Accueil | Les Rendez-vous durables | Le petit journal d'une élue de la République | Les acteurs du DD | Bibliographie

samedi 14 avril 2012

les Roms migrants de l'Europe de l'est : changeons notre regard

Tout s'agite autour de nous à quelques jours d'une élection décisive, l'élection présidentielle.

Et tandis que l'on s'invective ici et que l'on promet partout arque boutés sur des fractures idéologiques auxquelles je crois de moins en moins ... je repense quasi en permanence à cette réunion particulière de vendredi dernier à la mairie de Bordeaux Bastide.

J'y suis avec l'un de nos médiateurs et la maire adjointe de quartier Muriel Parcelier. Nous accueillons les représentants des familles Roms vivant dans ce quartier. Nous avons fait venir un interprète. Chacun se félicite de la présence de l'autre fraternellement.

Et naturellement on aborde tous les sujets, ceux qui fâchent et ceux qui rassemblent comme dans un conseil de quartier, comme dans une réunion de riverains comme toutes les réunions frappées au coin du bon sens où l'on se dit les choses, nos droits et nos devoirs.

Rien n'est facile. Dès que l'on parle de précarité, rien n'est plus tabou que de parler d'intégration en ce moment et pourtant là sur ce bout de table, nous avons avancé d'un pas décisif et déterminé.

Tandis qu'ailleurs on rejette ou pire à trop embrasser on mal étreint, ici à Bordeaux on avance fraternellement, pragmatiquement...

jeudi 12 avril 2012

En direct de Bordeaux avec Alain Juppé ... 10 Bordelais parlent des présidentielles

j'anime ce moment particulier aussi rare que privilégié ...

Venez nombreux !

mardi 27 mars 2012

Réseau Paul Bert - Bordeaux

Dimanche grand soleil
Bordeaux ma ville
Dans ces deux petites rues là, l'ambiance crépite et la bonne humeur s'est installée sereine.

Je viens partager avec les autres un peu des animations du réseau Paul Bert : la création de jardins de trottoirs, un concert tsigane, des démonstrations de boxe avec des petits ébobis devant les grands et leurs médailles titres et ceintures.

Chacun est installé dans un brouhaha convivial, et les différences se tricotent en harmonie. 
Tout est possible dans ce lieu précieux, le vivre ensemble n'est pas un concept ni une supplique
c'est là, parfaitement vécu sous mes yeux. 
Ce petit dimanche, 
sous ce grand soleil.

jeudi 23 février 2012

Les bruits de la rue : la précarité vue par les médias

"La précarité vue par les médias" 

C'est à Bordeaux, c'est la 4ème conférence de notre association et nous continuons ensemble à aborder la précarité sans compromis et sans idées préconçues.

Venez aussi nous retrouver sur notre page Facebook.

vendredi 17 février 2012

Stupéfiant grand oral des candidats sur le mal logement, devant la fondation Abbé Pierre

C’est un rendez-vous extrêmement important, nous sommes des centaines à ne le rater sous aucun prétexte. L’état précis du mal logement y est présenté ; il est fiable et incontournable, il est commenté sur la base de réalités humaines, souvent très dures. J’y vais pour partager mes constats, pour entendre les pistes d’amélioration, pour bousculer ma conscience et garder intact mon engagement pour les plus fragiles.

Ce 17ème rapport est particulier, d’abord parce qu’il dévoile l’impact de la crise ; l’aggravation des situations d’urgence ensuite parce qu’il est l’occasion d’un débat avec des personnalités de poids presque tous candidats à l’élection présidentielle. Le logement et surtout la lutte contre le mal logement, pourrait être l’un des enjeux de cette campagne. C’est une véritable victoire en soi.

Plus de quatre millions 500 000 ménages souffrent de mal logement, plus de 600 000 enfants souffrent de problèmes de santé et suivent une très mauvaise scolarité du fait des conditions de logement indignes dans lesquelles ils vivent. Un million 800 000 personnes ont des difficultés à payer leur loyer. Je retiens ces trois chiffres, il y en a mille autres à consulter sur www.mobilisationlogement2012.com

Benoist Apparu, actuel secrétaire d’état en charge du  logement, en responsabilité, donc, prend la parole. C’est un homme politique que je respecte infiniment : il connaît ses dossiers, les réalités et n’a pas peur d’affronter la contradiction ni de porter des messages parfois complexes.Il avance très concrètement.

Globalement, j’adhère à deux idées simples.

- Il est faux de dire que le gouvernement n’a rien fait sur le logement et l’hébergement depuis quelques années. Sans rentrer dans la bataille des chiffres, je retiens 25 000 places d’hébergement de plus, quatre fois plus de production de logement et les aides à la pierre en baisse ne représentant  que 20% des aides globales du gouvernement  au logement. L’essentiel étant les aides à la personne.

Il est faux, donc caricatural, donc nuisible de dire que rien n’a été fait. Il est dangereux d’exprimer l’idée simpliste que la CRISE  du logement est née avec M. SARKOZY. Cela pourrait vouloir dire que cette situation grave de pénurie  pourrait être réglée par un homme ou une femme providentielle en un tour de main ….   ce serait terrible de faire croire cela.

- Il est vrai et tristement vrai qu’il reste beaucoup à faire car il n’est absolument pas acceptable que des hommes, des femmes et puis  leurs petits vivent dans des conditions misérables.

La politique du logement d’abord est partagée par tous ici , c’est la date de sa mise en œuvre qui pose question.

Les inquiétudes autour de l’engagement financier portant sur la production de logements sociaux et de l’éventuelle prévalence systématique de ce dernier sur celui de l'hébergement  méritent d’être entendus, mais elles ne doivent en aucune façon nous faire douter collectivement de la nécessité à accompagner chaque fois que possible une personne dans un logement durable. Sur le terrain je confirme la réelle valeur ajoutée de cette politique du logement d’abord .

B. Apparu a parlé du SIAO, de l’attribution des logements … comme des pistes de travail. Quoi qu’il se passe en mai la politique du logement d’abord et ces pistes amorcées seront creusées  car leur principe est bon, il est frappé  au coin du bon sens.

De même selon moi, il ne fait strictement aucun doute que l’agglomération aura un poids capital sur la politique du logement ( vraiment) et enfin de l’hébergement !!!

Mais voilà déjà  l’heure fatidique des annonces politiques. Arrivent, encerclés d’une nuée de journalistes des candidats/compétiteurs/stars de rock n’roll. Globalement je retiens que François Hollande connaît son sujet, pas les autres qui ont des fiches bien faites, mais qui par les intonations, les bafouillages, les réponses spontanées démontrent une intention parfois marketée ( pas toujours)  mais aucune connaissance pointue de cet enjeu et de toutes ces dimensions.

Eva Joly ne veut pas d’expulsion sans solution de relogement, elle insiste comme si ce n’était pas le souhait de tous, elle parle de solutions pour lutter contre le problème énergétique sans citer une seule avancée du grenelle .

Mélenchon populiste précise sans gêne qu’il ne connaît pas en détail son programme car il ne peut pas tout connaitre ! il prétend vouloir donner le logement dont il est propriétaire en échange d’un logement social dans lequel il y aurait du bonheur à vivre !!!!!

François Bayrou, parle poétiquement de la mixité sociale pour le reste c’est assez flou y compris la place donnée au préfet si les collectivités ne tiennent  pas les objectifs….et le rôle des agglomération..c’est déjà le cas non ???

Revenons à François Hollande :

Sa présentation m’a fait réagir  à trois moments !

1 – avec l’air blagueur « je ne ferai pas moi des promesses intenables comme celle de Nicolas Sarkozy, 0% de SDF » oubliant volontairement que cette même promesse avait été faite par Jospin en son temps.

2 – « je suis pour l’encadrement des loyers sur une base moyenne définie par région, ce qui est différent de ce que disent Eva Joly et Mélenchon et ce qui appellera très évidement : des précision pour comprendre si c’est possible, comment et à quel coût ? »plus tard N Sarkozy confirmera son intérêt pour l’encadrement made in germany….alors ???

3 – « je veux instituer 25% de logements sociaux insistant sur le thème de la production donc sur le moyen terme. » rien ne sera dit sur les attributions ni sur le privé rien non plus sur le diffus

Clairement, je pense à la Cub qui a la délégation des aides à la pierre, je me projette dans l’hypothèse ou  nous aurions les budgets adaptés à cette nouvelle donne à ce nouveau chiffre : quid de la mixité sociale ? .

Ici à Bordeaux, tout le monde partage le souci de la mixité sociale, la conviction qu’il faut éviter pour rattraper les chiffres de faire des ghettos en construisant des quartiers entiers de logements sociaux…. 

J’aurais aimé assister à un débat Hollande/Apparu, à un vrai débat de fond …. : comment résoudre sérieusement cette équation terrible : des logements abordables y compris aux revenus les plus faibles , des logements rapidement mais en respectant la mixité ….. ?   30 % de constructions en plus, 25% de logements sociaux …alors messieurs dans le détail ça donnera quoi ?????

Hollande part signer ....et Gaino allait entrer en scène mais …

Il l y a  eu «l ’enfarinage » :

Il y a eu l’emballement médiatique…..des  dizaines de téléchargements de la vidéo de l’enfariné au point qu’on n’entendait plus parler que de ça …au point que l’auditeur/ téléspectateur /internaute n’aura retenu de cette journée terrible que cette scène improbable

Stupéfiant et désolant !

Je suis partie sans plus rien écouter !

Et puis le lendemain matin enlisant la presse, je m’étonnais de ces petites phrases politiques en gros caractère passées pourtant inaperçues la veille dans le propos de chaque candidat …..,

Depuis je pense à tous ceux qui attendent de nous que nous parlions vrai et juste….moi aussi finalement j’attendais là bas ce jour là ....avec une  sensation bizarre depuis des semaines....car enfin  la question du logement était plus claire à l'esprit de tous depuis que Cantona était en scène ...comme si son cri à lui avait plus de sens que leurs cris à eux, ceux qui subissent ....

Le logement devrait être l’un des enjeux prioritaires de cette élection présidentielle.

Malheureusement ce jour là aussi nous avons surtout subi notre système médiatico politicien sensationnaliste ….

Stupéfiant grand oral !

samedi 21 janvier 2012

Les bruits de la rue : A Bordeaux désormais ils courent !

A BORDEAUX, les bruits courent ….

 Nous sommes au cœur d’une crise majeure que la plupart des responsables politiques, des responsables économiques ou encore des analystes n’imaginaient pas il y a seulement quatre ans. Si les causes de cette crise sont désormais bien connues (subprimes, endettement des Etats, etc…), ses conséquences sont difficilement prévisibles et certains considèrent que ce début du XXIème siècle ressemble par bien des aspects à celui du XIXème, les plus optimistes imaginant que cette période troublée pourrait favoriser l’émergence d’un nouveau modèle de société plus respectueux de l’individu. 

Cette situation de grande incertitude génère une légitime angoisse dans l’opinion publique qui recherche des coupables parmi lesquels les responsables politiques, les banquiers ou encore les tenants du modèle ultra-libéral constituent des boucs-émissaires privilégiés. La tentation est grande de « vouloir renverser la table », de se révolter envers ceux qui ont soutenu un système générateur d’inégalités croissantes entre les plus riches et les plus pauvres, entre les personnes les mieux éduquées et celles qui ne le sont pas, entre les quartiers, entre les ethnies, etc… 

Aujourd’hui, cette désespérance peut conduire aux pires extrémités et même remettre en cause les fondements de notre modèle démocratique. Dans ce contexte et à la suite de difficultés provoquées par l’ouverture ou le déménagement de structures d’aide à des personnes fragiles ou sans domicile fixe au cœur de Bordeaux, quelques citoyens engagés et attachés à leur ville ont décidé de se mobiliser en considérant que dans ce temps de refondation, on mesure le degré de civilisation d’une société au sort que l’on réserve aux plus démunis. 

Les « bruits de la rue » sont nés de cette volonté de contribuer à la défense d’une société solidaire, chacun étant convaincu que des solutions plus durables et plus efficaces peuvent être envisagées pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les « exclus » de notre société dont le nombre ne cesse de croître, souvent par méconnaissance des droits et des dispositifs dont ils peuvent bénéficier : les « sans abris », les « sans emplois », les « sans familles », les « sans liens sociaux », les « sans soins », les « sans formation », les « sans énergie », etc…, autrement dit tous ceux qui ont le sentiment d’être « sans avenir » ! Les membres des « bruits de la rue » estiment qu’une situation de crise constitue aussi un moment propice pour « repenser les solidarités ». 

Tout comme en 1945, la reconstruction annoncée de « l’après-guerre économique » se fera à partir de multiples expérimentations sociales et sociétales, complément ou réorientation des politiques publiques dont la mise en œuvre trouve aujourd’hui ses limites du fait du tarissement des financements collectifs et de la dégradation de la situation de l’emploi au sein d’une Europe atone. Les « bruits de la rue » constituent en quelque sorte une « caisse de résonance » installée à Bordeaux au plus près des problèmes qui nuisent ou brident les personnes les plus pauvres et les plus vulnérables en tentant de les associer au maximum à la réflexion et à la mise en œuvre d’innovations sociales, outils pour eux d’insertion, d’accompagnement ou de soutien de leurs initiatives. La méthode d’approche privilégiée est d’abord de se poser la question du « pourquoi ? » avant de se poser celle du « comment ? », de nombreux échecs dans le domaine social, en dépit de l’importance des moyens alloués, étant imputables au fait que l’on se concentre sur les effets plutôt que sur les causes. Ainsi, depuis le mois de septembre 2011, les « bruits de la rue » ont lancé un cycle de conférences-débats accueillant des observateurs attentifs de la situation des plus démunis (un sociologue, Serge Paugam ; un philosophe, Guillaume Leblanc ; un psychiatre, Jean Maisondieu) afin d’aborder les fondements des problématiques des précarités et à participer à l’évolution du regard porté par le grand public sur les personnes en situation de vulnérabilités ou d’exclusion. 

Cette sensibilisation du public est le préalable nécessaire à toute expérimentation sociale afin que celle-ci soit mieux comprise et reconnue comme vecteur de cohésion sociale. Au-delà du constat, les « bruits de la rue » se réservent la possibilité d’exercer leur devoir d’alerte vis à vis des pouvoirs publics et se veulent une force de propositions d’innovations sociales qui se situeront dans les interstices du maillage social ou de la solidarité organisée, en s’appuyant sur des acteurs issus d’univers différents : monde politique, monde économique (artisans, commerçants, fondations d’entreprise), associations, secteur médico-social, le monde culturel, universitaire, médiatique, … 

La méthode choisie est celle d’une approche transversale, du croisement des regards et des savoirs, afin de changer de paradigme, de ne pas rester bloquer par le cadre de l’expertise ou de l’expérience, afin de prendre le risque de l’ambition et du projet. En résumé, la démarche des « bruits de la rue » s’inscrit dans le vaste mouvement d’innovation sociale engagé dans le monde entier pour apporter des réponses nouvelles aux difficultés croissantes auxquelles sont confrontées les populations les plus démunies. 

Le collectif des « bruits de la rue » 16 Janvier 2012

jeudi 12 janvier 2012

Chapitre 12 : contribuer au débat de fond, garder le cap et sa foi en l’homme


C'est pendant les campagnes électorales que les visions politiques s'expriment le plus clairement, que les idées nouvelles émergent, que vous, citoyens êtes les plus attentifs à la complexité du monde, les plus demandeurs de vérité et de propositions concrètes.

Le chapitre 12  initié et animé par Benoist Apparu, permet à 13 élus de la jeune génération, dont je suis, de contribuer utilement au débat d’idées et autrement que par le biais facile de petites polémiques, enfin !

http://www.chapitre2012.fr/

J’ai choisi d’écrire sur ce que je vois, ce que je vis depuis trois ans, depuis que je suis l’une de vos élus, de parler de ceux pour lesquels je me suis engagée en politique et qui espèrent de nous des débats de qualité et de fraternité.

La fraternité doit devenir le socle du marché

Plongés dans une crise très grave, nous savons que l'exclusion progresse, qu'elle est multiforme et que la peur qu'elle suscite se manifeste parfois violemment au point que notre bien vivre ensemble peut sembler menacé.

Il n'est pas acceptable que nombre de nos concitoyens soient en situation de précarité et de vulnérabilité, c’est même intolérable et ce n'est surtout pas inévitable.

Ils ne sont  pas des assistés qui pèsent sur notre société, ils sont avant tout nos semblables.

Retraités, familles monoparentales, jeunes en rupture, demandeurs d'asile, malades, travailleurs pauvres....leurs histoires sont toutes singulières, ils n'ont en commun que de partager un parcours social souvent labyrinthique.

La France est pourtant le pays au monde qui engage la part la plus élevée de son PIB aux dépenses sociales.

C'est donc qu'il faut faire autrement, car si l'État reste pour toujours le garant de la protection des plus fragiles, il doit accélérer la réforme des process sociaux en formant les travailleurs sociaux à de nouvelles approches et il est urgent qu'il redonne à la fraternité sa place cruciale dans notre république.

- le monde de l'économie au delà des impôts qu'il paie doit s'investir dans ses questions directement ( développement de l'économie sociale et solidaire et extension de la RSE ), nous avons besoin de son expertise aussi.... et par exemple nous pourrions donner à chaque préfet la gestion d'un fonds de dotation régional abondé par les entreprises locales ( se substituant aux fondations et autres activités de mécénat et de solidarité que chacune génère) et co animées par elles avec les acteurs du social, 

- les entreprises et les collectivités doivent permettre à tous leurs salariés volontaires de s'engager auprès des plus fragiles grâce à la généralisation du bénévolat de compétence et la mise en place de compte épargne social .

je vous invite à lire mon texte dans son entièreté et à découvrir évidemment celui des autres contributeurs au chapitre 12 pour en débattre, pour échanger car il ne s’agit pas de vérités absolues mais de visions qui se veulent prospectives, concrètes  et optimistes.

Oui, optimistes, car si nous devions n’avoir peur que d’une seule chose, ce serait  de ne plus nous faire confiance et de penser qu’il n’y aurait plus rien à faire que de se garder des autres.

Soutenir les plus fragiles et  les plus vulnérables,  c'est ce qui fait notre humanité.

Repenser ce soutien en comptant sur l'engagement individuel du plus grand nombre et en le suscitant, c'est notre responsabilité.

vendredi 16 décembre 2011

Les bruits de la rue résonnent plus fort encore grâce à Jean Maisondieu

Il est psychiatre, c'est un orateur drôle et d'une humanité incroyable qui sait vous faire partager la complexité des souffrances et les moyens de les accompagner en respectant coûte que coûte le libre arbitre.

Il est venu cette semaine à Bordeaux à l'occasion de la 3ème conférence des bruits de la rue pour nous rappeler que la lutte contre l'exclusion est un combat fondateur et la fraternité un engagement vital.

Aqui.fr nous fait l'amitié d'un article pour ceux qui n'auraient pas pu venir. Achetez ces livres : Le crépuscule de la raison ou encore La fabrique des exclus.

Et pour ceux qui se demandent encore ce que sont ces bruits de la rue, écrivez et on s'en parle quand vous voulez.

Retrouvez l'émission de TV7consacrée aux bruits de la rue, ici.

mardi 8 novembre 2011

Bruits de la rue : la précarité autrement depuis Bordeaux

Déjà deux conférences organisées par les Bruits de la rue.

Les Bruits de la rue c'est une démarche partenariale ouverte et libre réunissant le monde de l'économie (ronde des quartiers, Groupe Face, Aseau entreprise et solidarité), le monde du travail social (banque alimentaire, CAIO, Diaconat, Médecins du Monde), la ville de Bordeaux et le monde de l'université et de la recherche.

Le 13 octobre dernier, nous avons invité le sociologue Serge Paugam.


Bruits de la rue - Serge Paugam par Librairie_Mollat


Les Bruits de la rue par villedebordeaux

Jeudi soir, c'était le tour du philosophe Guillaume Leblanc.

Article de Sud Ouest

jeudi 29 septembre 2011

Sommet des maires sur les Roms : comme si vous y étiez !

Strasbourg, 300 personnes représentant 34 pays, jeudi 22 septembre pour parler de la population Roms et « Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain ». 

Le ton est donné à la seconde où l’on s’assoit dans l’hémicycle :

« 12 millions de roms vivent en Europe sans pouvoir disposer d’un état d’appui d’origine, ils sont la plus grande minorité de notre vieux continent ( 12 à 15 000 d’entre eux vivent en France dont 40 % d’enfants), pas un seul état membre ne peut dire qu’il n’est pas concerné.....Vous, acteurs locaux avaient les solutions !!!! car c’est vous qui êtes concrètement confrontés à leur présence...... bientôt en 2014 il seront libres de circuler et de vivre dans tous les pays de l’Europe comme tous les habitants de Roumanie et de Bulgarie dont ils sont issus »

Et pour réentendre tout ce qui s’est dit à ce colloque allez jeter un œil ICI

Précisément à Bordeaux, dans notre ville que faisons nous ? aide à la scolarisation, fournitures de fluides, accompagnement au logement ( dans le cadre de la MOUS état/ Cub cette dernière ayant fait de gros efforts en la matière).

Qu’allons nous faire ? Grâce aux deux médiateurs recrutés par la ville dans les rangs des associations expertes en la matière, nous saurons accélérer les processus d’intégration et corriger des situations qui ne sont pas acceptables et disons le aussi mettre un terme à des pratiques illégales.....elles existent, elles sont à la marge mais elles suffisent à nourrir des prises de positions trop souvent manichéennes et toujours discriminatoires pour l’ensemble des roms.

Que devrions nous faire aussi et surtout ?

 

Il nous faut entendre ce que les associations s nous disent depuis longtemps : Priorité à l ‘emploi et qui est rappelé avec force tout au long de cette journée de congrès. Priorité à l’emploi plutôt qu’au logement en tout cas pas de logement sans perspective d’emploi donc de titre de séjour ;

Soyons clairs, donner un logement sans apprendre à l’occuper et faciliter les moyens de l’assumer, de s’en sentir responsables est un effort à fournir mais il sera sans efficacité en plus d’être incompris sans accès à l’emploi.

 

J’assume ma conviction que l’accès à l’emploi des Roms doit être une priorité si l’on veut véritablement agir. Et je rappelle à tous ceux qui s’y opposent en s’étranglant de colère et d’étonnement :

- que dans moins de trois ans : les bulgares et roumains parmi lesquels les roms pourront circuler et résider dans n’importe quel pays d’Europe.

- Qu’à défaut d’avoir envie que chaque homme et femme ait accès à des conditions de vie dignes, on peut au moins admettre que ne rien donner, ne rien entreprendre pour eux revient à les autoriser implicitement à prendre de quoi survivre sans respecter les règles.

- Que la toile et la liberté d’expression qu’elle libère ne doit en aucun cas nous conduire à la simplification et à la radicalisation des avis sans s’imposer qu’ils soient éclairés.

Le chemin est long, étroit et polémique mais il existe et il ne peut se faire qu’ensemble : Mairie État Conseil Général et Conseil régional.

Je vous laisse sur ce chiffre effrayant : 12 millions de Roms vivent en Europe.

Ils ne sont que 47 à voir pu accéder à des fonctions électives.

vendredi 16 septembre 2011

De la bagagerie aux bruits de la rue

Elle est toute petite et l'ambiance est paisible. Les détresses y sont neutralisées le temps d'un café, d'une douche, d'un petit sourire et d'un partage.

Elle avait pourtant fait hurler les voix cette petite bagagerie : des mots avaient claqué au bout de corps raidis, des mots niant la citoyenneté et l'humanité des plus vulnérables. 

Elle est ouverte désormais au 7 rue Ausone à Bordeaux et dans ce tout petit lieu Annick et Catherine font des miracles, prolongeant leur travail bénévole du squat André Meunier (mais maintenant avec un vrai contrat de travail) et ces miracles font parler d'eux et la bagagerie n'est plus un lieu de stigmatisation mais un lieu d'innovation

Le débat uniquement centré sur le financement public du travail social est éculé et démagogique, ne vous y laissez pas prendre !

La bagagerie s'est faite grâce aux financements croisés public / privé. Qu'il était juste et bon de voir à la même table l'Etat, la fondation Abbé Pierre, la fédération du bâtiment, la ronde des quartiers, Domofrance... pour une cause commune.

Et justement, la bagagerie est un symbole de nouveaux horizons. Le travail social doit muter parce que la société française mute, je ne crois plus du tout à l'omnipotence des collectivités et de l'Etat pour accompagner seuls et complètement des plus vulnérables.

Je crois à la nécessité de nouveaux débats de fond qui doivent croiser l'avis d'universitaires, du monde économique, associatif, des travailleurs sociaux et des bénéficiaires de nos dispositifs.

Les Bruits de la rue ont cette vocation. Les bruits comme les rumeurs et les préjugés qu'il faut combattre. La rue qu'arpentent trop d'hommes, de femmes et d'enfants.

Les Bruits de la rue comme un espoir, un signal, une zone d'influence d'idées qui bousculent et qui rassemblent.

Bordeaux lance les Bruits de la rue et ça commence par des conférences auxquelles j'espère vous viendrez nombreux !

Acte 1 - Serge Paugam le 14 octobre amphithéâtre Duguit "Repenser la solidarité"

Ce cycle est coordonné par le philosophe et directeur de l'UFR de philosophie, Guillaume Leblanc.

mardi 30 août 2011

Les Juniors du DD font leur rentrée

A quelques jours de la rentrée scolaire, les Juniors du DD font aussi leur rentrée.

Reprise du dispositif avec toujours plus d'actions proposées, de nouvelles associations, la formation à l'attention des enseignant et une nouvelle action : Les Juniors philosophent. 

Retrouver toutes les informations sur le site www.juniorsdudd.lacub.fr 

Bonne rentrée à tous ! 

Pessac vous forme au DD

La rentrée arrive... les formations DD gratuites reprennent !

  • Inscrivez-vous aux permanences Info Énergie animée par des conseillers spécialisés de la Maison de la Promotion Sociale
Vous souhaitez des renseignements sur l'isolation de votre maison, les différents systèmes de chauffage, l'aide à l'installation d'énergies renouvelables, des conseils pour des aides financières....
Contactez la Mission Agenda 21 au 05.57.93.63.40

  • Devenez Guide Composteur avec le Conseil Général
Vous souhaitez être initié à l'art de recycler vos biodéchets ? En une journée, un formateur spécialisé fait de vous un guide, capable de sensibiliser vos voisins, amis, famille au compostage.
Pour plus d'informations et vous inscrire : cliquez ici.

  • Assistez aux "Journées Techniques" du Creaq
Ces journées ont pour but de vous permettre de réaliser des travaux en utilisant à bon escient les isolants, les énergies renouvelables et en abordant de manière neutre et objectives les appellations, labels et certifications proposées par les entreprises du bâtiment.
Plus d'informations sur le programme en pièce jointe. Inscription auprès de Elise du CREAq : 05.57.95.09.57 - enanite@creaq.org

dimanche 31 juillet 2011

12000 écoliers de la Cub agissent pour la planète

Et ils se réunissent pour présenter leurs travaux...

Jetez un oeil et faîtes tourner ! 

mardi 14 juin 2011

La bagagerie et la Case à Bordeaux

Retrouvez mon intervention sur la bagagerie et la Case, deux lieux de régulation sociale à Bordeaux pour les plus vulnérables.


Invitée: Alexandra Siarri, Chargée de la lutte contre les nouvelles précarités. - mytv7
Invitée: Alexandra Siarri, Chargée de la lutte contre les nouvelles précarités.
Mots-clés : cvqld tv7

vendredi 20 mai 2011

Floirac fête la nature ce week-end

A l'occasion de la journée internationale de la biodiversité le 22 mai, la Nature sera fêté un peu partout en France... et à Floirac !!

Rendez-vous dès samedi à partir de 14h30 sur le site de La Burthe à Floirac !


Samedi 21 et dimanche 22 mai
Floirac Fête la Nature !

2 jours de balades, de contes, de musique, d'ateliers, de jeux autour de la Nature,
sur le site de La Burthe à Floirac.


Samedi 21 et dimanche 22 mai, de 14h30 à 19h
 Village Nature ! Au programme : balades contées/musicales et scientifiques, jeux et ateliers, bourse aux plantes, grimp'arbre, rencontre artistique numérique "Jeudis Multimédias"... De quoi comprendre la faune, la flore locale, a à planter, découvrir des roches et minéraux d'autres horizons et éveiller sa fibre artistique au contact de la nature !



Et samedi 21 mai à partir de 19h
Nocturne dans la forêt de la Burthe...
Pique-nique sorti du sac, petite restauration sur place et buvette ; puis à 20h30, contes et musique sous les arbres, suivie d'une balade naturaliste en nocturne...
A vos lampes de poches !!

Accès gratuit pour tous.
Places limitées pour certaines activités (balades notamment). N'oubliez pas de réserver sur place.


Pour en savoir plus, allez voir le programme complet en cliquant ici !
Pour aller voir le site national de la Fête de la Nature : cliquez par là !
Pour tout autre renseignement, appelez nous au 05 56 86 18 82 (Côté sciences) ou au 05 57 87 80 35 (service Environnement, Ville de Floirac).

vendredi 8 avril 2011

Luxe et Ethique : Fendi et Ecologie

La petite fille des fondateurs de la griffe italienne Fendi a dessiné une ligne de sacs précieux dans la plus pure tradition familiale mais avec des produits issus de materiaux recyclés : chutes de PVC, de cuir, des toiles de jardin, des bâches de camion, des capsules de bouteille, des bouts de moquette, de lustres, des restes de fourrure......
Elle s appelle Carmina Campus ..... son engagement permet à 80 personnes au Kenya de travailler et qui rêvent que l'on dise de leur boulot qu il est comparable a celui d' Italie .....Top et tant mieux !!!!!!.

Petit clin d' œil sans luxe, H et M s'y met aussi collection Conscious à partir du 14 avril...

lundi 28 mars 2011

Mon intervention à propos du Plan Régional pour l'amélioration de la performance énergétique du patrimoine des lycées aquitains

Monsieur le Président,

 

Vous projetez de dépasser les objectifs du Grenelle de l'Environnement donc :

- de réduire de 20% d'ici 2015 la consommation d'énergies et d'émissions de CO² par rapport à 2004,

- de réduire l'empreinte carbone de la région, non pas de son patrimoine, mais de son territoire de 30%.

 

C'est très ambitieux et ne vous y trompez pas, nous soutenons cette ambition. Nous sommes très attentifs à tous les dispositifs que vous déployez pour l'atteindre.

 

Aujourd'hui, nous nous prononçons sur un des dispositifs grâce auquel les chiffres pourraient être atteints, un dispositif maîtrisable puisqu'il s'agit de notre patrimoine : les lycées.

 

Vous déclinez deux axes :

- L'amélioration de la performance énergétique du patrimoine:

Sur les 18 familles de préconisations listées dans cette délibération, deux d'entre elles méritent des garanties. La 8 et la 14 portent sur la sensibilisation à l'éco-comportement bureautique et hors bureautique. Nous le savons bien, la meilleure énergie est celle qui n'est pas consommée. La mobilisation de la communauté éducative pour y parvenir est donc essentielle. Les Agenda 21 dans les lycées sont évidemment une piste. Je vous remercie d'ailleurs de me confirmer votre engagement en Commission permanente d'évaluer les Agenda 21 des lycées. Qu'en est-il pour ceux qui ne sont pas entrés dans cette démarche ? Comment "les habitants de ces lycées" seront-ils sensibilisés à ces éco-comportements et associés au sens de ces travaux ?

 

- La substitution énergétique et le développement des énergies renouvelables :

Aujourd'hui 25 des 153 lycées en bénéficient, il nous reste donc du chemin à faire, l'opération toit bleu est un bout de chemin. Quelques mots sur le moratoire parce-que je ne voudrais pas que dans cette assemblée, ils soit dit systématiquement que le rythme de production des énergies renouvelables en Aquitaine est cruellement ralenti du fait de ce moratoire :

       * Ce moratoire était indispensable, il a permis une concertation avec tous les acteurs et de mettre un terme à un risque d'éco-délinquance.

       * Notre opération aurait pu ne pas être impactée si elle avait été proposée avant le 2 décembre 2010.

       * Notre opération n'est pas condamnée même si le tarif de rachat sera moins élevé que celui prévu à l'origine... Ceci étant, Monsieur le Président, le rachat au même tarif aurait eu comme conséquence d'augmenter la contribution du service public qui s'impose à tous.

 

Nous voterons pour cette délibération mais nous avons hâte d'entendre votre petite musique régionale, peut être à la prochaine plénière...

 

Parce-que pour être à la hauteur de cette ambition, il faut présenter pour débat dans cette assemblée des dispositifs qui visent tous les aquitains et non pas seulement le patrimoine de la région.

 

Petite musique donc et ambition pour :

- Garantir la mobilisation dans les collectivités territoriales et donc l'animation du réseau.

- Garantir l'optimisation de la sensibilisation aux éco-comportements, le fameux facteur 1 pour 1000.

- Garantir l'innovation pour remplacer enfin le dispositif régional de 1000 diagnostics énergétiques qui ne rencontrent pas de succès.

vendredi 4 mars 2011

Création d'un label bio en Aquitaine

A l’occasion de sa visite au Salon de l’agriculture, Alain Rousset président du Conseil régional d’Aquitaine, a annoncé la création d’un label bio régional. Il envisage de créer une marque identitaire et qualitative autour du nom « sud-ouest » avec une déclinaison pour la région Aquitaine et la région Midi-Pyrénées. 

 

Le président a fait cette annonce, sans avoir à priori, au préalable, échangé avec les conseillers régionaux que ce soit lors d’une Assemblée plénière ou d’une Commission permanente. Or cette question d’un « label bio aquitain » ne mérite t elle  pas un vrai débat ? Je réponds que oui évidemment.

 

Les difficultés rencontrées par le monde agricole sont incontestables même si le secteur du bio échappe légèrement à cette tendance. La croissance du marché des produits bio a augmenté de +10% en France en 2010, selon le baromètre Baromètre Agence BIO / CSA . Pour confirmer cette tendance, il semble indispensable de conforter les consommateurs dans leurs habitudes de repérage des produits issus de l’agriculture biologique.

 

Le logo AB BIO est utilisé par 81% des consommateurs-acheteurs pour déceler les produits bio lors de l’achat (baromètre CSA/Agence Bio 2010). La marque AB BIO permet aux professionnels qui le désirent et qui respectent ses règles d’usage d’identifier de manière spécifique leurs produits. Ce label guide le consommateur et facilite son choix grâce à une reconnaissance visuelle rapide. Propriété du ministère français en charge de l’agriculture qui en définit les règles d’usage, la marque AB est une garantit incontestable. De plus, 53 % des acheteurs-consommateurs utilisent également la mention « issu de l’agriculture biologique » pour identifier les produits (baromètre Agence BIO / CSA 2010).

 

Les français sont en majorité confiant lors de leurs achats de produits bio et cela augmente chaque année. La proportion de personnes qui estiment être bien informés sur les produits biologiques continue sa progression. Ils sont actuellement 53% contre 40% il y a 5 ans (Baromètre Agence BIO / CSA 2010).

 

Pour les personnes qui ne connaissent pas les logos officiels, beaucoup sont déroutés à cause des « astuces » utilisées par la grande consommation. 65% des Français estiment qu’il y a trop de labels pour distinguer les produits responsables (Etude de « L’institut Médiascopie / Ethicity 2010 »).

 

L’enjeu actuel n'est il donc pas de conforter la diffusion du label existant afin de mieux informer les français   plutôt que de s’éparpiller dans un régionalisme qui pourrait ne pas être  favorable au final, aux agriculteurs ? 

Cette question mérite débat.

D’autant plus, que l’Union Européenne vient de créer son label (juillet 2010) pour permettre d’identifier les produits bio européens. Ce dernier est déjà connu par 13% des Français (Baromètre Agence BIO / CSA 2010). 

 

La création et la promotion de ce nouveau label seront en outre  coûteux. N’est-il pas préférable d’octroyer ces fonds autrement ? C'est une des questions qui se posent aussi et autour de laquelle les conseillers régionaux doivent débattre sur la base d' éléments de diagnostics et de réflexion partagés

 

Notre prochain rendez vous "démocratique" la commission permanente est prévue le 7 mars....nous verrons bien ce que l'on nous en dit, nous savons déjà en tout cas quelles questions nous poserons

 

Et vous votre avis quel est il ?

mercredi 2 mars 2011

Le tableau de bord 2010 des indicateurs de la pauvreté en France

J'ai reçu ce communiqué de presse ( beaucoup d'autres élus locaux aussi je suppose), je veux le partager avec vous. 

Bientôt, je pourrais sur ce thème central essayer de faire bouger les lignes comme beaucoup d'autres le font sans forcément être élus .....

 

Le réseau Wresinski « Vie Locale Citoyenne » regroupe dans une réflexion commune et sans exclusive politique des femmes et des hommes élus locaux ou collaborateurs d’élus, qui dans les instances de la vie locale qu’ils animent ont le souci des plus pauvres et sont déterminés à garantir l’accès aux droits des plus démunis.

 

  

Mesdames, Messieurs, Chers Amis.

Le communiqué de presse d’ATD Quart Monde en date du 3 janvier 2011 que vous trouverez en pièce jointe se rapporte à la publication par les services de l’État du tableau de bord 2010 des indicateurs de la pauvreté en France. 

Ce communiqué qui relève notamment deux faits majeurs et significatifs de l’orientation de la société Française n’a pas pour objet de stigmatiser l’attitude des pouvoirs publics, mais de souligner des réalités qui ne sont pas compatibles avec les idéaux de notre République.

Comment la France qui à si souvent montré la voie pourrait-elle prétendre rester parmi les nations qui éclairent le monde, si nous ne sommes pas suffisamment imaginatifs et solidaires pour porter des coups significatifs à cette pauvreté qui humilie et dégrade une grande partie de ceux qui vivent sur notre sol ?

Les élus locaux qui vérifient chaque jour à l’occasion du dialogue qu’ils entretiennent avec leurs administrés la persistance des facteurs de pauvreté sont les premiers interpellés par leurs concitoyens. Ils savent mieux que d’autres que cette pauvreté et le sentiment d’exclusion qu’elle induit ne pourront continuer à s’étendre sans que notre modèle Républicain soit tôt ou tard violemment contesté.

Sans remettre en cause les prérogatives de l’État qui dispense les moyens et fixe les objectifs, Il faut rééquilibrer l’organisation de notre société en favorisant la créativité des collectivités locales, encourager et valider les expériences associatives qui fonctionnent et en permettre la duplication, réactualiser les pratiques d’éducation populaires pour permettre notamment aux jeunes d’adhérer aux principes élémentaires de la République. Bref inventer en permanence le « comment faire » en s’appuyant entre autre sur le savoir d’expérience de ceux qui souffrent au quotidien, ce n’est pas là, le moindre des défis que doivent relever les élus locaux.

Très cordialement.

Claire Houbert, Dominique Delaporte.

Pour le réseau Wresinski « Vie locale citoyenne »

 

le communiqué de presse du 3 janvier d'ATD Quart Monde 

 

AGGRAVATION DE LA PAUVRETÉ, AUGMENTATION DE L'ÉCHEC SCOLAIRE, LES CHIFFRES OFFICIELS POUR 2010 

Le Gouvernement a choisi de publier à la veille de Noël, sans même un communiqué de presse, letableau de bord 2010 des indicateurs de la pauvreté en France (et non comme les années précédentes le 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère). ATD Quart Monde déplore que de tels chiffres soient publiés en catimini dans la quasi indifférence, alors qu'ils devraient faire l'objet d'une mobilisation nationale.

Ces chiffres révèlent des tendances inquiétantes, alors même que l'impact de la crise n’est pas encore pris en compte (chiffres de 2008).

SURENDETTEMENT, RENONCEMENT AUX SOINS, LES CHIFFRES SONT MAUVAIS

Le gouvernement veut rassurer les Français en démontrant que la pauvreté baisse grâce à un indicateur qu'ATD Quart Monde et de nombreux observateurs et acteurs contestent : « le taux de pauvreté monétaire ancré dans le temps »1. Cet indicateur reflète bien mal la réalité. En considérant le taux relatif, donc pas artificiellement ancré dans le temps, on constate que tous les indicateurs de « grande » pauvreté sont mauvais (taux de pauvreté monétaire à 50 et 40% du revenu médian), même par rapport à des objectifs chiffrés minimalistes. En ce qui concerne les données 2009, tous les indicateurs sont au rouge par rapport aux objectifs. On note en particulier uneaugmentation du nombre de ménages surendettés (+17% entre 2005 et 2009) et uneaugmentation du taux de renoncement aux soins pour des raisons financières

BILAN POSITIF POUR LE DALO

Malgré cette situation catastrophique, ATD Quart Monde constate que la mobilisation est payante. Grâce aux procédures du DALO (Droit au logement opposable) le nombre de personnes relogées suite à ces procédures augmente. ATD Quart Monde sera attentif à ce que tout soit mis en œuvre pour que cette tendance s'accroisse.

L'ÉCHEC SCOLAIRE TROP SIGNIFICATIF

Le gouvernement considère non significative l’augmentation de la proportion d'élèves de CM2 ne maîtrisant pas les connaissances de base (11,5% en 2007 contre 18% en 2009). Cette augmentation est très significative pour les familles en grande pauvreté. La lutte contre la pauvreté est encore emprisonnée dans le très court terme, or l'éducation pour les enfants et les jeunes est la première demande des populations très défavorisées qui savent que c'est par là qu'elles pourront se libérer de la misère. Est-ce parce que notre société ne croit pas au potentiel et à l'intelligence des enfants et des jeunes défavorisés qu'elle ne s'alarme même pas de cette évolution?

Le Mouvement ATD Quart Monde, inquiet de cette évolution négative, interpelle tous les décideurs et nos concitoyens sur l'aggravation de l'échec scolaire en France et son lien

toujours plus important avec l'origine sociale.

CONTACT PRESSE

Typhaine Cornacchiari 06 18 05 29 83

1 seuil choisi à l’époque : 60% du revenu médian de 2006, soit 876 euros pour une personne seule, ajusté par l’inflation.35 euros séparent le seuil ancré dans le temps et le seuil relatif.

 

- page 1 de 28