette salle devant ces "combattants" la complexité de nos organisations apparaît ridicule et même un peu déplacée.

 

A leur tour de nous dire ce qu’ils vivent, ce dont ils ont besoin, ce qui les inquiètent : c’est le temps de la lecture « des apports de connaissances des militants sur la grande pauvreté »

 

Tout est très fort : «  la pauvreté nous suit depuis toujours, on voudrait bien travailler avec vous pour comprendre ce qui ne s’est pas bien passé, on ne veut plus ouvrir les courriers, on a honte de demander devant nos enfants ….. » Tout est simple, derrière leurs mots, pas de  jugement, personne dans la salle ne cherche d’échappatoire ! L’écoute est absolue, la conscience des écarts violente.

 

On nous demande enfin de rédiger un récit d’expériences : quelqu’un que l’on a vu et qui nous a fait franchir une étape dans notre exploration intime autour de ces sujets …On nous a dit que nos émotions, ce qui nous avait touché et ou géné était aussi important que les décisions que nous avions prises ou pas.

 

Je suis partie remplie des mots du volontaire permanent qui a orchestré cette coformation, ce temps particulier ou l’on casse les représentations mutuelles….remplie et extrèmement reconnaissante.

 

On nous avait promis et prédit que cette co-formation aboutirait à des transformations personnelles…c’est le cas …il faut qu’elles aboutissent désormais dans les faits ….les deux prochains jours seront consacrés à cette mise en pratique urgente. Rendez vous les 27 et 28 prochains

mardi 31 août 2010

A quoi servira l'indignation ?

Les Roms sont chassés et maltraités depuis toujours sous nos yeux grands ouverts.

Personne ne peut ignorer qu’ils arrivent massivement dans nos villes risquant leurs vies dans des squats insalubres.

Tous les élus savent que les taudis « inflammables » qu’ils occupent avec leurs petits sont trop souvent des bâtiments publics.

L'indignation générale récuse leur expulsion. Le brouhaha républicain qui partout se fait entendre questionne sérieusement nos hivers silencieux.

Qui parlait d’eux cet hiver ? 

L’indignation autour de leur départ forcé est posture si elle ne sert pas à créer une dynamique pour que les Roms vivent enfin dans des conditions décentes chez nous.

L’indignation est imposture si elle ne sert pas à questionner l’Europe pour raisonner sur les mouvements de populations qui n’ont plus rien.

20 millions de Pakistanais ont tout perdu. A quelque mois du sommet de Cancun, qui se prépare dans une vertigineuse indifférence, à l’exact opposé de celui de Copenhague, on sait bien que notre monde de dingues fabrique à toute allure des millions de réfugiés. 

L’indignation nous condamne donc à agir ensemble. Pourquoi le projet de loi imposant que soit construite une place d’hébergement pour 1 000 habitants n’a-t-il rencontré aucun succès ? Simplement parce que le décret d’application n’est jamais sorti ? Je ne comprends pas. 

A tous ceux qui pensent que le sort des Roms ne les concerne pas, je réponds que le mal logement concerne 3,5 millions de ménages d’ores et déjà en France. 

Et puis enfin et surtout, si l’on ne veut pas que les Roms ne soient qu’un sujet d’actualité de plus, balayé au gré des marronniers et autres obsessions médiatiques, il faut plaider pour que la question de l’hébergement et du mal logement soit au cœur des priorités publiques. 

D’autant, cher citoyen, que le jeu de la patate chaude est impossible car sur ce thème vital, chaque collectivité porte une part de responsabilité légale.

lundi 23 août 2010

Journal d'une élue de la République

Ces petites salles grises où tout se passe ! Article paru en mai 2010

Aujourd'hui, je siège dans une petite salle grise perdue au bout des couloirs labyrinthiques du 2ème étage de ce bâtiment qui reçoit au guichet, mais les yeux dans les yeux, toute l'anxiété, la peur et les souffrances de la ville.

Cours Saint Louis, comme chaque semaine, j'ai rendez vous au CCAS, centre communal ( ici à Bordeaux) de l'action sociale.
Des milliers de personnes seules ( le conseil général s'occupe des familles) ont rendez vous ici chaque année.

Aujourd'hui, je siège dans deux commissions : l'une concerne les aides financières de première nécessité, de projet et exceptionnel, l'autre le logement temporaire dit ALT entre la rue et le logement tel que nous avons la chance de le vivre, nous !

Deux travailleurs sociaux m'accompagnent. Chaque dossier est épais d'analyses, chaque dossier est avant tout une histoire, une de celles qui génèrent l'étonnement compassionnel ou rugueux, de coutume autour des marginalités, une de celles qui alimentent notre "peur du déclassement".

Il y a dans la vie de l'élu, des pages et des pages de dossier, avec des graphiques, des camemberts, des tableaux...qui racontent tout en toute transparence mais qui endorment parfois, tant la substance traitée est impersonnelle.

Et puis, il y a ces moments là qui vous exposent à des vérités nues. Je vis un de ces moments là..je le partage avec vous...

"Elle a 22 ans, enceinte de 8 mois sans homme ni rempart familial, on lui a trouvé un appartement mais le vide du lieu apparemment parfait s'il s'additionne à celui de l'affection la plongerait dans le pire plutôt que de l'aider à avancer sur son chemin....l'assistance sociale sollicite une aide exceptionnelle pour cofinancer une banquette lit.
Il y a ceux qui ont besoin de timbres fiscaux, qu'on les aide à acheter un congélateur, à payer une facture d'énergie, de déménagement....

Tout est souvent lourd !
Mais tout est vie.
Tout est possible : tout est affaire d'équilibre et d'écoute.

La commission suivante devra choisir deux des six candidats à un logement qui les sauveront de la rue : fallait il choisir de l'affecter à celui qui erre depuis moins de six mois ou à celui qui en meurt de dormir à ciel ouvert depuis des décennies torturantes ??? c'est une des questions qui se posent dans ces moments là.

On suppose à l'entendre à quel point l'erreur est possible, on le sait en le vivant à quel point les travailleurs sociaux se battent pour nos fragiles. Chapeau bas Messieurs dames.

Je pars, l'émotion débordante....
Décidément l'élu a tellement plus à faire dans ces petites salles grises que collé à son micro les jours de conseil à créer la polémique ou à s'en agacer....
J'y réfléchis longtemps.

alexandra siarri

jeudi 19 août 2010

Journal d'une élue de la République

Que fait on de votre tirelire à la Région Acte III - article paru en mai 2010 

Elles vous arrivent en petits paquets reconnaissables à la couleur de la page d'en tête cartonnée : jaune pour le H1 comprenez espaces naturels, vert pour le C4 pour éducation, jeunesse, culture et sport.... et ainsi de suite 

Elles se mêlent au courrier abondant du conseil régional.



Elles ???? ce sont les affaires traitées dans chaque GIA ( groupement interassemblées). Chaque conseiller siège dans un GIA avec les représentants de la société civile élus au CESR ( conseil économique et social).
Ensuite, 36 de vos conseillers se réunissent en commission permanente : la première est demain.
Je suppose, que les dossiers traités dans les 6 GIA seront évoqués, débattus...C'est en tout cas la règle édictée. 

Les affaires de la région ont été formalisées comme des chèques intelligents à prélever sur notre tirelire d'Aquitaine... sur plus de 500 pages envoyées à chaque domicile de ceux que vous avez élus.

Des affaires sur tout le territoire sur une immensité de thèmes qui seront votées à l'unanimité dans 95% des cas !!!!

Imaginez un peu : 300 pages de projet de délibérations relatives à l'obtention de petits milliers d'euros à des dizaines de clubs et d'associations sportives....aucun sport n'étant à priori négligé !!!!

Difficile évidemment, sans être expert de savoir si cette politique d'apparent saupoudrage est juste et exhaustive, difficile de comprendre la politique sportive de la région...mais aussi difficile de ne pas penser que donner un peu au plus grand nombre c'est accompagner le foisonnement d'initiatives locales....

Il y a aussi des listes quasi nominatives d'agriculteurs, de viticulteurs de laitiers soutenus pour traverser la crise et puis des aides au montant plus élevé pour des entreprises en danger....
Qui donc s'y opposera? ce serait porter tord à ceux cités qui participent évidemment à notre économie et aux bruits de nos vies comme à sa chair....

Evidemment le choix d'aider de cette manière fera débat....c'est sans appel demain ou plus tard, mais débat il y aura.

La démocratie selon moi c'est avant tout la transparence...et je voulais vous dire ce soir un peu de ma stupéfaction devant cet exercice rugueux et responsable mais aussi et surtout une certitude simple.... chaque préparation de commission permanente devra être l'occasion de mener ma propre enquête !!!

alexandra siarri


samedi 14 août 2010

Journal d'une élue de la République

Que fait on de vos voix ? Acte II - article paru en avril 2010 

Le rideau se lève, les acteurs ont changé de costume.
Deuxième séance du Conseil régional. Autour du Président, l'aréopage est installé.


Aujourd'hui, les affectations des conseillers s'officialisent mais pas seulement...il y a le ton, l'atmosphère qui se dégage de cette nouvelle meute profondément renouvelée : 84 conseillers pour plus de trois millions d'Aquitains.

Le Président entame son troisième mandat et imprime évidemment sa marque de fabrique : il n'y a pour ainsi dire pas de protocole.
Le sens de son intervention est un appel à la pondération et à l'union " 90% des décisions sont prises à l'unanimité" et 50 % des Aquitains n'ont pas estimé utile de nous choisir. 
Décision est prise que l'absentéisme répété des élus sera sanctionné.

Ce premier petit débat est prétexte à marquer son territoire. De part et d'autre les paons font la roue...les amoureux du verbe, les instinctifs, les vrais politiques. Viendra très vite le temps des experts de dossiers ( les mêmes dans certains cas !) : ceux là défendront leur territoire et vos intérêts différemment mais toujours en se mettant en scène. 
Il n'y a pas le choix. Pour se faire entendre, il faut être percutant.

Il me semble que cette assemblée regorge de conseillers pressés de débattre et sûrement d'en découdre. Nous verrons bien et en particulier dans ma commission comme dans mon groupe inter-assemblées dédiées au développement durable et à l’aménagement du territoire.

On s'apprête à se quitter quand notre collègue, le plus célèbre syndicaliste aquitain lit un discours imprévu mais tellement prévisible finalement. Il défend ses convictions. Il énumère le nom d'entreprises de la région en situation difficile, rappelant en comptable minutieux, ce qu'à fait la région, ce que n'aurait pas fait le gouvernement.

La réaction de l'opposition, donc de mon groupe est immédiate et très vive autour d'une idée simple " de tels débats méritent qu'on les prépare ..."`

S'ensuivent des tirades où l'on ressasse autour de la fameuse réforme des collectivités locales. Vanité et vacuité ne sont ils pas des dangers qui guettent chaque élu ?

C'est évident : dans cette assemblée, le gouvernement sera défendu chaque fois qu'il subira une attaque ! et il en subira. 
l'Aquitaine sera malheureusement prise en otage par des positions nationales idéologiques « clivantes ». Ce n’est pourtant pas, mais dîtes moi si je me trompe, votre commande !. Ce n'est en tout cas pas du tout, je vous le dis, mon intention !

Cette aventure est nouvelle : cette nouveauté s'additionne à toutes les autres, c'est presque une autre vie pour moi.
Le lendemain des élections, j'ai retrouvé les miens saturés de cette campagne épuisante, le chemin d'un travail que j'aime profondément, le fil de mes dossiers municipaux en me concentrant sur celui qui anime mon énergie : le logement des plus démunis.

Depuis je ne cesse de restructurer mon temps concentrée sur trois exigences : loyauté, liberté et audace.
alexandra siarri

jeudi 12 août 2010

Journal d'une élue de la République

C'est une nouvelle histoire qui commence en Aquitaine, ensemble ! Article paru en mars 2010

Nouvelles têtes et rajeunissement. Nouveaux équilibres et nouveau ton : plus politique, disent les avertis ! 

Les candidats selectionnés, ont cheminé tôt ce vendredi 26 mars depuis les cinq départements de notre Aquitaine pour converger vers l’hôtel de région, une bâtisse beaucoup trop monumentale.



De candidats à conseillers, la mue s’organise sous haute dose de protocole. Votre vote s’incarne autour du troisième sacre du Président Rousset.

Je connais ces larges couloirs « moquettés », cet escalier théâtral et ces plafonds sans fin. Mon appartenance à la fonction publique m’a rendue coutumière de ces lieux officiels comme des tribus « politico-admistratives » qu’ils hébergent.

Lieu, tribus et vocabulaire associé, jugés inaudibles, pire inutiles par plus de la moitié d’entre vous.

Badge, cartable, photographies officielles, chacun de vos 85 conseillers régionaux respecte ce rituel républicain avant de s’installer par ordre alphabétique dans l’hémicycle et de procéder au vote.

Le vote est acquis : il sacralise le vôtre.

« Il ne faut pas avoir de certitudes mais des convictions » A Rousset lance un appel à l’apaisement avant de déclamer sa feuille de route (innovation, emploi ; jeunes et territoires, climat et environnement).

Xavier Darcos parlera d’opposition constructive. Le groupe qu’il préside est composé entre autres de trois députés dont Alain Lamassoure qui préside la commission des finances européennes, d’un ancien futur candidat à la présidentielle sous la bannière de la ruralité, et de nouvelles têtes dont la mienne qui veulent faire retrouver le goût de la politique. J’ai appris à respecter infiniment Xavier durant cette campagne rugueuse dont l’issue « supplicielle » laisse pantois et accentue votre dégoût de la politique spectacle . 

Je vous l’avoue, mon énergie aura été centrée sur sa peine extrèmement digne plus que sur le plaisir de siéger.

M De Marco m’étonne en accordant autant de place m a t il semblé à sa volonté de combattre la politique gouvernementale qu’à celle d’appliquer ses trois priorités : anticiper enfin, réorienter et gouverner autrement. Le front de gauche s’exprime à deux voix mettant un terme officiellement à la mission de porte parole de M Boulanger même s’ils disent finalement la même chose : leur loyauté au président n’est pas un chèque en blanc.

Chaque conseiller devra choisir une commission et un GIA comprenez groupement interassemblées dans lesquels il siègera. 37 dont moi siègeront en plus dans la commission permanente, sorte de gouvernement régional. J’hésite entre la commission développement durable, aménagement du territoire , TIC et Education, formation et apprentissage.

J’ai clairement d’ores et déjà deux regrets : qu’il n’y ait pas de vice présidence consacrée au dialogue citoyen et que cette collectivité comme toutes les autres confinent les décisions écologiques à une vice présidence au lieu d’organiser son influence concrète dans chacune d’elles.

50 % d’entre vous ont coupé les liens avec nous : votre fuite nous intime l’ordre de changer très très vite nos pratiques politiques : Il faut bousculer le système en place coûte que coûte. 

C’est tout à fait évident pour moi : le combat des présidentielles est dangereusement prématuré, je veux militer pour retrouver votre confiance dans mes mandats locaux complémentaires qu’ils durent quatre ou six ans .

Je vous le dois, je me l’exige.
Alexandra siarri

lundi 9 août 2010

Journal d'une élue de la République

Libre d'espérer - Article paru en février 2010 

4 à 4, j’avale les escaliers de cette résidence universitaire délabrée. Je croise ce jeune couple immigré avec leur petit garçon. Plus tard, les étudiants qui nous accueillent nous diront que cette famille était venue se laver dans les douches collectives.

Notre jeunesse précaire côtoie ici celle des errants d’Europe de l’Est qu’on ne gère pas.

Nous venions parler du manque de logement étudiant en Aquitaine : une place pour cinq demandes. Je découvre des chambres de 9 m2 aux portes soufflées, aux espaces collectifs minables.

J’ai honte de savoir que si près de mon échoppe douillette, ces courageux là sont oubliés.
6000 logements pour les jeunes, 180 millions d’euros : c’est un des points de notre programme, c’est une priorité.

Le mal logement et les solitudes errantes me révoltent depuis toujours.
Il est fini le temps du SDF quinquagénaire forcément alcoolique .Travailleurs pauvres, mamans isolées, étudiants précaires subissent désormais aussi le mal logement !
Aucune institution n’échappe à cette responsabilité : la Région a celle du logement étudiant.
Définitivement, je suis pour la réforme des collectivités locales. Sa principale vertu réside pour moi dans l’ équation simplifiée qu’elle doit garantir aux citoyens. Fini le temps des redoutables « C’est pas moi, c’est l’autre ».

2 heures avant cette visite étouffante, nous étions boulevard Albert premier à la rencontre d’apprentis et d’artisans . 90 % des entreprises d’Aquitaine emploient moins de 20 personnes. Erasmus des apprentis, soutien financier pour le deuxième logement, équivalence du statut d’étudiant pour les avantages quotidiens…chaque jour, nous égrenons notre programme : l’emploi et le logement sont des préoccupations récurrentes qui cannibalisent les débats sur l’écologie prospective.
L’« écologique républicaine »de notre liste tient en 15 principes. A la différence de la liste locale d’Europe Ecologie , je ne crois pas raisonnable de militer contre la LGV, contre le nucléaire, de se défier de ceux qui attendent tout du progrès, ni de ceux qui créent les richesses dites productivistes . Je suis convaincue au contraire qu’il nous faut entendre le raisonnement des sceptiques et trouver avec eux les moyens de ne plus l’être pour ne pas les perdre définitivement.

Mais, au delà du contenu programmatique, il y a la manière de l’incarner, de le partager. J ‘aime cette campagne et j’aime la faire avec notre numéro 1 …avant tout un humaniste qui ne renie rien de ma différence et donc de toutes les autres.

Le soutien d’Alain Juppé et celui des amis de tout horizon qui m’accompagnent dans cette séquence de vie inouïe, confortent ma liberté d’espérer…
…d’espérer que la politique est encore le moyen le plus efficace, de transgresser les ordres établis, de casser les codes en respectant les cohésions.

alexandra siarri

vendredi 6 août 2010

Journal d'une élue de la République

Billet d'humeur sur les dangers du boniment - Article paru en décembre 2009 

Etre élu oblige à la dignité, à la solidarité, et plus que tout à la vérité.

Des hommes, des femmes et des enfants errent dans nos villes, au cœur du trafic urbain. Ils affluent, c’est un fait connu de tous. La souffrance affleure, vitriole leurs vies, tracasse les émotions de tous.

On ne meurt pas plus, ni plus vite dans la rue en hiver qu’en été mais nous les chanceux, culpabilisons plus fort. 

Le sapin nous reconnecte avec la chaleur fœtale. Les petits paquets rassurent et cajolent. Le vide injuste, inouïe, profond nous sépare des exclus, grand précaires et travailleurs pauvres.
Les élus bonimenteurs choisissent cette extrême vulnérabilité pour salir l’engagement de notre majorité bordelaise en mentant sans hésiter, alors qu’on aurait tant besoin de leur implication, de leurs propositions . 

Les articles dans notre presse locale se sont dangereusement multipliés ces derniers temps relayant leurs manœuvres politiciennes qui s’exécutent aussi sur la toile ….et toujours sans débat républicain .

Le raisonnement est le suivant : 

- prendre en otage les démunis en prétendant les défendre ( de bonne foi ou non),
- vouloir imprimer dans les esprits l’idée que les élus de la majorité voudraient chasser les pauvres,
- orchestrer le mensonge à répétition en n’offrant à lire à voir et à comprendre que des éléments simplifiés à l’extrême et complètement orientés,

L’affaire de la maison aux personnages des Kabakov est exemplaire de cette campagne bas de gamme.

Un projet de tramway est toujours accompagné du 1% culturel , autrement dit la cub a dû comme les autres agglomérations dégager un budget pour que sur le tracé soient données à vivre pour le tout à chacun des œuvres d’art contemporain. Parce que précisément, la culture est appréhendée subjectivement, des comités d’experts se mettent en place pour décider quel artiste installera quoi et ou . Le président de ce comité à la cub était M A Packeman directeur de l’emblématique Beaubourg.

Bref la maison aux personnages n’a pas été choisie par quelques élus bordelais irresponsables mais par une majorité d’élus de tout bord politique des 27 communes de la cub . Faut il rappeler que c’est sous la présidence d’Alain Rousset que la décision de lancer les travaux de la maison a été prise ?????

Les élus bonimenteurs après avoir brouillé volontairement cette première vérité en ont profité pour développer du « gros bobard » alimentant leur manipulation de masse. Selon eux le budget aurait pu servir à construire 30 chalets pour de l’hébergement d’urgence ….Mensonge puisque nous n’avions pas la maîtrise du dit budget et que les camarades de ces élus bonimenteurs n’ont jamais fait cette proposition intéressante ……alors même qu’ils avaient la majorité !!!!!!

La ville n’organiserait donc pas comme il se doit l’hébergement d’urgence. Puisque c’est bien le cœur de leur fronde.

Sauf que voilà messieurs dames : 

- Plus de 80% des places d’hébergement d’urgence du département ( plus de 500 communes) se situent sur Bordeaux ….pourtant la loi Boutin précisait que chaque ville devait ouvrir une place d’hébergement d’urgence pour 1000 habitants …il n’y a pas eu de décret d’application certes…mais quand on prétend défendre les plus démunis a t on besoin d’un décret ????? et aujourd’hui puisqu’il s’agit de débattre sur le fond quelles villes de la cub organisent cette solidarité , cette évidence humaine ????
- Sortir de la rue est une urgence, mais trouver un logement stable une fois protégée dans un hébergement d’urgence est évidemment l’urgence absolue ….depuis 6 mois la ville de bordeaux travaille sur cette question évidente dans un groupe que j’anime. Je veux saluer l’assiduité et l’implication énormes des fonctionnaires de l’état et du conseil général premiers acteurs compétents sur ce sujet immense, la cub les associations, les bailleurs….. 

Je suis profondément touchée et affectée par les choix des élus bonimenteurs tant je pense que leur manière de faire est grave pour la démocratie et désastreuse pour tous ceux qui souffrent…..Je voudrais que tous ceux qui vivent dans la détresse sachent que nous travaillons d’arrache pied ici à la ville et ailleurs partout ou il le faut pour trouver des solutions …..ces solutions qui ne sauront pleinement efficaces et justes que si nous sommes capables de travailler ensemble .
L’éradication de la pauvreté est la priorité d’une ville, d’un pays, d’une planète durable.

Parce que malheureusement le logement est un exemple de l’éparpillement des compétences et du risque grave de désorganisation……quand en plus on se permet de jouer de polémiques ….cela devient excessivement contreproductif et dangereux !!!!!

Imaginez que je décide de filmer une maman expulsée d’un logement en prétendant que le Cg dont c’est la compétence n’a pas fait son job…sans expliquer la complexité de son histoire de son parcours …….ou que je me plante devant un bâtiment municipal refait à neuf demandant pourquoi l’argent n’a pas servi à construire du logement d’urgence !!!!

Je ne m’y prêterai pas et je me battrai avec une force titanesque pour que jamais les élus bonimenteurs puissent continuer à faire vaciller la confiance des citoyens en leurs représentants.

Je sais la politique que je défends, je sais aussi celle que je combats. 
La vérité est le premier devoir auquel tout élu doit se conformer.

Relisant ce billet d’humeur, je veux rajouter ceci : je reviens de la place andré meunier ou nous étions un certain nombre d’élus à rejoindre la manifestation organisée par l’association clé de départ pour les plus démunis.
J’y ai retrouvé mathieu rouveyre, naima charai et fabien robert.
Ce serait tellement plus juste que nous soyions soudés aussi dans l’arène politique.

alexandra siarri


mercredi 4 août 2010

Journal d'une élue de la République

L'élu au centre du cyclone écologique - Article paru en décembre 2009 

Le 16/20h d’une journée classique…..trois réunions s’enchaînent, l’écologie est au cœur des échanges. Mais sa profonde signification est tour à tour subie puis reniée puis conquérante.

L’élu local est au cœur du cyclone écologique : réveillant sa conscience et ménageant ses mots en fonction des maturités et temporalités citoyennes.

Eviter la torpeur, assumer sa responsabilité, libérer l’audace, vivre et faire vivre «  les résolutions écologiques vitales » …tels sont les défis de l’élu.

Je veux vous faire traverser les atmosphères étreignantes du 16/20 de ce jour parmi d’autres.

16H : projet social de la ville. J’anime le groupe logement « de l’hébergement d’urgence au logement durable ». Aujourd’hui, nous parlons de l’accompagnement énergétique. Les constats partagés des acteurs de terrain sont terrifiants : les incidents de paiement se multiplient….loyers ou fluides, les choix exclusifs s’imposent . Certains ne consomment plus, évitent les incidents, passent à travers les mailles protectrices des travailleurs sociaux.

Les populations précaires de nos villes sont des victimes climatiques : leurs logements sont des passoires, leurs avis sont oubliés, leur peine elle est immédiate.

Il nous faudra beaucoup d’innovations technologiques…les « smart grid » ne font qu’ouvrir une voie indispensable.

Il nous faut surtout du travail collectif, le vrai, celui qui ne peut souffrir aucune mauvaise foi politicienne….urbanistes, architectes, métiers du BTP et travailleurs sociaux doivent impérativement partager leurs diagnostics et leurs plans d’actions.

18H : Conseil d’un quartier ou l’on vit assez bien, puisque les inquiétudes portent essentiellement sur la nature et le nombre de brossages des rues, du ramassage des poubelles, des PV pour jets intempestifs  de mégots et autres chewing gums…..

Le chemin pédagogique sera excessivement long !!!

20H : rencontre écocitoyenne avec Serge Orru. L’assistance est acquise….quand même de nouveaux chiffres, de nouvelles évidences prennent la gorge :

-       le cancer des enfants augmente de 1,5 % par an

-       « comment continuer à croire que nos constructeurs automobiles  assez malins pour savoir ce « qu’une gauchère blonde » aime comme voiture, n’avaient pas compris ni pu anticiper la fin du pétrole ????? »

-       « Si on ne change rien, la guerre est inéluctable . »

22 H : ur cette route mouillée, je veux cajoler la peau laiteuse de mes petits et je me demande comment être utile et juste dans l'oeil du cyclone écologique. 

alexandra siarri

lundi 2 août 2010

Journal d'une élue de la République

L'élu doit avant tout arbitrer - Article paru en décembre 2009

La salle est comble.Les premiers rangs sont prisés : ils sont opposants. La gestuelle est guerrière.Bordeaux Bastide : le quartier que je ne faisais que traverser étudiante, en m’étonnant chaque dimanche, du nombre de feux….verts, après ce grand virage de la côte des quatre pavillons, tellement vertigineux quand on y voyait la grande roue foraine.Depuis et avec le tramway, la Bastide est un quartier de la ville ou l’on choisit enfin d’aller, en y entendant leur musique particulière, un certain avant gardisme, puisant au fond de l’histoire bordelaise une étincelle rugissante. Etre Bastidien, c’est être plus que Bordelais.Ce soir, nous sommes face à une centaine d’entre eux qui exigeront qu’on leur réponde sur le champ. Les questions sont précises, les arrières pensées tout autant, mais elles sont vécues, débattues et tout simplement conquérantes.Le ton est donné, il est haut en couleurs. Surtout ne nous y trompons pas : c’est exaltant pour un élu de savoir qu’on peut débattre dans la contradiction et l’émotion. Les débats sont multiples et urgents ….les bras se sont tendus vaillamment en moyenne 15 minutes pour les soumettre. Tous partagent la conviction de défendre leurs intérêts que nous élus et fonctionnaires de la ville ne prendrions pas suffisamment en compte voir pour certains que nous délaisserions intentionnellement . Aucun en revanche ne s’étonnera jamais que les questions appellent à quelques minutes d’intervalle des réponses publiques littéralement contradictoires. C’est notre job ….nous avons été élus pour entendre ces contradictions , les dépasser, les solutionner dans l’intérêt général. C’est plus que notre job, c’est notre responsabilité, l’essence même de notre engagement.Quelques exemples de ce casse tête démocratique : Cette citoyenne déplore le manque d’équipements sportifs de proximité …elle est appuyée par ceux qui trouvent anormales les 45 minutes de transport des petits bastidiens pour aller à Bordeaux Lac s’adonner aux mouvements salvateurs du corps . Plus tard, dans cette salle applaudie des mêmes mains, une femme dira que le regroupement des jeunes au « city stade » ( équipement sportif de très grande proximité !!!) la tracasse !!!! Cette dame déplore la mise en place d’un périmètre visant à contrôler l’urbanisme pour qu’aucune construction ne balafre l’ensemble de vie …ce périmètre dévalue mais plus tard on regrette avec révolte que des mesures conservatoires quasi identiques n’aient pas été prises assez tôt pour éviter qu’on ne construise en hauteur et ou sans âme…..tout en insistant bien sûr sur le manque de logements sociaux qui passe aussi pourtant, qui peut le nier ? par de la construction en hauteur.Enfin un homme finit par prendre la parole …sauf que lui s’agite vraiment ….marchant dans un va et vient inquiétant…il parle de la mosquée …il ne la veut pas….sa sensibilité politique affleure, sa colère titanesque et froide aussi. Une dame ayant levé la main sans discontinuer, au fond de la salle parlera elle de ces familles de l’est qui squattent sans ressources alors qu’en plus d’être nos frères humains ils sont nos amis européens. Une autre déjà avait évoqué les gens du voyage dont l’espace de vie est trop restreint. Ils n’ont pas confronté leurs points de vue diamétralement opposés…non, non ils se sont adressés exclusivement au maire de la ville.Le maire a répondu à tout, n’esquivant aucune question, assumant leur ton et l’esprit qui les conditionne, mettant en exergue les contradictions des réponses attendues voir exigées. Le maire est au centre du groupe que nous formons …ce groupe qui a été choisi sur un programme pour mettre en œuvre une politique pendant 6 ans, ce groupe qui doit entendre, arbitrer et assumer. Je suis là tapie , voyant le temps qui passe trop vite dans une ambiance profondément libre et passionnée. Nous parlons du vivre ensemble tout simplement, de l’attachement à son territoire à son identité, à l’humanisme qui les fait vivre. Evidemment le développement durable qui nous chuchote l’exigence d’inventer un monde différent prend toute sa place dans ce conseil de quartier : construire ensemble, en dépassant ses intérêts et angoisses propres pour préparer l’avenir compromis de nos individualismes dangereux ……. Le développement durable ce soir là occupait toute sa place mais à aucun moment il n’a pas pu être exprimé comme tel. L’élu devait arbitrer l’urgence du quotidien à l’échelle d’un mandat … point de place pour l’urgence écolo prospective révolutionnaire.

alexandra siarri

jeudi 29 juillet 2010

Journal d'une élue de la République

L'élu présumé coupable - article paru en novembre 2009

7H40, son mail tombe. L'objet : Apologie de la médiocrité?

Je ne connais pas l'auteur.Il n'a pas cherché à me voir, à m'appeler. Il a conclu son mail coléreux, d'un ton moqueur revendiqué en m'invitant "moi la jeune cadre supporter dynamique à consulter son site !!!!"

8H10, je l'appelle illico : "Bonjour monsieur, je m'appelle Alexandra Siarri, je prends à l'instant connaissance de votre mail, vous avez du temps pour que nous échangions ?"

Mon interlocuteur est étonné que je l'appelle aussi vite. Je suis étonnée de son étonnement.

Je lui demande, puisqu'il a m'a écrit en condamnant virulemment mon engagement, quels sont les mots du délit qui ont déclenché son ire ?

La réponse n'est pas claire. Son combat est plus profond me dit il.

Il m'indique que les éoliennes que l'on construit ici et là sont improductives. Elles ne seraient pas à la différence de celles de l'Europe du Nord, assez puissantes. Et puis, et puis... Il faudrait qu'elles fonctionnent plus de dix ans peut être, pour compenser les gaz à effet de serre, générés par leur production et leur installation.

Je lui propose de publier tel que son mail, lui donne mon numéro, l'invite à me rencontrer quand il viendra à Bordeaux. J'irai sur son site me nourrir son avis tranché. Je me permettrai de prendre du recul ce qu'il n'a pas voulu faire avec mes mots ( ceux là j'imagine ) .

Il a lu mes textes, a choisi de les sanctionner sans débats...élu présumé coupable, plus encore sur la toile !

Je suis satisfaite de l'avoir appelé, c'est aussi mon travail de répondre à ces colères. Je préfère quand elles me sont clairement formulées, je peux  y répondre, tâcher de les comprendre, avancer sur le chemin du compromis démocratique.

Combien sont ils à avoir ces colères sans les dire?

L'élu présumé coupable, l'élu porteur de "savoirs savants", évidemment manipulateur !!!

Bref, l'élu est souvent celui auquel on s'adresse pour se fâcher.

alexandra siarri

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